GEORGE W. BUSH: Interdit de séjour ?

L’ex-président américain, responsable de la réinstauration de la torture, devrait-il être interdit de séjour, voire poursuivi au Luxembourg ? Une conférence-débat et un livre pour y répondre.

Assistons-nous à la fin de l’impunité des dictateurs responsables de crimes graves ? Mercredi dernier, Laurent Gbagbo, ex-président de la Côte d’Ivoire est arrivé à La Haye pour y être jugé devant le Tribunal pénal international. Ce qui laisse un goût amer, c’est que d’autres leaders ivoiriens, impliqués dans des crimes comparables, ne risquent rien : ils sont dans le camp de l’actuel président Alassane Ouattara, qui n’a pas l’intention de les extrader. De même, des chefs d’Etats occidentaux semblent bénéficier d’impunité, quels que soient les crimes qu’on puisse leur reprocher. Ainsi, l’ex-président américain George W. Bush, qui a réintroduit la torture dans le cadre de la « war on terror », ne fait pas l’objet de poursuites.

Ce principe du « deux poids deux mesures » est contesté par des organisations de défense des droits humains comme Human Rights Watch (HRW). En juillet, elle a publié un rapport sur les exactions américaines dont le gouvernement Bush est tenu pour responsable. Les faits et analyses du rapport sont présentés dans un livre du porte-parole de HRW, Reed Brody, édité par le Groupe de recherche et d`information sur la paix et la sécurité (Grip) belge. Ensemble avec l’expert en droits humains Jean-Paul Marthoz, qui a écrit la préface, Brody débattra de ce sujet au Luxembourg mardi prochain sur invitation du woxx et de la Friddensinitiativ.

Alors que l’Occident continue à intervenir un peu partout dans le monde, il est important de se pencher sur le passé et les choix qui ont été faits. La méfiance est de mise envers les discours officiels, car les réalités de Guantanamo et d’Abou Ghraib ont aussi été occultées. Les collaborations avec et des dictatures en matière d’« interrogatoires » sont seulement en train d’être découvertes : en plus de l’Egypte et de la Libye, les Etats-Unis auraient même livré des prisonniers au régime Kaddafi, dont on a depuis « redécouvert » l’infamie… Il est aussi important de rappeler que côté européen, on s’est rendu coupable de complaisance voire de complicité avec les méfaits américains.

On attend avec intérêt les nuances qu’apporteront au débat les deux intervenants, car si Broody axe son argumentation sur des principes et droits inaliénables que les Etats de droit doivent respecter, Marthoz insiste plus sur les conséquences dangereuses du franchissement de certaines lignes. Ainsi, les atrocités commises par l’armée française pendant la guerre d’Algérie n’ont pas seulement violé des droits humains, mais aussi mis la France au bord de la guerre civile. Enfin, ce sujet devrait interpeller la gauche radicale. Elle est certes unanime dans la dénonciation des « crimes de Bush », mais beaucoup moins unie sur la valeur à donner à des principes fondamentaux parfois qualifiés de « bourgeois ».

Mardi, 6 décembre à 18h30
à l’Exit07 / CarréRotondes,
1, rue de l’Aciérie, Luxembourg-Hollerich


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