ARCHITECTURE: Brave New World

L’exposition du pavillon luxembourgeois à la Biennale d’architecture 2012, sous le thème « Futura Bold? Post-City: Considering the Luxembourg Case », témoigne avant tout d’un manque d’audace et de fantaisie de ses créateurs.

« Futura Bold? Post-City: Considering the Luxembourg Case » – peut faire froid dans le dos.

L’idée en somme est assez intéressante : passer à partir de structures déjà existantes à des villes futures, imaginées par des architectes et des urbanistes. Ainsi les cinq accumulations urbaines de Kirchberg, Belval, Ingeldorf, Schengen et Berchem ont été prises en considération pour les expériences de pensée des créateurs Yi-der Chou, Radim Louda et Philippe Nathan.

Le résultat est – du moins pour celles et ceux qui ne sont pas versés dans l’architecture – quelque peu abstrait. Si on reconnaît certaines structures existantes, sur Kirchberg par exemple, il est tout de même difficile d’entrevoir les visions des architectes dans ce ramassis de maisons miniatures toutes blanches, entrecoupées çà et là par des champs (ils ont même pensé à installer du bétail) et des routes. En d’autres mots, ce que les créateurs appellent eux-mêmes « an almost romantic approach with an almost totalitarian consequence » reste presque invisible pour le profane.

Pourtant, si on s’y plonge vraiment, on peut percevoir non pas des choses présentes, mais des absences. Pas de concepts écologiques qui passeraient par un réarrangement du paysage urbain, ni les adaptations qui seront nécessaires dans le futur si on veut qu’un jour au Luxembourg le logement redevienne abordable. Par contre, a été imaginée la poursuite de la politique de construction qui a prévalu les trente dernières années : plus grand, plus pompeux et plus majestueux.

Alors que le changement social et politique passe aussi par l’architecture et la fantaisie et l’audace des architectes, « Futura Bold? Post-City: Considering the Luxembourg Case » montre ce qui se passe si ces qualités ne sont pas appliquées et si les créateurs se forcent à penser dans le sillon qui a produit ce qu’on a déjà sous nos yeux. Dans ce sens, la description « total urban tale » que les architectes utilisent aussi pour décrire leur exposition prend une autre dimension, qui peut faire froid dans le dos.

Donc, si l’idée derrière cette projection était de montrer les dangers d’une création architecturale dépourvue de morale et de conscience sociale, l’exposition « Futura Bold? Post-City: Considering the Luxembourg Case » est plus que réussie. Mais si c’était à prendre au sérieux, ce serait néfaste, voire dangereux.

A la Fondation de l’architecture encore jusqu’au 7 septembre.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.