Lopes Valério: Là-bas, où sont mes racines

La première semaine capverdienne a lieu du 29 septembre au 6 octobre et présente une multitude d’activités. Valério Lopes y contribue son talent d’organisateur et de musicien, et ce n’est pas tout …

Valerio Lopes. Issu d’une culture métissée, il a parfaitement réussi à harmoniser le mélange.
Foto: Christian Mosar.

CAP VERT

Valério Lopes est Luxembourgeois. Il n’a jamais eu la nationalité capverdienne. Pourtant, c’est dans une î le de l’archipel capverdien, à l’î le de Santo Ant°o, que se trouvent ses racines, racines qui lui sont chères. Les parents se sont embarqués pour la terre ferme il y a trente ans: destination Luxembourg. Comme beaucoup de leurs concitoyens ils ont suivi l’invitation à venir travailler au coeur de l’Europe et à prendre ainsi la relève des immigrants italiens retournés dans leur patrie. Le passeport portugais était jadis la formule magique pour ouvrir la porte donnant sur une vie plus prospère. En ces temps-là le „Cabo Verde“ était encore soumis au régime fasciste portugais, et souffrait des séquelles du déboisement et de la sécheresse.

Aujourd’hui, immigrer au Luxembourg comme en Europe en général est devenu plus difficile: devenu indépendant en 1975 grâce au révolutionnaire Amilcar Cabral, le Cap Vert est de fait devenu un pays africain, un pays du tiers monde. C’est la politique de coopération et la présence des immigrés capverdiens en Europe qui font que cet archipel africain reste proche de notre continent.

La semaine capverdienne montrera les fruits et les nouveaux projets de la coopération, et nous invite à une découverte de l’archipel, de son histoire ainsi que de sa culture tellement riche. Sur ces terres souvent arides, un métissage culturel fécond constitue une source inépuisable de créativité: chaque navire qui a amarré à une des î les a aussi amené un autre peuple avec sa culture. Les Capverdiens ont toujours aimé la musique et les poèmes: dans le „Morna“, le Fado capverdien, ils ont pu exprimer leur nostalgie et créer un lien entre la population qui est restée et celle qui a quitté les î les. La musique est même devenue un produit d’exportation.

Valério Lopes, dit „Val“, un symbole du métissage des cultures musicales et autres, est né en 1977 à Ettelbruck. Il s’est intéressé à la musique dès l’âge de sept ans et a dû passer, comme beaucoup de jeunes habitants du Luxembourg, par le conservatoire. „Je n’aimais pas trop la lecture des notes“, se souvient-il. Et puis, l’approche capverdienne est bien différente: le musicien joue d’abord d’après l’écoute. Valério n’a pas éprouvé de difficultés pour s’intégrer, a grandi dans un entourage plutôt luxembourgeois, avant de poursuivre ses études d’audio-engineer en Allemagne.

Si la passion pour la musique était là très tôt, le goût pour les airs capverdiens n’est venu que plus tard. Et la nostalgie pour le „Cabo Verde“, existe-t-elle pour lui, représentant de la deuxième génération? Valério avoue ne pas avoir connu de mélancolie ou de „sodade“ pour les terres gardiennes de ses racines jusqu’au jour où il est arrivé en visite là-bas. „Et maintenant, quand je suis à l’étranger, j’éprouve des sentiments nostalgiques pour deux pays: le Luxembourg et le Cabo Verde“.

Il voyage beaucoup, a des contacts avec des Capverdiens vivant dans les divers pays européens, et aussi avec des musiciens d’autres nationalités. Ces rencontres permettent d’enregistrer et de collectionner le matériel pour les albums de musique, réunissant ainsi divers musiciens autour de lui. Un des points forts dans sa carrière est la production: dans son propre studio un nouvel album au nom de „InterVal“, avec musiques traditionnelles et modernes, est en cours de finition – sortie prévue en novembre 2001. C’est son deuxième album, mais il a déjà produit ceux d’autres groupes. Un concert de Val est prévu lors de la semaine capverdienne.

Musicien, producteur … et en ce qui concerne les textes? Valério les écrit lui-même dans la langue créole du Cap Vert. Ecrire est très important pour lui. Dans la poche de son manteau il emmène partout un petit carnet pour noter ses idées, ses observations: „C’est pour cette raison que je n’ai pas encore fait le permis de conduire.“ Il explique: „Le jour où je me déplacerai en voiture je vais arrêter d’écrire. C’est pendant mes voyages dans le train que j’ai ce temps.“

Passionné par le père de l’Indépendance, Amilcar Cabral, il a écrit le scénario du film reconstituant la vie du révolutionnaire. Le tournage se fera l’année prochaine au Cap Vert. Un autre scénario est en train de se terminer: une rencontre fictive qui se situe à l’époque de l’esclavage. Pendant l’organisation de la semaine capverdienne, Valério a été conseiller entre autres pour la conception musicale et a assuré la coordination entre Cabo Verde et Luxembourg, lors de sa visite saisonnière „là-bas“. Ses empreintes, on les trouvera par-ci, par-là, et son archipel de talents marque la présence du Cap Vert au Luxembourg … et aide à ce que personne n’oublie ses racines.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.