ROCK EXPERIMENTAL: Xiu Xiu, le petit train

L’Exhaus de Trèves est surtout reconnu pour son excellente programmation metal et punk-rock dans la Grande-Région. Cette fois-ci, c’est l’excellente combo foutraque Xiu Xiu qui fera une apparition plus que remarquée ce vendredi.

Dérangeants, mais pas dérangés: Xiu Xiu.

Emmenés par la tête pensante, multi-instrumentiste et par la même occasion le seul véritable membre du groupe : Jamie Stewart, Xiu Xiu est une machine à la fois captivante, étrange et surtout insondable. Formés en 2000 par Stewart et Cory Mc Culloch, Xiu Xiu marque le début de leur troisième collaboration musicale après The Indestructible Beat of Palo Alto et Ten In the Swear Jar. Très rapidement le duo commence à tourner avec l’aide de Lauren Andrews et Yvonne Chen avec qui ils enregistreront leur premier album en 2002 « Knife Play » ainsi que le court format qui suit la même année « Chapel of the Chimes » qui présente des sonorités tribales, complexes agrémentées de cuivres oppressants apportant un aspect rythmique à l’ensemble.

L’album qui suit en 2003 « A Promise » se montre quant à lui très différent de ses prédécesseurs. Il présente Jamie Stewart sur le fil avec des arrangements quasi-acoustiques d’une fragilité plutôt étrange pour les fans de la première heure, la faute au départ d’Yvonne Chen et de Cory McCulloch. Mais également le suicide de son père, le producteur Michael Stewart, se réflète dans cet enregistrement.

La musique de Xiu Xiu est tout à fait inclassable, à la fois rock sans vraiment l’être totalement, le son est pour le moins tourmenté, noise jusqu’au bout des ongles, crasseux à souhait mais ne perd pas pour autant un charme presque fédérateur. Certains iront même jusqu’à articuler le mot pop ce que ne vient pas démentir le troisième album du duo (McCulloch faisant encore partie du groupe en studio) « Fabulous Muscles » qui présente cette fois-ci des chansons plus posées, qui emmèneront Xiu Xiu dans de nouvelles contrées en termes de popularité en 2004. Ce qui ne présage en rien l’arrivée du groupe dans des eaux calmes, bien au contraire, quelques mois après la sortie du disque Lauren Andrews quitte le groupe, remplacée quasi-instantanément par sa cousine Caralee McElroy. Le duo s’en va donc à travers les Etats-Unis présenter leur mélange de sons électroniques, d’instruments acoustiques et de noise cérébrale tout en n’oubliant pas de composer le quatrième album « La Forêt » ou l’on retrouve Stewart hanté par ses anciens démons ténébreux.

Véritable boulimique de travail Stewart enchaîne les albums chaque année avec un taux de réussite variable mais sans jamais se perdre dans un quelconque manque d’inspiration. C’est ainsi que 2006 et 2008 voient l’apparition d’autres galettes « The Air Force » et « Women As Lovers » avant le retour cette année du génie californien avec « Dear God, I Hate Myself » qui d’emblée de par son titre annonce la couleur des thèmes de prédilection de Stewart : à savoir la haine envers soi-même, le suicide, l’apathie et la frustration.

Les prestations scéniques de Stewart sont toujours un événement en soi tant elles demeurent de véritables brûlots d’intensité noire à consommer sans modération ou presque : Ames et oreilles sensibles s’abstenir tout de même.

Ce vendredi 4 juin à l’Exhaus à Trèves.
Plus d’infos :
www.myspace.com/xiuxiuforlife
www.exhaus.de


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