GOUVERNEMENT SANS CSV: Rouge-bleu-vert

Le 9 octobre, le woxx organise un débat sur la question « Un gouvernement sans CSV est-il possible ? ». Sans se faire trop d’illusions, il s’agit de voir quelles avancées pourraient en découler.

Cela fait maintenant 28 ans que le CSV est présent au gouvernement. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il les a tous dirigés à l’exception de la législature 1974-1979 qui fit place à une coalition DP-LSAP emmenée par feu Gaston Thorn. Et c’est encore sans compter les gouvernements d’avant-guerre, dans lesquels le prédécesseur, le « parti de la droite », était souvent présent. Il n’est donc pas étonnant que d’aucuns parlent d’Etat-CSV, un peu comme si la constitution contenait un article officieux stipulant qu’à « l’issue des élections, le CSV choisit, en fonction des résultats électoraux, son partenaire de coalition ».

Sans conteste, le CSV a marqué le pays de son empreinte. Pour le meilleur ? Force est de constater que c’est le gouvernement social-libéral qui est resté dans la mémoire de celles et ceux qui ont connu cette époque. Pas seulement parce qu’il était le seul gouvernement « sans conservateurs », mais surtout parce qu’il ouvrit en grand les fenêtres d’un grand-duché qui sentait le renfermé clérical. Cinq années sans CSV, c’étaient des avancées sociétales, notamment pour les femmes, c’étaient des réformes audacieuses en matière d’éducation, c’était l’introduction de l’indexation sur les salaires.

Le CSV n’a jamais été la force motrice du pays. Il combat les avancées sociales, temporise leur mise en place et, ironie du sort, est souvent amené, sous la pression des réalités sociales, à les mettre en oeuvre des années plus tard. La fonction principale du CSV, c’est de faire prendre du retard au pays.

Imaginons alors le printemps 2009, après les prochaines élections législatives : le LSAP, le DP et les Verts obtiennent une majorité confortable. Seraient-ils capables de former une coalition ? Cela aurait non seulement l’avantage de mettre à l’écart le CSV, mais surtout son premier ministre sans lequel ce parti sera durablement affaibli.

Faut-il pour autant se faire des illusions ? Un gouvernement sans CSV ne va certainement pas chambouler les rapports sociaux et économiques du pays. Car après tout, les trois partis en question font eux aussi partie intégrante du système. Mais tant qu’à faire, une telle constellation serait certainement un moindre mal. On pourra certainement compter sur de nouvelles avancées au moins sociétales et écologiques, dans l’éducation (à condition que le DP laisse tomber ce domaine), et peut-être quelques réformettes sociales ? Et qui sait ? Un climat général progressiste serait peut-être à même de revigorer d’autres composantes progressistes plus marginales de la société.

Détails. 


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.