Philharmonie saison 2015-2016 : De Gustavo et Gustav à Mariza

Une nouvelle brochure de la Philharmonie est une sorte de Saint-Nicolas pour les mélomanes. Cette année, le programme met à l’honneur Mahler côté symphonie et Beethoven côté quatuor. Sans délaisser pour autant d’autres musiques.

(Photo : Johann Sebastian Hanel)

« Bienvenue, Gustavo ! », c’est ainsi que le récent directeur général Stephan Gehmacher salue le tout nouveau directeur musical Gustavo Gimeno dans la préface de la brochure de la saison à venir. Rappelons que le chef d’orchestre d’origine espagnole avait donné toute la mesure de son talent lors d’un concert intitulé « Spain » en septembre dernier. L’interview incluse dans la brochure n’est hélas pas plus enchanteresse que celle publiée il y a sept mois. Pour Gimeno, le plus important est « [que nous] aimons la musique et voulons le meilleur pour notre orchestre, que nous travaillons tous ensemble à essayer d’atteindre l’excellence artistique ». Les mélomanes sont rassurés par cette déclaration… et restent sur leur faim pour le reste. Savoir faire de la musique n’implique pas qu’on sache en parler. Mieux vaudra concentrer nos facultés auditives sur la dizaine de concerts que Gimeno dirigera, notamment dans le cadre de l’abonnement « Grands rendez-vous », qui le verra à la tête de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg dans quatre concerts sur sept.

Relevons que cet abonnement inclut la première et la septième symphonie de Mahler, cette dernière interprétée par l’« artiste en résidence » le plus intéressant de la saison : Andris Nelsons. Le chef d’orchestre letton dirigera également la cinquième et la neuvième de Mahler, l’un de ses compositeurs préférés. À ses côtés au sein de l’abonnement « Grands chefs », on trouve Valery Gergiev avec du Bartók, Simon Rattle avec Bruckner et Messiaen et Gustavo Dudamel avec encore du Messiaen.

Autre abonnement à relever, les « Grands solistes », où l’adjectif devrait s’écrire cette saison au féminin puisque Anne-Sophie Mutter, Lisa Batiashvili et Mitsuko Uchida tiennent le haut du pavé, aux côtés, il est vrai, du pianiste Lang Lang. Après le marathon beethovénien (quatre soirées d’affilée, voir woxx 1316) cette année, « Un autre regard » sera consacré en 2016 à Mendelssohn – cinq symphonies en deux soirées. « Voyage dans le temps » penchera une fois de plus du côté de la musique baroque, avec notamment la venue de Nuria Rial chantant Purcell et celle du Balthasar-Neumann-Chor, qui nous avait récemment gratifiés d’une extraordinaire « Passion selon saint Matthieu », pour encore du Bach et du Zelenka. L’unique œuvre de la Renaissance incluse sera « Lagrime di San Pietro », interprétée par le Collegium Vocale Gent dirigé par Philippe Herreweghe.

Dans l’abonnement « Récital de piano », à côté de l’habituel concert de Grigory Sokolov, deux rendez-vous extraordinaires avec Krystian Zimerman et Murray Perahia. Du côté du quatuor à cordes, le public aura droit aux cinq derniers quatuors de Beethoven, répartis sur cinq concerts par cinq ensembles différents, et associés à des œuvres d’autres compositeurs, du baroque au contemporain. Enfin, au fil des concerts symphoniques, les fans de Tchaïkovsky (trois dernières symphonies) et de Bruckner (quatre symphonies sur neuf) trouveront leur bonheur.

Dans le cadre de la multiplication des artistes en résidence, relevons la présence du célèbre pédagogue musical et musicien français Jean-François Zygel. Non seulement il présentera les trois concerts « Dating », mais il gratifiera aussi les mélomanes d’un ciné-concert, d’une performance d’improvisation et d’une master class publique. Quant à Magdalena Kožená, elle donnera trois concerts, présentant aussi bien de la musique baroque que des œuvres romantiques et prémodernes. Les amateurs de musique classique contemporaine réserveront la dernière semaine de novembre : le festival Rainy Days est placé cette année sous le signe du « Suspense » et accueillera notamment le pianiste Pierre-Laurent Aimard et le compositeur Helmut Lachenmann. Relevons aussi plusieurs spectacles multimédias, dont l’œuvre « Abrasch » du compositeur luxembourgeois Camille Kerger en création mondiale.

Enfin, la Philharmonie continue à offrir plus d’une centaine de spectacles musicaux destinés aux enfants et aux jeunes, sous des appellations comme Loopino, Philou ou iPhil. De même, le programme « Jazz & Beyond » aligne une fois de plus des célébrités comme Diana Krall, Manu Katché et Wynton Marsalis. Enfin, les amateurs de musiques du monde attendront fiévreusement le concert hors abonnement que donnera la grande fadista Mariza, de passage à la Philharmonie pour la cinquième fois.

www.philharmonie.lu


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