JANE AUSTEN: Pride and Prejudice

L’adaptation au cinéma de „Pride and Prejudice“ met en évidence le côté intemporel des tableaux de moeurs
de Jane Austen.

Il est des auteurs dont on ne compte plus les best-sellers, ni les adaptations que suscitent leurs oeuvres. Concernant
Jane Austin, on peut parler d’une véritable manie. On se souvient du très beau „Sense and Sensibility“ du réalisateur Ang Lee. Le plus fort reste néanmoins l’engouement autour de son roman, „Pride and Prejudice“, écrit en 1813, dont les versions se suivent sans se ressembler. L’un des personnages principaux du livre, Darcy, aurait inspiré Helen Fielding pour son Marc Darcy du célèbre „Bridget Jones’s Diary“. Dernièrement, la comédie musicale „Bride and Prejudice“ de Gurinder Chadha suit scrupuleusement la trame du roman de Jane Austin, le tout nappé de sauce Bollywood.

Dans la version 2005 de „Pride and Prejudice“, le réalisateur Joe Wright, dont c’est le premier film, s’est appliqué à reproduire le plus fidèlement possible le roman. En matière de reconstitution historique, Joe Wright est une référence, puisque sa mini-série pour les chaî nes britanniques évoquant la vie de Charles II, fut primée en 2004. Mais pour ce jeune réalisateur, l’époque à laquelle appartient cette histoire de Jane Austen n’a que très peu d’importance: „Il suffit
d’ignorer le fait que c’est un drame historique. Nous nous sommes vraiment focalisés sur les sentiments et les réalités des personnages, et c’est ce qui est vraiment important dans toute histoire, qu’elle soit ancrée en 2005 ou en 1797.“ Pourtant, les réalités d’alors ne sont plus celles d’aujourd’hui, et le roman de Jane Austen ne se résume pas aux aléas sentimentaux de ses personnages mais fait aussi intervenir leur condition qui, à l’époque, comptait plus que tout lorsqu’on parlait mariage.

Angleterre, 1797. Dans les campagnes comme dans les villes, la préoccupation de toute jeune fille est de trouver un bon parti. Intrigues et manigances sont donc de mise lorsqu’on sait que les femmes ne peuvent espérer une part d’héritage quand il y a encore des hommes dans la famille. Dans la famille Bennet, peuplée de cinq filles à caser au plus vite, on ne fait pas exception à la règle et l’excitation est à son comble le jour où s’installe, dans la campagne environnante, un jeune homme riche et célibataire. A l’époque, où les convenances sont aussi compassées que le corsage des dames, il n’est pas toujours aisé de trouver un mari, et encore moins de l’aimer.

C’est pourtant le rêve que caresse Lizzy Bennet, au grand dam de sa mère, trop occupée à jauger les biens des rares prétendants disponibles que comptent les landes anglaises. Lorsque toute la famille se rend au bal en l’honneur du nouveau venu, Lizzy n’a d’yeux que pour le réputé snob Darcy, l’ami et conseiller du maître de maison. Différence de milieux, mêmes personnalités têtues – leur rencontre est explosive. L’un et l’autre placent leur fierté au mauvais endroit, et dès lors, celle-ci devient de l’orgueil. Le tout saupoudré de préjugés tenaces: le malentendu est consommé.

Du pur Austen! On se prend au jeu près de deux siècles plus tard! L’intrigue est joliment soutenue par la pétillante Keira Knightley et le volontairement crispé Matthew Mac Fadyen, tous deux accompagnés de seconds rôles prestigieux avec Donald Sutherland (le père farfelu de Lizzy) et
Judi Dench en infâme et acrimonieuse briseuse de romance. Joe Right manie la caméra avec originalité comme un contrepoint à ce monde figé et rigide. Il n’évite l’écueil du sentimentalisme à l’eau de rose que de justesse, happy end oblige, mais parvient, grâce à quelques notes d’humour bienvenues, à éviter l’indigestion.


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