EMOROCK: Debout, tout le monde !

En cette rentrée 2011, la Rockhal s’offre les pères de l’emorock : « The Get Up Kids ».

Ne veulent pas se faire étiqueter par l’industrie: The Get Up Kids.

En 1999, à une époque ou le néo-metal et les restes de ce qu’on l’appelait autrefois grunge trônent encore aux sommets des charts rock, un groupe de sombres inconnus appellé les Get Up Kids va faire sa révolution en créant une nouvelle version du punk-rock et de la power-pop que l’on baptisera assez rapidement de emo-rock. Ils ne proposent rien de nouveau par rapport à ce que font leurs grands frères de Weezer ou de Green Day, mais la mélancolie qui se dégage de leur musique en fait l’étendard de ce que l’on qualifiera dès la sortie du somptueux « Something To Write Home About » d’emorock.

Mais que veut bien vouloir dire cette nouvelle dénomination tout à fait saugrenue? The Get Up Kids pratiquent un college rock américain somme toute classique, comme The Knack ou – les maintenant défunts – REM l’ont fait dans les années 80, ou bien encore Pavement et Dinosaur Jr au début des années 90. Ce qui va différencier la formation du Kansas est bel et bien leur talent à mêler mélodies super accrocheuses issues du punk-rock avec un chant et des paroles à fleur de peau évoquant une certaine veine de la scène hardcore des nineties. Il en découle l’un des albums phare de la fin des années 90 auquel bon nombre de formations actuelles font encore des clins d‘?il ou bien des éloges.

Pourtant, le groupe a quelque peu pataugé à ses débuts. Formés en 1995 par Matt Pryor, Rob Pope et Jim Stupic alors qu’ils sont encore au lycée, ils ne tarderont pas à sortir en 1997, sur l’excellent label Doghouse, un premier album « Four Minute Mile » enregistré par Bob Weston du groupe Shellac en à peine deux jours. Après des tournées incessantes et une collaboration avec Doghouse qui commencait à battre de l’aile, le groupe devenu quintette tape dans l’oeil des mastodontes de l’industrie tels que Geffen, Sub Pop ou Mojo Records. Pourtant, ils signeront avec l’indépendant Vagrant Records qui fera de « Something To Write Home About » le succès que l’on connaît et l’étendard du son emorock – qui deviendra très vite une étiquette musicale utilisée par beaucoup d’autres groupes.

Suite au carton de cet album, les Get Up Kids ne seront plus jamais les mêmes, car ils se lassent très vite de cette étiquette qui leur colle à la peau. Ils refuseront même en 2001 une tournée mondiale avec Blink 182 et sortiront en 2002 « On A Wire », album quasiment acoustique qui laissera tous leurs fans perplexes. Puis vient en 2004 « Guilt Show » qui tente de renouer avec l’insouciance des débuts sans grands succès. En 2005, le groupe décide de se séparer.

Ce n’est qu‘ en 2008, que le groupe se réunit pour quelques concerts avant de relancer la machine et l’écriture de nouvelles chansons. Cette fois-ci c’est l’album « There Are Rules » qui sort début 2011 et qui encore une fois déstabilise les fans en avec des chansons de pop synthétiques, très proches des sonorités des années 80. Les Get Up Kids semblent vouloir oublier leur passé de phénomène de foire, pour faire finalement ce qui leur réussit le mieux : de la musique!

A la Rockhal, ce samedi 1er octobre.


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