REGGAE: Voyage entre les lignes

Le groupe reggae français Danakil sera de passage au Luxembourg le 14 mars. Les neuf musiciens présenteront leur nouvel album « Entre les lignes » à la Kulturfabrik d’Esch-sur-Alzette.

Danakil, c’est mieux en groupe.

Danakil est un phénomène. Depuis sa fondation en 2000 en région parisienne, le groupe a grimpé les échelons menant vers un statut de formation incontournable dans le monde du reggae francophone. Son nouvel album, « Entre les lignes », paru l’année dernière, constituera le coeur de sa performance eschoise. C’est aussi le premier album qui sort sous le nouveau label Baco Records, que Danakil a créé pour soutenir sa vision du reggae français en toute indépendance. Des têtes connues de la scène musicale comme Natty Jean et Brahim en font déjà partie. Certains des classiques du groupe seront toutefois aussi au rendez-vous. Ainsi le morceau « Marley », biographie en chanson du célèbre interprète jamaïquain, est-il au programme de chaque concert.

La composition un peu extraordinaire du groupe fait partie intégrante de son identité musicale . Ils sont neuf – avec, en plus de la section rythmique obligatoire, des instruments à vent et des claviers – à se bousculer sur scène et impriment chacun leur empreinte aux différentes chansons. Leur style est évidemment inspiré du reggae jamaïquain, mais l’on y retrouve également des influences africaines et même européennes. Danakil a décidé de donner, contrairement à la plupart des groupes modernes, une importance égale à la musique et au texte. Ainsi, dans certaines chansons, le chanteur Balik se retire à l’arrière-plan afin que les musiciens puissent mieux s’éclater.

Evidemment, les textes jouent un rôle primordial. Les thématiques abordées sont diverses et devraient intéresser un large public. Le groupe travaille ainsi sur des polémiques politiques, comme dans la chanson « Mali Mali » dans laquelle il évoque l’intervention des pays occidentaux en Afrique, tandis que « Ne touche pas », une de ses coproductions avec l’artiste français Natty Jean, thématise la problématique de l’immigration en France. Celle-ci prend la forme d’un dialogue entre un immigré, interprété par Natty Jean, et un Français, chanté par Balik, qui veut bien accepter l’autre à condition qu’il renie ses origines et s’adapte au moule républicain français.

L’album ne se limite toutefois pas aux thèmes politiques. Le groupe aborde aussi des idées métaphysiques. La première des chansons s’intitule « Poupées russes » et commence avec la phrase « Si j’étais né à la place d’un autre ». Comme ce premier vers l’indique, la chanson lance une réflexion sur la possibilité d’une vie alternative. Que ce soit une renaissance en tant que peintre ou en tant que soldat, tout en restant la même personne, on pourrait toutefois être très différent lorsque placé dans une nouvelle situation de vie.

Le concert à la Kulturfabrik est donc prometteur : il s’agira d’un événement plein de réflexions et de voyages autour du monde. Le groupe sera précédé du trio français Tidacoustyk, qui ouvrira la soirée.

A la Kulturfabrik, le 14 mars.


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