FESTIVAL: Sensuel

Toujours plus grand, cela semble être le leitmotiv des organisateurs du festival « Food for your Senses » – qui élargit cette année son concept et se déplace de Tuntange à Bissen.

Une des nombreuses têtes d’affiches du « Food for your Senses » : The Computers.

C’est une de ces success stories qu’on ne connaissait jusqu’ici que de l’étranger. Celle d’un tout petit festival, né dans le sous-sol de l’école communale de Tuntange, sous le nom de « Rock de Stéier » en 2007. Ce fut alors un des nombreux petits « festivals » locaux qu’on trouve un peu partout dans le pays, surtout pendant la saison estivale – et qui servent en premier lieu à donner une scène aux formations du coin. Pourtant, le « Food for your Senses », a connu une expansion formidable, surtout en suivant sa propre devise : stimuler tous les sens.

Ainsi, le festival est devenu bien plus qu’une suite de concerts, interrompue par les pauses obligatoires au stand de bière et sur les chiottes en plein air. Non, le « Food for your Senses » édition 2013 propose désormais aussi une « Sensarea » avec un jardin, fabriqué en coopération avec le lycée agricole d’Ettelbruck, où le festivalier peut se reposer entre deux concerts, voire même profiter d’un massage tout en assistant à des performances spoken word ou théâtrales. S’il veut, il peut aussi participer à des ateliers de graffiti ou de photographie assurés par des vrais professionnels. Pour celles et ceux qui préfèrent se faire masser les yeux, les organisateurs ont décidé de répéter l’expérience de 2012 et donc de recréer la « Sensibition », une exposition d’art contemporain tous genres mélangés, où des pointures internationales comme Stéphane Hervé (aussi membre du groupe Dead Sexy Inc.) et le dessinateur Geoffroy Bogaert côtoient des artistes luxembourgeois en herbe ou déjà confirmés, comme Florence Hoffmann ou Joëlle Daubenfeld – gagnante du concours « Generation Art » sur RTL. En tout, pas moins de 26 artistes participent à cette exposition. Un autre espace est réservé aux associations partenaires, qui tiendront leur stand, ce qui donnera une petite touche de festival des migrations en pleine campagne.

Quant à la programmation musicale, elle n’est pas en reste. Distribuée sur trois scènes différentes, elle va du hardcore, voire du métal des plus extrêmes, en passant par le punk, la pop indé, le hip-hop, la musique acoustique et l’electro de toutes les couleurs. Mais surtout, elle ne mise pas sur des gros headliners commerciaux pour attirer les foules, mais met en avant le caractère « découverte » du festival, sans oublier de partager la scène entre des groupes locaux et des formations plus expérimentées. Dans l’impossibilité de mentionner tous les noms de groupes ici, nous nous en tiendrons à quelques-uns des plus connus. Pour les amateurs de hip-hop germanophone, dans sa version douce, il y aura Marteria, qui avec sa chanson « Lila Wolken » a dominé les charts allemands l’année dernière. Les fans de pop indé belge seront sûrement intéressés par les performances de BRNS – que l’on a déjà pu voir au festival « Out of the Crowd » où ils ont su convaincre l’audience avec leur mélange savant de post-rock et de pop – et les filleuls des légendaires Deus : Balthazar. Un mélange de styles assez original est pratiqué par une autre tête d’affiche, à savoir les Anglais de The Computers, qui fusionnent l’énergie du hardcore avec des rythmes soul et groovy, sans oublier de saupoudrer le tout de mélodies. Côté luxo, les héros locaux De Läb sont attendus, autant que les plus calmes et acoustiques Seed to Tree, mais aussi les métalleux expérimentaux de Black Out Beauty.

En tout, le « Food for your Senses » fait mieux que d’autres festivals de par la variété de sensations qu’il procure, sa durée (de vendredi à dimanche) et son charme « do-it-yourself » qui manque aux concurrents comme le Rock-A-Field. De plus, avec un ticket intégral pour cinquante euros, il reste très abordable.

Plus d’infos : www.ffys.lu


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