RACISME: Guess who’s back ?

Nouvelle année, même merde brune. Le site du néonazi Pierre Peters, qui fut tout de même interdit l’année dernière, vient de faire sa réapparition et en rajoute ainsi à la montée du racisme au Luxembourg.

On le croyait pourtant assagi ou du moins fatigué de se taper plainte sur plainte. Mais rien n’y fait. Le 13 décembre exactement, le néonazi luxembourgeois Pierre Peters a loué de l’espace de serveur à la firme Mochanin Corp, située à San José en Californie – pas loin d’ailleurs de Cupertino où se situe la centrale d’Apple. Il y fait héberger une nouvelle mouture de son site www.hemecht-an-natur.lu où il déverse les mêmes inanités que dans l’ancienne version, seulement augmenté de quelques textes qui défient le bon sens. Ainsi, probablement en réponse à la loi française anti-négationniste du génocide arménien – qui en fait est une loi censée empêcher la Turquie d’adhérer à l’UE, on l’aura compris – il affabule un génocide des Luxembourgeois qui aurait eu lieu en 1791 et qui aurait été perpétré par des révolutionnaires sanguinaires français éradiquant la population de la ville de Dudelange. Moins étranges sont cependant ses émanations sur la situation actuelle du Luxembourg, qui, bien sûr, se trouve être assaillie par des hordes barbares d’étrangers qui détruisent sa nature, prennent le travail des honnêtes Luxembourgeois, les infectent au passage avec le virus du Sida et pour finir leur vendent des drogues qui leur font oublier qu’on leur vole leur pays. On y trouve également des textes accusant l’administration européenne de génocide contre les peuples européens et surtout contre les agriculteurs.

Le plus intéressant pourtant ne sont pas les lubies du Führer tétangeois – puisqu’il n’arrête pas de donner son adresse sur chaque page de son site – mais les réactions à cette résurrection plutôt inattendue. En effet, depuis que début 2011 la justice avait agi en menant des perquisitions à son domicile et que son site avait disparu, on pensait qu’il s’était remis à distribuer des flyers dans le pays sans pourtant grandement attirer l’attention de la population – quelques plaintes mises à part.

Bien sûr que dans les réseaux sociaux l’émoi fut grand, surtout sur les sites anti-racistes formés en réponse à ceux entretenus par la nouvelle génération de militants d’extrême-droite qui se rassemblent sous la bannière de l’asbl « Lëtzebuerger Patrioten » (voir woxx 1139). Ces derniers semblent entretenir une certaine distance avec Peters – même si certains de ses membres sympathisent avec lui – probablement parce qu’ils ont peur de se retrouver dans le viseur de la justice eux-aussi un jour ou l’autre.

Mais justement : que fait la justice ? Contacté par le woxx, le porte-parole du parquet Henri Eippers rassure : « Nous sommes sur le coup et nous avons rassemblé des screen-shots de tout le site, qui, par moments, ne fonctionne pas d’ailleurs. Le problème est que les Américains sont plus tenaces que les Allemands – car l’ancien site de Peters était hébergé chez nos voisins. Vu que nous n’avions aucun moyen de forcer l’hébergeur de fermer légalement le site, nous l’avons contacté et à la fin, il était d’accord pour ne plus héberger le site incriminé. Mais vu le nombre de plaintes qui émergent de partout dans le pays, une décision de la chambre du conseil d’ouvrir un procès au pénal contre Pierre Peters devrait tomber dans les prochains mois. Une décision contre laquelle il pourra néanmoins se pourvoir en appel s’il le décide. En tout cas, les accusations que le parquet serait resté inactif sont totalement fausses ».

En d’autres termes, les actions entreprises par la société civile contre le néonazi Peters commencent à porter leurs fruits et peut-être que l’année 2012 sera celle où l’on le verra obligé de se défendre à la barre. Reste à savoir si une telle démarche est vraiment la bonne. Car défendre à ces gens de s’exprimer risque de les rendre encore plus déterminés et d’attirer encore plus de jeunes et vieux désoeuvrés dans leurs rangs. C’est à la société de leur répondre et non de leur interdire la parole, aussi malsaine soit-elle.

 


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