PIRATEPARTEI: Raté !

Presque trois pour cent des électeurs se sont laissé charmer par la piraterie. Si le résultat ne suffit pas pour un siège au parlement, les Pirates ne se laissent pas décourager.

Même le grand-duc a pris connaissance d’eux. Le rendez-vous au palais pour le chef de file des Pirates, Sven Clement, en ces temps orageux, est un peu comme un adoubement pour ce jeune parti qui, malgré ses ambitions et ses efforts notables de participer à la démocratie luxembourgeoise, n’a pas réussi à décrocher un siège.

Néanmoins : 2,94 pour cent pour un parti qui se présente pour une première fois aux élections est un résultat respectable – presque le double du score du KPL et du PID. En d’autres termes, les Pirates ont réussi à s’affirmer comme une force politique, un parti qui va rester présent dans la vie publique. Les Pirates eux-mêmes clament haut et fort qu’ils sont « la plus importante force d’opposition hors du parlement ». En somme un peu comme Déi Lénk en 2004, à la différence près que les Pirates ne jouissent pas de la même assise dans le monde syndical et associatif.

Cinq années difficiles

La question se pose toutefois quant au futur immédiat des Pirates sous la coalition à trois qui s’annonce. Un gouvernement CSV-DP aurait sûrement produit une meilleure conjoncture pour les Pirates – et une plus grande visibilité. Si les trois nouveaux coalitionnaires tiennent leurs promesses et rendent l’Etat plus transparent en abolissant certaines pratiques, les points d’attaque des Pirates faibliront. D’autant plus qu’ils n’ont pas grand-chose d’autre à présenter. Certes, leur programme économique existe, mais il reprend les grandes lignes des dogmes néolibéraux et n’est donc pas intéressant pour des personnes sensibles à un changement social.

On peut donc constater un certain essoufflement chez les Pirates, qui ne semblent pas manifester un grand enthousiasme pour les changements qui s’annoncent. En tout cas, les blogs de leurs principaux leaders ne font que suivre mollement une actualité qui semble les dépasser – plus aucun signe de la contestation et de l’agressivité de la campagne électorale. Mais peut-être cette perte de vitesse est-elle symptomatique d’un réaménagement dans les coulisses. Les quelques pannes pendant la campagne, avec des candidats retirés après la présentation des listes et d’autres qui apparemment ont voulu quitter le parti peu avant les élections, auront sûrement produit des insatisfaits. Des gens qui peut-être mettront en question le leadership de Sven Clement, dont le style a été critiqué. Sven Clement a malgré tout réalisé un score très élevé au Centre, devançant l’autre candidat connu, Jerry Weyer, de plus de 3.200 voix.

La principale impression post-électorale des Pirates est que leur envie de participer à la démocratie s’est quelque peu évaporée, pour le moment du moins, et qu’ils se retirent sur leurs bases. Le seul vrai message politique de ces derniers jours a été un appel à renforcer les sections locales.


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