SKA/REGGAE: La vache qu’Irie

Heidelberg n’est pas forcément la première ville à laquelle on pense quand on évoque les mots reggae et ska, mais les neuf furieux de Irie Révoltés ont décidé de changer la donne.

Engagés, mais pas enragés : Irie Révoltés.

L’Allemagne n’a jusqu’à présent jamais été le pays de prédilection du ska et du reggae. Même si Peter Fox et ses Gentlemen ont accédé aux rangs de superstars avec leurs sonorités dancehall, le ska a eu plus de mal à s’intégrer dans le haut des charts teutons. C’était bien sûr sans compter sur la pugnacité des Irie Révoltés qui depuis presque une quinzaine d’années proposent une musique influencée par le punk, le ska et le reggae en y ajoutant une touche pop non négligeable.

Formée à l’aube des années 2000 par les frères Charlemoine au chant et sept autres musiciens d’horizons différents autant influencés par le punk que par le hip-hop, la joyeuse bande n’a pas eu de mal à se forger une place dans la scène indépendante allemande au gré de tournées conséquentes et d’une discographie bien fournie qui compte déjà six sorties depuis 2003. Leur musique porte les couleurs de la multiculturalité avec des chants aussi bien en français qu’en allemand, en espagnol ou bien encore en anglais.

Le style musical de ces trublions du reggae est assez indéfinissable, ni vraiment ska, ni vraiment punk, ni vraiment pop, ni vraiment hip-hop : les neuf acolytes aiment brouiller les pistes et se livrent à un joyeux mélange tout à fait inhabituel. Le melting-pot culturel au sein du groupe aidant sûrement leur démarche, les influences de chacun des membres sont également diverses et déterminent le chemin musical de ce groupe définitivement à part.

Mis à part leur musique, ce qui forge avant tout le caractère du groupe est un goût prononcé pour la contestation sur un fond de musique joyeuse qui invite l’auditeur à se laisser aller à la fête. Leur nom lui même est parfaitement parlant  : « Irie », en jamaïcain, signifie heureux et la révolte et l’esprit contestataire ne sont jamais loin. La plupart des membres venant du mouvement punk allemand, ils distillent un message de tolérance et de méfiance vis-à-vis de tous les « ismes » et prônent un message fortement politisé qu’ils ont notamment défendu lors de manifestations contre le G8.

Leur dernier album en date « Allez », sorti l’année dernière, en est le parfait exemple avec ses mélodies sucrées et ses intonations hip-hop en français et en allemand sur fond de positivisme exacerbé. Les neufs Allemands arrivent à réconcilier les fans de musique au sens le plus large du terme et les amateurs de textes engagés.

Une bonne occasion pour tous les amoureux de musique ensoleillée de venir à la Kulturfabrik ce 18 avril afin de ressentir les bonnes « vibes » de ce groupe clairement à part dans la scène musicale actuelle, qui a bien souvent du mal à concilier musique fédératrice avec une réelle réflexion sur les problèmes de la société actuelle. Une bonne occasion aussi de s’instruire tout en passant un moment agréable avec des gens bien sous tous rapports.

A la Kulturfabrik, le 18 avril.


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