EXPO COLLECTIVE: Pièces uniques

« Summer Show », exposition collective à la Galerie 14, essaie de faire le lien entre design et art contemporain. Pourtant ce lien n’est pas forcément rendu visible.

Tracer un lien entre design et art contemporain, voilà ce que veut l’expo « Summer Show ».

Un tabouret en bois. Il est constitué de quatre parties, qui forment autant l’assise que le pied. Les lignes horizontales de l’assise se prolongent en lignes verticales du pied, et inversement. En apparence fragile et léger, le tabouret s’avère relativement stable et lourd au premier contact.

Un bureau? ou est-ce un piano ? Non, c’est un bureau. Un plan de travail blanc, avec une surface que l’on peut déployer ou replier, selon les besoins. Six pieds de table, en bois foncé. Trois tiroirs en dessous du plan de travail, qui ne présente pas de lignes droites, mais des courbes qui font penser à des vagues.

Une dizaine d’étendards accrochés au plafond. Sur les étendards, des vues de faces d’insectes, fortement schématisées. Autour, des livres sur un rebord. Tous les livres portent des noms associés à des insectes : « Le sous-sol » ou « Les insectes à l’épreuve de l’espace urbain ».

Qu’est donc censé représenter cet étrange mélange de design urbain et d’art contemporain ? « Justement, nous voulions associer design et art contemporain pour montrer que ce ne sont que les deux facettes d’une même médaille », nous explique-t-on à la Galerie 14, située au 24, rue Monterey à Luxembourg. « Le tout sans avoir recours à la fabrication industrielle. » En effet, les pièces exposées sont des pièces uniques, voire limitées, fabriquées à la main.

Julian Montague est américain. Né en 1973 à Madison dans le Wisconsin, il est passionné, voire obsédé, par les araignées et autres insectes depuis son enfance. Ses étendards imprimés des faces de minuscules insectes apparaissant comme des monstres géants en sont probablement la meilleure expression. Les livres qui les accompagnent, il les a inventés. Ou plutôt, il en a inventé les couvertures dont il a couvert des livres anciens qui sentent le vieux et présentent des pages jaunâtres. Les affiches d’expos et de concerts ayant eu lieu dans les années 1960 à 1970, faisant allusion au vaste champ de l’entomologie, inventées aussi. Montague est même allé jusqu’à inventer un label musical.

Fannylaure, née en 1978 en Belgique, a fait des études d’histoire de l’art avant de travailler dans une agence de communication. Elle décide cependant de se lancer dans des études d’ébénisterie et se spécialise dans la création de mobilier. Son ambition est dès le début d’« appréhender le mobilier dans le respect du passé tout en lui insufflant un caractère actuel », en en lui donnant « du sens au 20e siècle ». C’est elle qui signe le tabouret décrit plus haut.

Né en 1990, Cyril Poret est le plus jeune des trois exposants. Auteur du bureau qui ressemble à un piano, dénommé « Union », il a reçu le premier prix lors du « Prix Tremplin » à Mons, décerné par le ministre de l’Education supérieure de Wallonie. Il habite Lille, en France.

Le « Summer Show », exposition collective, aspire à atteindre la symbiose de l’art contemporain et du design. Même si, parfois, on peut se demander ce que les trois parties de l’exposition ont en commun, chacune prise à part est intéressante à voir. Cependant, l’exposition n’arrive pas vraiment à tracer un lien entre ces « deux facettes d’une même médaille ». Une expo pas mal, mais sans plus.

Jusqu’au 2 août à la Galerie 14.


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