CINEMA: The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy

Le voyage intersidérant d’Arthur Dent.

Sale journée pour le flegmatique Arthur Dent, réveillé par une armée de bulldozers prête à raser sa maison pour cause de construction de voie expresse. Après tout, les autorités l’avaient prévenu, les plans dormaient au cadastre depuis un bail. Désespéré, le pauvre Arthur reçoit aussitôt la visite de son ami Ford (le rappeur Mos Def) qui l’informe d’une catastrophe bien pire encore: la destruction imminente de la planète terre pour laisser place à une voie cosmique.

Par chance, Ford, natif d’une petite planète proche de Bételgeuse, est l’auteur de l’indispensable guide intergalactique et ne se déplace qu’en stop spatial. Les deux compères s’échappent de la terre in-extremis et se retrouvent à bord d’un vaisseau de Vogons; créatures qui n’ont rien pour compenser leur laideur, si ce n’est un talent médiocre pour la poésie et un pointillisme obsessionnel pour la paperasse. Sorte de caricature de la bureaucratie d’outre Manche, les Vogons côtoient, dans l’infinité de l’espace, d’autres êtres d’une apparence plus humaine, mais aussi des aliens en forme de tape-mouches, des crabes ou Marv le robot dépressif.

Au fil de leurs errances quelque peu décousues, Arthur et Ford se trouvent embarqués avec le président des galaxies (Sam Rockwell, très rock and roll) qui s’est entiché au passage de la jolie terrienne Tricia, ex-future petite amie d’Arthur, à la recherche de „LA GRANDE QUESTION“, c’est-à-dire, qu’est ce que l’univers et à quoi sert-on vraiment. Une question à laquelle Arthur répondra à la fin du film, au grand bonheur de Tricia.

Le film de Jennings laisse la part belle aux numéros d’acteurs, notamment avec John Malkovitch en gourou des étoiles cul-de-jatte, ou encore avec Bill Nighy en constructeur de planètes. Même la voix du très sérieux shakespearien Alan Rickman fait merveille dans la bouche clignotante du robot dépressif, Marv.

The Hitchhicker’s Guide to the Galaxy, la version film de l’émission culte de la BBC des seventies crée par Douglas Adams, nous emmène bien loin des films de science-fiction vu ces derniers temps. Cet OVNI du non-sens, dans la veine des Monty Pythons préfère aux effets spéciaux numériques, les bons vieux décors en trompe-l’´il et les monstres animés de naguère. Misant sciemment sur des effets spéciaux plus qu’approximatifs, la production diminue le budget tout en s’adjugeant l’effet comique désiré.

Il manque cependant un petit quelque chose à ce film pour en faire un classique du genre, et tout autant au réalisateur Gart Jennings pour atteindre la maî trise d’un Terry Gilliam. Sans doute la difficulté de faire un film avec un fil continu, alors que que la série télévisée s’écrivait au gré des inspirations farfelues de feu Douglas Adams, y est pour quelque chose. Malgré tout, Jennings s’en sort bien mieux que certains de ses confrères attirés dans le piège des séries cultes à remodeler en films dignes de ce nom.

On retiendra néanmoins quelques scènes particulièrement réussies, comme l’intro avec les dauphins, deuxième espèce intelligente sur terre, l’homme n’étant qu’en troisième position. On découvrira plus tard, non sans consternation, qui est la première espèce Ù Ou encore, les séquences de présentation du fameux guide intergalactique, l’arme à persuader (ah, si elle pouvait vraiment exister!) et les égarements existentiels du robot Marv. Et puis, ce film pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère dans le cinéma puisque pour la première fois, il nous est permis de rire de la destruction totale de notre planète. Un bienfait pour le moral en cette époque post-11 septembre.


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