INDÉ/SPOKEN WORD: Les nouveaux fauves

Le phénomène parisien Fauve va investir les murs de la Rockhal ce samedi, afin de distiller son mélange de rock indé et de « spoken word » en français.

Comme tous les hipsters depuis Prince, ceux de Fauve préfèrent se la jouer mystérieuse et se cachent derrière un symbole.

Mélanger rock indé et « spoken word » – ce qui paraît improbable sur papier a pourtant fait des ravages au cours des deux dernières années dans le petit monde de la musique underground française au cours de l’année 2013. Le collectif Fauve se crée en 2010 autour de Quentin Postel, Pierre Cabanettes, Simon Martellozo aux micros, Stéphane Muraire aux instruments et du vidéaste Nicolas Dardillac. Ils décrivent le projet comme étant « un besoin commun et urgent de vider le trop-plein avec le moins de contraintes possibles », d’où un style musical mais aussi artistique très singulier. En effet, le groupe ne fait pas les choses comme tout le monde et c’est probablement la recette de leur succès dans la « hipstersphère » de Paris.

A commencer par la musique : si les bases musicales sont assez proches du rock indé classique des années 2010, pouvant intéresser les fans de Wu Lyf comme ceux de Foals, le chant, lui, déroute l’auditeur à coups de plaintes slammées – ce qui pose la formation directement dans une formule musicale inclassable. Les textes, en français, dépeignent les désillusions de cette fameuse génération Y dont on nous rebat les oreilles depuis quelques mois : une génération abrutie par les réseaux sociaux, la mode et la musique. Et c’est probablement là la force du quintette parisien, qui a réussi en quelques mois à créer un buzz à coups de vidéos artistiques tenant plus du film d’auteur que du support classique et d’une imagerie léchée qui les place rapidement comme l’une des révélations musicales françaises des dernières années. Ce qui leur a ouvert les portes du Printemps de Bourges et rendu possible la participation à des compilations de renom telles que les très convoitées des Inrocks ou bien celle du label Kitsune. Le 3 février de cette année, le groupe sort enfin son premier album, « Vieux Frères ». Correspondant à leur image, ils donnent dans la grandiloquence en sortant ce qui se présente comme la première partie d’un concept-album, vu qu’une suite est déjà programmée plus tard dans l’année. Et pour enfoncer le clou un peu plus, ils s’offrent même le luxe ultime de rentrer leur album directement à la deuxième place des charts français et d’enchaîner près de 20 prestations dans la célèbre salle du Bataclan à Paris, où ils joueront à guichets fermés jusqu’au mois de mai !

Une formule qui semble gagnante, vu que le groupe fait déjà des émules, notamment Grand Blanc qui ouvrira pour Fauve sur toute leur tournée et donc également à la Rockhal. En effet, ce groupe originaire de l’est de la France, fraîchement relocalisé à Paris, semble partager cette esthétique léchée sur fond de new wave glaciale.

Il y a fort à parier que ces deux formations vont encore faire beaucoup parler d’elles au cours des prochains mois, et ce passage dans la Grande Région attirera pour sûr une nuée de fans et bon nombre de curieux qui viendront jauger si le buzz en vaut bien la chandelle. Affaire à suivre donc…

A la Rockhal, ce samedi 5 avril.


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