FESTIVAL DISCOVERY ZONE: Tour du monde cinématographique

L’édition 2014 du festival Discovery Zone approche à grands pas. Force est de constater qu’après des errements de jeunesse, le festival est en train de prendre ses marques.

« Days of Gray » de la réalisatrice française Ani Simon, sera montré dans le contexte « Hors les Murs » du festival – en effet, le film sans paroles sera accompagné de musique live par le groupe islandais Hjaltalin. (PHOTO: ©D.R.)

Rarement un festival aura aussi bien porté son nom. Cette année, le Discovery Zone Luxembourg City Film Festival prolongera les festivités et aura lieu du 28 février au 9 mars. Personne ne sera laissé pour compte, la découverte du monde du cinéma sous tous ses angles s’adresse à tous les âges et à tous les goûts. Projections, workshops, expositions et rencontres seront au rendez-vous.

Nomen est omen : la découverte est au coeur du festival. Les oeuvres très exigeantes, qu’elles soient grand public ou plus spécialisées, sont marquées par la notion de fraîcheur, de nouveauté, que le « groupe de sélection » a choisi parmi une panoplie de films. Ce groupe est composé d’un membre du CNA, du directeur de la Cinémathèque de Luxembourg, d’un membre du groupe Utopia ainsi que d’un représentant du Film Fund Luxembourg. Ils ont été rejoints par des membres de diverses associations ainsi que des réalisateurs, mais chose remarquable : ce groupe n’a pas désigné de directeur artistique. Ainsi leur choix est-il une sorte de compromis entre leurs intérêts et sensibilités singulières, tout en essayant de suivre l’évolution de certains réalisateurs ou territoires. L’intérêt général étant de proposer un nouveau cinéma, une sélection d’oeuvres qui bouleversera un tant soit peu nos habitudes filmiques.

Sans fil rouge préalablement défini, une thématique s’est pourtant dégagée : celle de l’intimité et de la cellule familiale. Alexis Juncosa, responsable de la programmation, explique ce phénomène de la manière suivante : « Nous avons beaucoup retrouvé le sujet de la famille, de l’intime, dans l’actualité tout comme dans les autres festivals. Je pense que c’est un sujet qui a pas mal préoccupé les cinéastes cette année. »

Thématique familiale

La programmation est à l’image cosmopolite du Luxembourg, puisqu’elle constitue un tour du monde cinématographique. L’hétérogénéité des oeuvres présentées est non seulement destinée à faire découvrir au public se qui se fait ailleurs en matière de cinéma, mais permet également aux invités de découvrir la production locale. L’échange est un critère fondamental du festival. C’est dans cette optique que le jury international et le jury documentaire ont été sélectionnés. Tous les membres, venant des quatre coins de l’Europe ont un lien ou un intérêt particulier avec le Luxembourg ; Kate O’Toole (qui remplaçera donc Julie Gayet), présidente du jury international, sera accompagnée d’Emily Hatef, de Frank Hoffmann, de Clémence Poésy et de Lucinda Syson tandis que le jury documentaire est constitué de Fabrice Montebello, de Marie-Josèphe Pierron-Moinel, d’Anne Schroeder, de Simone Stewens et de Michel Wouters. Alexis Juncosa explique : « Leur présence est un immense honneur ! Ils viennent réellement par intérêt, parce qu’ils croient en ce qui est fait ici. Ils ne sont pas rémunérés et prennent sur leur temps libre pour participer au festival. En plus d’être un véritable soutien, c’est un geste très généreux. » Le jury presse reflétant la scène culturelle luxembourgeoise et de la Grande Région mettra en lumière une appréciation plus locale. Et, pour la première fois, un jury jeune a été mis sur pied, pour donner l’opportunité à la jeunesse de mettre en avant ses goûts et son esprit d’analyse.

Les prix des différents jurys, donneront aux cinéastes accès à une reconnaissance à l’étranger, car le festival a su se construire une renommée mondiale au cours des années. Ainsi, présenter son oeuvre au Discovery est une opportunité, autant pour les artistes que pour le public. Ce dernier a pendant ces dix jours la chance de découvrir des films uniques qui malheureusenent n’auront pas tous la possibilité d’enter dans le réseau de distribution luxembourgeois – vu les prérogatives commerciales des distributeurs et des cinémas locaux. L’espoir que partagent les organisateurs du festival est qu’une demande se construise autour du « nouveau cinéma » et qu’une ouverture d’horizon ait lieu. Le Discovery a donc bien l’ambition de faire exister ces films, non uniquement de les montrer en attisant la curiosité du public pour lui donner envie de revenir, d’aller voir autre chose et pas uniquement pendant la période des festivités.

Le programme est des plus variés : compétition officielle, compétition documentaire, projections spéciales, projections « Made in Luxembourg », événements, rencontres, workshops (aussi pour le jeune public), projections ainsi que des événements spéciaux « Hors les Murs ». Difficile de ne pas trouver chaussure à son pied quand le choix est si large. De plus, ce panel n’est pas simplement aussi hétéroclite pour attirer le plus grand nombre mais bien pour placer le spectateur au summum de la découverte. Le Venezuela, l’Inde, le Kazakhstan, l’Iran, l’Islande, le Québec, le Canada, la Croatie, le Népal, le Japon, l’Uruguay, la Colombie, la Suède, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg sont les pays qui constituent les différentes escales de l’excursion cinématographique que propose le festival.

Plaidoyer pour un « nouveau cinéma »

Les dix films de la compétition officielle regroupent aussi bien le thriller que la comédie romantique, ainsi que la comédie et le drame. Les sept longs métrages de la compétition documentaire explorent tant l’intime que les dangers du web, le processus de la pensée comme la contemplation mais aussi des faits divers tout comme l’envie de suicide. Ainsi le festival propose-t-il une opportunité unique de voir la comédie noire « Big Bad Wolves » d’Aharan Keshales et de Navot Papushado, d’ailleurs déclarée « meilleur film de l’année » par Quentin Tarantino. Les films « Made in/with Luxembourg » regroupent cinq fictions, un documentaire ainsi que huit courts métrages, de quoi se faire une idée bien précise de la diversité de la production cinématographique locale.

En parlant de localité, le quartier général du festival est le Ratskeller, Cercle Cité. Le « Pop Up » Bar qui investit le lieu pour toute la durée du Discovery permettra au public de se rencontrer, de débattre, de se retrouver en dehors des projections. Le public ne sera pas replié sur lui-même : de multiples rencontres avec les professionnels sont prévues. Nombreux sont les réalisateurs, producteurs et acteurs qui seront présents lors de la projection de leurs oeuvres. D’autres rendez-vous auront lieu : Luc Dardenne propose une master class et Michel Gondry vient parler de son film animé « Is the Man who is Tall Happy ? ». De plus, les expositions « Holorama » et « Rear Window Loop » de l’artiste Jeff Desom seront à découvrir, sans oublier le showcase « Le rouge est une star », collection d’affiches de cinéma des archives de la Cinémathèque. Trois meetings forment la huitième édition de l’« European Short Pitch », une après-midi d’information et de découverte des métiers du cinéma et de l’audiovisuel « Meet the Pros », un atelier d’écriture de scénarios « Pitch Discovery » ainsi qu’un atelier de réalisation de vidéos artistiques « Video art » constituent l’agenda des workshops que propose le festival. Les plus jeunes, à qui un programme spécial a été réservé, seront néanmoins bienvenus à ces activités. Spécialement réservé pour eux : l’atelier « Décoration animation » et bien évidemment la participation au concours « Crème Fraîche » qui consiste à faire concourir scénarios et clips vidéo d’une minute. Même si certaines activités excluent les adultes, les films d’animation prévus dans le cadre de « Mon premier cinéma » invitent tout le monde. Pour le plus grand plaisir des enfants, bon nombre de séances scolaires ont déjà été réservées? même l’Education nationale semble emballée par le Discovery.

Les événements « Hors les murs » comme les « Lunchtime Shorts » ou le ciné-spectacle « Hansel et Gretel » participeront à l’invasion de la ville par le festival. Le Casino – Forum d’art contemporain propose la projection de « La Ruée vers l’Art » de Marianne Lamour ou encore la soirée spéciale avec « Sun Glitters & A Boy Named Seb ». Quant au Mudam, il présentera « Inside Out », d’Alastair Siddons, qui retrace l’évolution du plus grand projet d’art participatif au monde. Enfin l’abbaye de Neumünster accueillera un ciné-concert exceptionnel, « Days of Gray », en présence de la réalisatrice Ani Simon et du groupe islandais Hjaltalin.

Le Discovery Zone Luxembourg City Film Festival a donc tout pour rivaliser avec les plus grands. La panoplie d’activités et de films permet au public une découverte des plus accomplies du monde du cinéma et de tout ce qui l’englobe. Néanmoins, si un reproche peut être fait au Discovery, c’est qu’il est impossible de voir l’intégralité des 51 films proposés, et c’est bien dommage. Cependant, l’organisation permet d’en découvrir une majorité et surtout elle privilégie les week-ends, ce qui permet la participation du plus grand nombre dans une atmosphère détendue.

Plus d’infos sur : www.discoveryzone.lu


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.