Boorman John: Le tailleur de Panama

Parti sur un sujet sérieux autour du canal de Panama, John Boorman change de cap et nous dirige vers une grosse farce avec les Etats-Unis en ligne de mire. Dommage que l’acteur principal n’ait pas compris le sens du film.

— Affiche —

Après avoir montré la guerre du doigt, défendu la cause amazonienne et le Robin des Bois moderne aux prises avec la justice anglaise, ce sont les services secrets anglais et les dirigeants américains qui sont épinglés à travers l’énorme farce qu’est „Le tailleur de Panama“. Il faut dire que John Boorman est un réalisateur qui peut être sérieux, aimant frapper là où l’on ne s’y attend jamais, démontrant ainsi qu’il y a toujours une part de vérité dans ses films. Alors prudence!

Au départ, on a l’impression qu’il s’agit d’un simple film d’espionnage avec du suspens, des effets spéciaux, une héroïne belle à en mourir et un happy end à faire pleurer les plus sensibles. Mais plus le temps passe, plus on se demande où il nous emmène. Jusqu’au moment où l’évidence est là: „Le tailleur de Panama“ est une blague où le sérieux ne fait pas partie du casting. Une découverte évidente pour autant que l’on puisse déceler l’humour au second degré, car si on se réfère au jeu de Pierce Brosnan, on n’est pas sorti de l’auberge.

Pas de farce sans dindon

Homme fatal, imbu de sa personne, ayant à l’égard des femmes autant de considération qu’un boucher devant un quartier de viande, Pierce Brosnan est la seule tache au tableau que John Boorman vient de nous peindre. Pas encore remis de ses prestations en agent 007, il confond le plateau de John Boorman avec celui de James Bond, gadgets en moins. John Boorman a beau nous présenter une œuvre soignée aussi bien au niveau de la mise en scène qu’au niveau de l’information sur le canal de Panama sans oublier les images, il n’y a rien à faire, Pierce Brosnan ne passe pas. En revanche, toutes les scènes avec Geoffrey Rush, oscarisé pour son rôle dans „Shine“, sont magiques, tant son interprétation est une pure merveille. Durant tout le film, il reste humble et naturel à l’inverse de Pierce Brosnan qui regarde ses partenaires d’un air suffisant, rappelant que la star c’est lui ! Sans Geoffrey Rush et Jamie Lee Curtis, le film de John Boorman aurait été à l’image de Pierce Brosnan: infecte.

Harry Pendel, citoyen britannique qui s’est installé au Panama pour diriger un atelier de couture pour les classes supérieures, vit heureux avec son épouse qui travaille pour l’administration panaméenne. Le jour où un agent secret en poste à l’Ambassade britannique débarque avec pour mission de surveiller le canal de Panama, la vie de Harry basculera. Ayant besoin d’informations et sachant que Harry est un bavard, l’agent Andy Osnard fera pression sur lui, sachant qu’il a un passé qu’il est préférable de ne pas révéler à son épouse. Pour sauver la face, Harry racontera les histoires qu’Andy a envie d’entendre sans se rendre compte qu’elles deviendront son pire cauchemar.

Il est important de signaler que l’histoire est assez complexe et que ce n’est vraiment qu’après une heure de projection que l’on réalise par quel bout il faut prendre ce film. A côté de cela, on s’émerveille sur le rythme que John Boorman a réussi à donner, et ce même dans les scènes que l’on pourrait considérer comme banales. Quant à l’ambiance, on se croit vraiment à Panama, la musique renforce cette sensation et la lumière du film nous fait rêver à un soleil que l’on espère retrouver à la sortie de la séance.


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