CHRISTOPHER NOLAN: Batman begins

Décollage immédiat: dopé par un acteur principal convaincant et une mise en scène efficace, „Batman Begins“ réussit à convaincre.

Bruce Wayne avant d’enfiler son costume chauve-souris:
après Clooney et Kilmer, Christian Bale sauve l’honneur du super-héros légendaire.

Cela faisait huit ans qu’on ne l’attendait plus. L’homme chauve-souris, après des débuts tonitruants sous la direction de Tim Burton, s’était englué par la suite dans une parodie de cape et de masque par un Joël Schumacher peu inspiré.

La Warner, prudente, avait alors décidé de le mettre sous cloche, le temps de faire oublier les ratages de Batman-Kilmer et de Batman-Clooney. Consciente du potentiel super-héroïque démontré par Spiderman, la Warner attendait son heure pour faire renaître Bruce Wayne (Batman en tenue de ville) et lui faire vivre de nouvelles aventures. Les projets n’ont pas manqué, avec „Batman Beyond“ que devait réaliser Boaz Yakin, puis „Batman: Year One“, basé sur l’histoire écrite par Franck Miller et le plus improbable, „Batman contre Superman“ de Wolfgang
Petersen; autant d’esquisses abandonnées en cours de route avant d’en revenir aux sources même du personnage grâce à Christopher Nolan.

„Pourquoi tombe-t-on?“, interrogeait le père du petit Bruce. „Afin d’apprendre à se relever“.

C’est exactement ce qu’a tenté de faire Christopher Nolan, le réalisateur de „Memento“ afin de redonner un coup de lustre à l’armure en kevlar du héros masqué. Plus noir et réaliste que les précédents, „Batman Begins“ se penche sur les origines de l’homme chauve-souris, interprété cette fois par un Christian Bale convainquant. Point d’effets spéciaux dans la première partie du film, point de bagarres pour les amateurs du genre, seulement, l’évocation de l’enfance heureuse de Bruce Wayne auprès de ses richissimes parents, et l’illustration de sa première grande frayeur d’enfant due à des Ù chauves-souris!

Le petit Bruce, témoin de l’assassinat de ses parents grandit, partagé entre le désir de vengeance et sa volonté absolue de justice. Devenu grand et costaud, il part au bout du monde et devient le disciple de Ra’s Al Ghul et de sa ligue des Ombres, sorte de confrérie justicière tendance Ninja pour les jolies chorégraphies de combat. Son formateur, Henri Duncan (Liam Neeson) lui apprend le close-combat et la maîtrise totale de ses démons intérieurs.

De retour à Gotham City, plus inspirée par „Blade Runner“ de Scott que par l’univers gothique façon Burton, BatBruce commence enfin à devenir Batman!

Face aux méchants beaucoup moins caricaturaux que précédemment, le personnage créé par Bob Kane en 1939, prend de la consistance, au détriment des scènes d’action sur lesquelles Nolan n’a pas voulu centrer son film. On ne s’ennuie pourtant guère au long de ses 139 minutes de pellicule où l’on apprend des tas de choses sur les origines costumières du héros, sur ses gadgets surréalistes et son symbole de chauve-souris. La Batmobile y est particulièrement réussie, plus impressionnante que jamais. Quant à Christian Bale, il s’est suffisamment impliqué dans le rôle pour être crédible, notamment avec son travail sur la voix (la v.o. vaut le coup rien que pour entendre la terrrrible voix caverneuse du héros).

Bien entouré de seconds rôles, tels que le fidèle tuteur so british de Bruce (Michael Caine, parfait), l’inévitable béguin du riche Wayne (Katie Holmes), le complice incorruptible (Morgan Freeman), le méchant psychiatre (Cillian Murphy), Batman est moins seul. Nolan a visiblement voulu bétonner sa mise en place pour une suite plus qu’alléchante avec l’apparition d’un nouveau Joker. Le pari de la Warner sur une suite possible semble bien engagé et les 145 millions de dollars nécessaires à la réalisation de „Batman Begins“ sont bien parti pour être largement récupérés.


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