Mc Quarrie Christopher: The Way of The Gun

Deux truands à la petite semaine, une femme enceinte, un rapt et des flingues.

— Affiche cinéma —

La voie de Tarantino

Dès la scène d’ouverture de „The Way of The Gun“, où le gore se dispute à la vulgarité, on s’attend à une Tarantinade de plus alors qu’il ne s’agit en réalité que d’un clin d’oeil très appuyé au maî tre réalisateur de Jackie Brown.

Même s’il s’agit d’un premier film, il n’est pas l’oeuvre d’un inconnu. On se souvient, en effet, que Christopher Mc Quarrie a déjà obtenu l’oscar du meilleur scénario pour „Usual Suspects“. Il ne faut pas s’étonner de voir cet ex-détective privé, qui failli s’engager dans la police de New-York, briller dans ce genre très prisé qu’est le thriller.

Pour „The Way of the Gun“, il a donc choisi de s’atteler à la mise en scène avec un certain bonheur. Doué pour l’écriture, Mc Quarrie l’est aussi pour mettre du contenu dans une image, jouer avec l’espace et laisser la part belle au jeu d’acteur.

L’idée du rapt mouvementé d’une femme enceinte (Juliette Lewis) tour à tour en jeu elle-même ou porteuse de l’enjeu, selon le point de vue des protagonistes rend l’intrigue d’autant plus intéressante. Les ravisseurs, Parker (Ryan Philippe) et Longbaugh (Benicio Del Toro), lassés des petits coups, voient des dollars plein leur poches lorsqu’ils enlèvent Robin, mère porteuse pour un couple richissime mais pas très clean. Leur plan est simple: emmener Robin au Mexique, attendre la naissance du bébé et demander une rançon de 15 millions de dollars. Seulement, les associés du milliardaire ne l’entendent pas de cette oreille et voilà que tout le monde y va de sa petite négociation.

On a droit à un James Caan excellent, dans le rôle de Joe Sarno, l’homme de main chargé de ramener nos deux bandits à la raison. Le scénario dévoile peu à peu les liens et les intérêts de chacun dans cette affaire, non sans humour, jusqu’à la fusillade finale. Pour les distraits, le titre du film laisse supposer dès le début le feu d’artifice de la fin, qui demeurera certainement un modèle du genre, tant Christopher Mc Quarrie y maîtrise bien la géométrie de l’espace et le découpage des scènes.

La tension monte entre la césarienne sanguinolente dont est victime Robin et le massacre qui se joue hors de sa chambre, dans un bordel mexicain aux nombreuses fenêtres, trappes et murets, derrière lesquels se cache toujours un gars prêt à tirer. La pétara de terminée, on peut cependant se demander: tout ça pour ça?

Beaucoup de bruit et de sang pour un premier film prometteur, encore emprunt de fautes de rythmes. Passant de l’agitation échevelée aux morceaux de bravoure pour les acteurs, on sent que le réalisateur à voulu leur laisser la part belle, aux dépens d’une certaine homogénéité dans la forme. Tous retirent leur épingle du jeu avec une mention spéciale à Benicio Del Toro, déjà de la partie dans „Usual Suspects“ et James Caan. Il reste néanmoins à marquer une réserve au jeu trop grimaçant de Juliette Lewis, vraiment peu crédible en femme enceinte.

On ne peut que se réjouir du prochain scénario de Christopher Mc Quarrie et espérer que sa prochaine réalisation sera à la hauteur des promesses contenues dans ce premier film.


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