EXPOSITION COLLECTIVE: L’art à pleins poumons

Avec la deuxième édition de « Konscht am Park », la commune de Bettembourg démontre qu’elle cherche à concurrencer ses voisines en matière de richesse culturelle – un pari réussi.

Donner une voix aux enfants morts avant leur naissance, c’est l’idée derrière l’installation de l’artiste Anne Lindner.

Quand on pense culture et sud du pays, Bettembourg n’est sûrement pas le premier lieu qui passe par la tête – Esch, Dudelange et Differdange ayant pris ce rôle depuis plus ou moins longtemps. Pourtant, la commune de Bettembourg démontre avec « Konscht am Park » qu’on peut très bien organiser des événements locaux et donner en même temps la possibilité à de jeunes artistes luxembourgeois de montrer leurs travaux, sans forcément passer par la construction de nouvelles infrastructures culturelles.

Ce qui est justement le cas pour « Konscht am Park », dont la première partie vient d’être dévoilée lors du vernissage le 17 avril dernier au Centre Louis Ganser. D’abord parce que les artistes exposants (Joëlle Daubenfeld, Anne Lindner, Eric Mangen, Monsterbär, Mike Zenari, Marc Pierrard et Aïda Schweitzer) sont tous au début de leur carrière et n’appartiennent pas forcément aux « usual suspects » que l’on croise dans une exposition sur deux à travers le pays. Et puis, le fait que les organisateurs aient choisi de passer par une autre association qui n’oeuvre pas dans le même recoin du pays – « L’Art-Rochette » en l’occurrence – pour lancer l’appel à projets témoigne d’une certaine ouverture d’esprit.

Ainsi, « Konscht am Park » est tout sauf une exposition habituelle, car presque aucune des oeuvres n’est accrochée. Les installations intérieures et extérieures sont prédominantes. Coordonnée par l’artiste Marc Pierrard, que d’aucuns connaissent encore pour avoir été le guitariste des légendaires Defdump, l’exposition ne suit pas un vrai fil directeur, même si on doit admettre que les thématiques choisies sont plutôt lourdes. A l’intérieur du Centre Louis Ganser, qui a été démonté et reconstruit pour l’occasion, on trouve l’installation d’Aïda Schweitzer : une critique patente de la politique migratoire meurtrière de l’Union européenne, symbolisée ici par une barque de fortune trônant au milieu d’une salle qui rassemble un nombre d’attributs évoquant le charnier en plein milieu de la Méditerranée. Ou encore celle d’Anne Lindner, qui tente d’explorer ce qui se passe dans la tête d’une femme qui perd son enfant – une oeuvre que l’artiste voit comme la deuxième partie d’un tryptique qu’elle compte compléter sous peu.

Entre le politique et le privé se trouve la contribution de la jeune artiste Joëlle Daubenfeld, qui célèbre le chaos, à la fois comme force créatrice et destructrice, dans son installation multimédia. A l’extérieur, ce sont avant tout les panneaux géants d’Eric Mangen qui captent le regard de loin. Entre graffiti et art contemporain (c’est une longue discussion), ils rappellent surtout, sur une largeur de 15 mètres, que chaque espace urbain devrait avoir le droit à son lot de couleurs. L’exposition extérieure est encore complétée par le projet de « Camera obscura » de Mike Zenari, un cube dans lequel le spectateur peut s’enfermer pour voir le monde sous un angle, disons? nouveau, et les cubes de Marc Pierrard, que le visiteur peut manipuler afin de composer et de recomposer l’image qui lui plaît.

Et ce n’est pas tout : une deuxième partie de « Konscht am Park » sera dévoilée ce weekend, le 29 avril, à partir de 17h30, cette fois au Parc Merveilleux de Bettembourg.

Jusqu’au 11 mai au Centre Louis Ganser.


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