TRANSITION DE LUXE: CELL de la terre

Peut-on changer le monde ? Face à la crise climatique et énergétique, une partie des changements doit être impulsée par le bas.

Soirée cinéma au Carré rotondes. Cliquetis et grincements des chaises quand le public s’installe. Film politique. Les organisateurs assis devant l’écran font l’introduction. D’abord Katy, fondatrice du « Centre for ecological learning Luxembourg » (CELL). Ensuite François, qui se présente comme « architecte, intéressé par les Transition towns ». Enfin Stéphane et Xavier, ce dernier se présentant comme « père, inquiet par l’idée qu’on nous impose l’avenir ».

Cet événement du 27 juin dernier diffère des soirées-débat habituelles. Avant de commencer la projection, les quelque 50 spectateurs sont invités à prendre contact avec leurs voisins, à se présenter, s’échanger. C’est que l’approche du CELL est holistique, misant sur les liens sociaux pour impulser des changements, comme doit l’illustrer le film « In Transition: from oil dependence to local resilience ». Le mouvement des Transition towns est né en Angleterre, et consiste à expérimenter sur des modes de vie individuels et collectifs à faible empreinte écologique et à se préparer à un monde où le pétrole sera une denrée rare. « Est-ce possible au Luxembourg ? », lance François. « Honnêtement, nous n’en sommes pas sûrs. »

Ce scepticisme marqué par les particularités grand-ducales contraste avec l’une des premières scènes du film. Lors de la fondation de la première Transition town, une femme déclare : « We can make a difference, and I know that we will. » Ensuite, le documentaire présente, sous une forme très pédagogique, les différents aspects de la transition : nourriture, économie, transports…

Nouvel échange entre voisins de chaises sur les impressions laissées par le film. Xavier se lance dans une explication assez technique sur les bonnes et les mauvaises alternatives au pétrole, puis se reprend, et affirme : « Ceux qui n’ont pas vu le film vont vous prendre pour des tarés. » La discussion est lancée. On peut trouver un côté messianique à ces mouvements, et aussi un côté « Il faut cultiver notre jardin ». Un jeune spectateur critique : « Si on s’enferme dans une petite communauté, sans revendications politiques, le monde autour ne changera pas. » Les organisateurs expliquent que les Transition towns se démarquent de la politique de parti, mais que les différents niveaux d’engagement ne s’excluent nullement. Vaste sujet.

Enfin, afin d’activer la créativité du public, on passe au jeu des post-it : chacun note son sentiment sur la raréfaction du pétrole sur un post-it, le nom d’un objet qui va disparaître sur un autre, ensuite une action à entreprendre, et enfin une vision positive pour la vie post-transition. Les bouts de papier affichés ensemble sur un panneau forment une sorte d’état des lieux émotionnel et idéel.

L’idée d’une initiative de transition au Luxembourg est assez nouvelle, et il n’est pas encore clair quelle forme cela pourrait prendre. Pour le moment, les initiateurs poursuivent un travail de sensibilisation. Ainsi, lundi prochain, 11 juillet (détails : voir pages agenda), aura lieu un échange sur la sécurité alimentaire dans un monde post-pétrole, où il faudra essentiellement recourir aux moyens de production agricole locaux. Le lendemain, on discutera de l’introduction d’une monnaie locale dans la région de Beckerich. Enfin, le dimanche 31 juillet sera consacré au « community building » avec la « Fête CELL ».

Plus de renseignements : www.cell.lu


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