JOSEPH KOSINSKI: Souvenirs pas si doux

Même si « Oblivion » satisfait l’amour de la machine hollywoodienne pour l’apocalypse bruyante et spectaculaire, le film reste une exception de par sa complexité et ses touches plus décentes.

Le technicien Jack en apprendra encore de belles sur sa véritable histoire…

La Terre en 2077. 60 ans plus tôt, une attaque extraterrestre l’a totalement ruinée. D’abord en détruisant la Lune, ce qui provoqua des dérégulations du magnétisme terrestre et en conséquence des tsunamis et des tremblements de terre qui la rendaient déjà partiellement inhabitable. Ensuite commença l’invasion des extraterres-tres sur la planète. Baptisés Scavengers par les survivants, ils s’engagèrent dans une guerre totale contre l’humanité. A laquelle cette dernière répondit par ce qu’elle sait faire de mieux : se détruire elle-même, par le déclenchement d’un Armageddon nucléaire. La planète bleue devenue totalement inhabitable pour de bon, les humains avaient – oh bonheur ! – encore un plan B en réserve. A savoir : la retraite de l’humanité sur Titan, une des lunes de Saturne qui présente des conditions atmosphériques semblables à celles de la Terre.

Pour accomplir cette mission et pour rendre la survie sur Titan pérenne, les Terriens ont tout de même besoin d’énormes réserves d’eau. Donc, ils doivent vider leurs océans à l’aide d’énormes aspirateurs, avant de partir vers Titan pour de bon, à l’aide d’un vaisseau spatial triangulaire, le Tet, laissant aux Scavengers une planète désertique et irradiée. Le film commence deux semaines avant le départ définitif vers la banlieue saturnienne et nous rencontrons le couple Jack et Victoria qui a pour mission de surveiller les aspirateurs d’eau et de les défendre contre les Scavengers qui, eux, ont adopté des méthodes de guérilla contre les humains et se battent contre les drones qui surveillent le bon déroulement de l’opération.

Tandis que Victoria semble tout à fait dévouée à leur mission, Jack commence à avoir des doutes qu’il ne peut s’expliquer. Dans ses rêves, il parcourt la Terre avant la catastrophe, se promène dans les rues de New York et rencontre une belle femme, qu’il croit connaître et aimer, mais qui n’est pas Victoria. Arrive alors sur terre une mystérieuse balise extraterrestre que les Scavengers ont fait venir par un signal envoyé dans l’espace et qui changera pour toujours les vies de Jack et de Victoria?

Ce qui étonne dans « Oblivion », c’est d’abord la complexité de l’histoire, atypique pour un film d’action américain. Si le film ne rejoint pas les profondeurs philosophiques atteintes par « Prometheus » de Ridley Scott, il n’en reste pas moins qu’il met en question la façon de voir et de lire une histoire et qu’il fonctionne bien sur plusieurs niveaux distincts. Certes, des lacunes logiques dans le scénario subsistent, mais elles n’affectent pas totalement la crédibilité du film. Et bien sûr quelques scènes d’action bien senties et des moments de romantisme et d’héroïsme pathétique gâchent un peu l’esthétique vernie et froide del’histoire imaginée par Joseph Kosinski – qui a d’ailleurs publié « Oblivion » en bande dessinée avant d’en faire un film. Mais si on s’en tient aux questions essentielles relevées par le film, ces concessions au cinéma populaire apparaissent tout à fait acceptables et font d’« Oblivion » un des films à voir cette saison, même avec Tom Cruise, dont la présence dans le film reste certes superflue, mais ne fait pas mal non plus.

A l’Utopolis et au Ciné Belval.


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