JAZZ: Fabrique de jazz

Le festival « Like a Jazzmachine » n’est peut-être pas le plus original de la saison, mais sa programmation excellente lui permet de s’imposer comme référence régionale.

Humour et jazz sont les deux spécialités de Roy Nathanson et de son groupe « Sotto Voce », à déguster sans modération ce samedi à Dudelange.

Certes, les aléas du calendrier font que lorsque vous, chère lectrice et cher lecteur, lirez ces lignes, le premier jour du festival sera déjà passé. Mais ne vous inquiétez pas de ce que vous avez pu rater, car de bonnes choses sont encore à venir ce soir et les deux jours qui vont suivre.

Pour inaugurer la soirée de ce vendredi, le festival « Like a Jazzmachine » a choisi du local, du pur jus, sous la forme du Greg Lamy Quartet – guitariste jazz ayant déjà fait ses armes à New York, il vient d’enregistrer son nouvel album « I see You » à Cologne plein de nouvelles compositions qui, comme à son habitude, mêlent le groove à des sons plus méditatifs et profonds. Après lui, ce sera au Marly Marques Quintet de montrer de quel bois ils se chauffent. Appuyée par des musiciens de jazz chevronnés, comme le batteur Paul Fox ou le saxophoniste Jitz Jeitz, la jeune chanteuse d’origine portugaise ne fait pas dans le fado mais dans les classiques pop, jazz ou samba revisités à sa sauce. Pour rester dans le local, mais avec une première, le groupe suivant n’est autre que le Roby Glod Quartet. En tant que musicien hors pair, déjà repéré au Luxembourg et à l’international, le saxophoniste présentera ce soir son nouveau disque « Op der Schmelz Live » – un live enregistré l’année dernière.

Le point fort international de la soirée est un artiste parrainé par une légende : « Quincy Jones presents : The Alfredo Rodriguez Trio ». Jeune pianiste cubain, déjà repéré par des poids lourds comme Chick Corea ou encore Wayne Shorter, le grand Quincy vient de produire « Sounds of Space », son premier album. Puis vient un groupe plus difficile à caractériser : « Nik Bärtsch’s Ronin ». Mené par le pianiste Nik Bärtsch, le groupe explore les tissus musicaux ouverts par des compositeurs contemporains comme John Zorn ou encore Steve Reich.

La journée du samedi commence avec des sons plus doux, mais pas dénués de talents. Au contraire, le quartette 4S réunit les plus jeunes espoirs du Luxembourg, qui viennent d’ailleurs de sortir leur premier disque. Et puis, ça reste dans l’excellent avec Bill Carrothers et son trio – qui pratiquent un piano jazz, certes plus classique, mais tout aussi agréable. Après, ce sera au tour de Roy Nathanson et « Sotto Voce ». Nathanson, connu pour son rôle de saxophoniste dans les fameux « Lounge Lizards » de John Lurie, en a préservé l’esprit fusion, en collaborant avec des artistes comme Debbie Harry, Elvis Costello ou encore Jeff Buckley. Avec son projet « Sotto Voce », il explore le jazz aux limites du hip-hop, du spoken word, punk et musiques du monde, le tout saupoudré d’humour.

Puis ce sera au vibraphoniste luxembourgeois Pascal Schumacher de prendre le relais et de démontrer au public que sa place est bien parmi les groupes internationaux. Pour ce concert spécial, il s’est doté d’un sideman hors pair, le saxophoniste et multi-instrumentiste Sylvain Rifflet. La soirée se terminera en beauté avec Andy Emler et son « Megaoctet » – qui regroupe en tout neuf musiciens et vient de rafler presque tous les prix musicaux de renom dans la catégorie jazz.

Finalement, le dimanche sera couronné par le Mike Stern & Bill Evans Band feat. Dave Weckl and Tom Kennedy. Légendaire guitariste de jazz fusion, ayant évolué aux côtés de monstres du genre comme Pat Metheny, John McLaughlin, Miles Davis et Jaco Pastorius, son nouveau projet réunit une ribambelle de talents et on peut s’attendre à une soirée intéressante.

En tout, « Like a Jazzmachine » prouve une fois de plus le talent des programmateurs dudelangeois, car ils sont rares ces festivals qui réunissent musiciens locaux et internationaux, tout en s’inscrivant dans le développement durable de la scène.

Encore les 10, 11 et 12 mai au Centre culturel régional opderschmelz à Dudelange.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.