SCULPTURES: La douceur du métal

La galerie Zidoun à Luxembourg semble s’être spécialisée à faire découvrir des artistes venus du continent américain à un public européen, qui souvent ignore ce qui se passe outre-Atlantique. Mais cette fois, deux éléments relativisent cette assertion. Premièrement parce que Julie Tremblay, même si elle est d’origine canadienne, vit et travaille en « Good Old Europe », à Copenhague plus précisément. Et deuxièmement, parce que son art ne contient aucune référence à son continent d’origine, pas dans son contenu, ni dans la façon dont elle s’y prend.

Non, les sculptures de Julie Tremblay semblent plutôt issues d’un monde intrinsèque à l’artiste même. Elles peuplent un jardin intérieur, qu’elle traduit en pièces bien réelles par un travail méticuleux et artisanalement parfait. Difficile de croire d’ailleurs, comme elle le dit dans une interview pour le blog artistique « Yatzer », qu’elle n’esquisse que très rarement les sculptures qu’elle veut créer. Tremblay considère sa façon de travailler comme organique et les oeuvres qu’elle crée ne ressemblent que très rarement à l’idée qu’elle avait en tête quand elle commençait le travail. C’est surtout l’adjectif « organique » qui retient l’attention, car Tremblay utilise des piécettes de métal pour la plupart de ses sculptures.

Ce qui donne des structures qui sont à la fois solides et transpercées de lumière, qui semblent répondre aux antonymies intérieures de l’artiste. Un de ses thèmes de prédilection est le corps humain, féminin de préférence, comme le démontre la sculpture suspendue dans la première salle de l’exposition. Les poses qu’elle inflige à ses créations sont certes acrobatiques, torturées même pour certaines, mais restent toujours dans le probable. Pour d’autres travaux, Tremblay s’essaie à des matériaux divers, comme la cire – pour un arrangement comportant mains et pieds humains – et des éléments issus du recyclage comme des lampes.

Ce qui fait que cette exposition, même si l’espace d’exposition est restreint, vaut le détour car elle permet en quelques clins d’oeil d’investir le monde envahissant de Julie Tremblay.

A la galerie Zidoun, jusqu’au 5 novembre.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.