AFRO-POST-PUNK: Les ours-sons

« No Metal in This Battle », curieux quartet issu des intestins de la scène luxembourgeoise, mélange adroitement les styles : afro-beat, indie, post-punk en veux-tu en voilà. Et ça donne un joli cocktail en plus !

Les ours de « No Metal in This Battle ».

Que se passe-t-il lorsque quatre musiciens issus de la scène indé luxembourgeoise du milieu, voire la fin des années 1990 se mettent ensemble pour fonder un nouveau groupe, sans avoir vraiment l’ambition de leur jeunesse tumultueuse ? Eh bien quelque chose de relaxé et de rafraîchissant en même temps, et surtout un de ces ovnis musicaux qui, depuis un certain temps, ne nous visitent que très – et même trop – rarement. Ce n’est pourtant pas comme si le grand-duché ne regorgeait pas de jeunes groupes, mais bizarrement, depuis que l’ancienne scène underground a entrepris sa longue marche à travers les institutions, la musique « made in Luxembourg » est devenue de plus en plus insipide.

Une raison de plus pour s’intéresser à « No Metal in This Battle » donc. Composé aux deux tiers (guitare, claviers et basse) du défunt « Eyston », groupe emblématique des années 1990 et 2000 qui faisait fusionner post-hardcore et noise pour en sortir une musique aussi jouissive qu’imprévisible et très personnelle, d’un membre des chaotiques et violents « Do Androids Dream of Electric Sheep » (guitare) et d’un batteur ayant déjà officié dans les légendaires « Intox », « Tiger Fernandes » et autres groupes, « No Metal in This Battle » aurait pu devenir un groupe indé lambda. Pourtant, ce n’est pas ce qui est arrivé. Au contraire, la recherche de nouvelles influences et de styles a amené ces musiciens à tenter un mélange qui sonne a priori improbable : l’afrobeat d’un Fela Kuti et consorts, cette musique originaire du Nigéria qui combine rythmes traditionnels et instruments modernes et en fait un puissant vecteur de contestation politique, et l’univers du post-punk et de l’indé raffiné.

Le résultat est éloquent. Les quatre titres de l’EP « Ours », qui va être présenté ce vendredi à l’Exit07, sont de petits voyages musicaux qui prennent leur envol soit sur des mélodies de piano soyeuses, soit sur des rythmes tribaux envoûtants. Le tout donne un style insaisissable et très chaleureux. Certes, « No Metal in This Battle » n’est pas le premier groupe adepte de post-punk à tenter des expériences africaines – les Néerlandais de « The X » par exemple sont aussi passés par là – mais la variante proposée par ce groupe local est bien plus relaxée et laid back. En fait, « No Metal in This Battle » réussit à faire résonner son crossover comme quelque chose de naturel, et c’est bien là la meilleure raison de découvrir cette formation.

Donc, pour celles et ceux qui veulent passer une soirée en bonne compagnie d’amateurs de musique et de découverte, c’est ce vendredi qu’il faut aller à l’Exit07.

Ce vendredi 27 mars à l’Exit07.


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