DÉVELOPPEMENT: Ministre coopératif

Les Objectifs du millénaire pour le développement arrivent à échéance dans deux ans déjà. Le 16 mai, différents acteurs se sont réunis pour réveiller un débat qui, face aux multiples sollicitations des gouvernements, semble parfois oublié.

Objectifs de croissance, de compétitivité ou encore Objectif plein emploi, les ministres ont du pain sur la planche. Marc Spautz, le petit nouveau en charge de la Coopération et de l’Action humanitaire, a vite été mis au parfum : pour lui, ce sera les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Ces huit objectifs avaient été adoptés lors d’un sommet de l’ONU en 2000, afin de se fixer des ambitions collectives pour le développement et la lutte contre la pauvreté.

Deux ans avant la mise en place de nouveaux objectifs, plus d’une centaine de représentants des Nations unies, de l’UE, de l’Université du Luxembourg et des différentes ONG ont pris part à une journée séminaire-conférence organisée par le Cercle de coopération des ONG et Caritas Luxembourg à ce sujet. L’heure est, déjà, au bilan et aux nouvelles suggestions. Quel serait l’état du monde aujourd’hui sans les OMD ? Difficile à dire. Si ces objectifs ont eu un effet mobilisateur certain, leur portée sur le terrain n’est pas aisée à mesurer. Et leur mise en application est loin d’être parfaite : une prise en compte des symptômes et non des causes véritables de pauvreté renforcerait ainsi les liens de dépendance Nord-Sud. Et des bailleurs de fond, tels que la Commission européenne, définiraient des priorités qui ne correspondent pas aux besoins réels des populations.

Des recommandations applaudies

La liste de critiques est longue mais la nécessité de fixer un nouvel agenda mondial pour le développement n’est pas remise en cause, et les acteurs réunis se sont montrés décidés à pallier les défauts du cadre actuel, dans un contexte qui depuis 2000 a radicalement changé. De nombreuses propositions donc, et en particulier les recommandations de Caritas et du Cercle de coopération remises à Spautz à cette occasion afin d’orienter la classe politique des pays du Nord comme du Sud vers un développement durable (social, économique et environnemental) et une gouvernance juste à toutes les échelles. Au coeur de ces recommandations, les droits humains universels, la cohérence de l’ensemble des politiques et une plus grande participation citoyenne. Le dialogue avec la société civile est en effet sous-développé, au Luxembourg comme ailleurs.

Sur ce dernier point, la situation semble déjà s’être améliorée puisque Spautz s’est montré très sensible aux propositions qui lui ont été remises et c’est avec conviction, semble-t-il, qu’il s’est engagé à mener le mieux possible le Luxembourg sur le droit chemin de la coopération. Si le Luxembourg est un exemple en matière d’aide au développement – un des rares pays qui n’ait pas utilisé la crise pour la réduire – des progrès restent à faire : la stratégie du gouvernement en matière de sécurité alimentaire et environnementale par exemple n’est pas claire et une plus grande cohérence des politiques est encore à trouver. A ce sujet, le ministre a préconisé l’implication des ministres de l’Environnement et du Développement durable dans le cadre de la diminution des inégalités à l’échelle internationale. On regrettera qu’il n’ait pas évoqué celui de l’Economie ou des Finances qui ont aussi un rôle à jouer dans ce contexte.

Malgré cela, il semble donc que l’on puisse être optimiste. D’autant plus que six jours après la conférence, Marc Spautz n’avait rien perdu de son enthousiasme. Lors d’une conférence de presse avec son homologue belge Jean-Pascal Labille, il a fièrement rappelé les missions dont l’avait chargé Caritas. Les deux ministres espèrent que l’UE parlera d’une voix forte à l’ONU lors de la préparation du cadre de 2015, un sujet qui leur « tient particulièrement à coeur ». Espérons que les autres Etats européens soient aussi zélés? bien que Jean-Marc Hoscheit, ambassadeur à Genève, ait fait remarquer qu’il y avait peu de chances que ces recommandations aboutissent sur le plan international.


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