RENTRÉE LÉGISLATIVE: Chambre 2.0

Un parlement plus efficace et plus visible. La liste des voeux après une année parlementaire très mouvementée est longue et imprégnée d’une atmosphère de renouveau.

Pour le secrétaire général de la Chambre des députés, Claude Frieseisen, c’est une tradition qu’il connaît depuis près de deux décennies – ce qui explique peut-être pourquoi son discours a duré quelques instants de plus que celui de son « chef » hiérarchique, le président Mars Di Bartolomeo. L’inventaire des travaux achevés – particulièrement lourd à cause des élections anticipées – mais surtout la liste des changements envisagés occupaient une bonne part de la réception, qui en dehors d’un certain nombre de député-e-s, de leurs attaché-e-s, du personnel de la chambre (dont le nombre actuel dépasse, avec 64 personnes, celui des député-e-s et ne comprend pas moins de 44 femmes, à l’inverse donc de la composition de la Chambre) comptait aussi la présence de la presse parlementaire.

Comme on n’apercevait ni le président ni les vice-présidents du groupe PCS dans le hall de la Chambre des député-e-s, un certain doute s’était installé au début du discours introductif du secrétaire général, et aurait pu laisser soupçonner une désolidarisation de la part du plus grand parti d’opposition par rapport aux nouvelles politiques annoncées par Claude Frieseisen ainsi que par Mars Di Bartolomeo. Mais au bout de quelques instants, les troupes chrétiennes-sociales arrivaient en bloc et se mêlaient à la foule. Leur président de groupe, Jean-Claude Juncker, ne se posta cependant pas du côté de ses collègues de la conférence des présidents, campé-e-s toutes et tous à côté du secrétaire général et du président.

Sur un pied d’égalité

Ce qui importe pour Claude Frieseisen, c’est l’urgence de quelques réformes, étant donné que le parlement doit être prêt pour entamer, en 2015, la présidence luxembourgeoise de l’UE. Si le secrétaire général insistait sur la professionnalisation croissante des services de la Chambre, Mars Di Bartolomeo évoquait le nouveau rôle que le parlement devrait jouer dans cette phase de « renouveau politique » que le Luxembourg connaît depuis l’été 2012. Dans ce contexte, il a rappelé le souhait du parlement de pouvoir traiter avec le gouvernement sur un pied d’égalité. D’ailleurs le parlement sortant aurait déjà fait preuve d’une certaine indépendance en refusant, en 2012, le budget présenté par le gouvernement et ensuite par les travaux menés à travers la commission d’enquête sur le Srel.

Un des principaux soucis de Mars Di Bartolomeo – qui a appris à connaître les travaux de la Chambre en tant que jeune journaliste parlementaire, attaché du LSAP, député puis ministre – sont les retards que certains dossiers ont tendance à accuser lorsqu’ils entrent dans la sphère parlementaire. En citant la loi sur le divorce et les modifications du splitting maintes fois annoncées, il vise évidemment directement le PCS qui a contrôlé le parlement pendant plus de trois décennies, même s’il félicite son prédécesseur immédiat, Laurent Mosar – le seul représentant du PCS à s’être installé de l’autre côté des micros lors de la réception – pour les « bonnes initiatives » que celui-ci avait prises.

Si la nouvelle majorité fait preuve de quelques ouvertures vis-à-vis de l’opposition, par exemple en acceptant que pour certains projets de loi le rôle du rapporteur revienne à des député-e-s qui n’appartiennent pas à l’un des partis prenant part au gouvernement, la nomination de « MdB », donc d’un vieux loup connaissant aux mieux les rouages parlementaires mais aussi gouvernementaux, n’est cependant pas neutre : avec seulement une voix au-dessus de la majorité absolue, il faudra veiller à tout moment au bon fonctionnement du « système Gambia ». Un parti de gauche plus que confirmé, un ADR qui a su limiter les dégâts et un PCS composé entre autre d’anciens membres du gouvernement qui se sentent, pour l’instant, quelque peu désoeuvrés sinon frustrés, cela promet une opposition à elle seule presque sur un pied d’égalité avec le gouvernement.


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