Kounen Jan: Nid de guêpes

Bienheureux les grincheux, qui se plaignent que le cinéma français est bien trop souvent intello, car ils seront servis avec „Nid de guêpes“!

Pascal Greggory se faisant prendre la vedette pour une arme à feu.

ACTION FRANCAISE

Vraiment folle la guêpes

Dans ce film, on fait abstraction du scénario, on mise sur les armes à feu en tout genre et les trous de balles prennent la vedette aux divers protagonistes qui ont tout de même un nom connu dans le monde du cinéma. Certains, comme Sami Naceri, ne nous étonneront pas de leur présence au générique, car ils ont vraiment la gueule de l’emploi. On est plutôt surpris de voir Nadia Farès, ou Benoît Magimel, primé au dernier Festival de Cannes pour son rôle dans „La pianiste“ de Michael Haneke, et Pascal Greggory pris en flagrant délit d’infidélité à Patrice Chéreau.

Une bande de copains comme cochons décide de cambrioler, le jour du 14 juillet, un entrepôt d’ordinateurs portables. Rien de bien méchant. C’est pour leur petit commerce, qui va leur permettre de boucler la fin de mois et de décrocher le soleil dans une île paradisiaque. Le même jour, à quasiment la même heure, un groupe de la police spéciale transfère un dangereux chef de la mafia albanaise vers le tribunal international de Strasbourg, pour le juger pour plusieurs chefs d’inculpation, comme proxénétisme, viols et autres tortures. En cours de route, le convoi se fait attaquer par des membres de la mafia, qui ont la ferme intention de libérer leur patron. Pris au piège, le convoi se réfugie dans l’entrepôt où se trouve l’autre bande de gais lurons. Ayant vite compris qu’il est préférable de faire équipe avec les flics, la bande se bat bec et ongles pour sauver leur peau en premier lieu et puis, aussi un peu, pour la justice.

Un nouveau genre de cinéma

Depuis la naissance du cinéma, ce ne sont certainement pas les polars qui manquent. Mais des pareils à „Nid de guêpes“, ne sont pas monnaie courante. Considéré par certaines presses françaises comme étant un nouveau genre de cinéma, qui pourrait être en passe de devenir un véritable fait de société, il y a de quoi se taper la tête au mur. Si cela doit se révéler exact, mieux vaut ne jamais espérer vivre assez longtemps pour voir de pareilles bêtises car, à cette allure, le cinéma risquerait bien de perdre son label de 7e Art. Bien entendu, on pourrait dire la même chose de certains longs métrages américains, à la différence que dans ceux-ci, il y a encore une morale. En revanche, dans „Nid de guêpes“, il n’y en a aucune, et le seul débouché qu’offre ce film est une escalade dans la violence et un dégoût définitif du grand public. Alors franchement, les gens bien pensants de cette certaine presse feraient bien de s’abstenir plutôt que de vouloir à tout prix attirer du monde dans les salles, les empêchant par la même occasion de visionner des longs métrages dignes du 7e Art.

Au début des années 90, le cinéma français avait fait une première tentative avec „Dobberman“ de Jan Kounen. Soutenu par Luc Besson, Jan Kounen devait être le réalisateur de films d’action du cinéma français du XXIe Siècle. Aujourd’hui, qui a des nouvelles de ce jeune réalisateur prometteur? Pourtant, certaines scènes, bénéficiant d’une technique avancée en matière d’effets spéciaux, valaient vraiment le détour.

Les deux avantages de „Nid de guêpes“ sont, tout d’abord la bande son, qui, dès que le film sortira en DVD, vous permettra de régler au mieux votre home cinéma. Quant à la seconde raison, c’est l’absence quasi totale des dialogues. Il est en effet plus important de ne rien dire quand on n’a rien d’intéressant à dire, plutôt que de raconter des bêtises. Ce sont vraiment les deux seules choses que l’on retiendra de ce „Nid de guêpes“.

Thibaut Demeyer

Au ciné Utopolis


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.