Travail forcé : Lost Highway


Les premiers tronçons de l’autoroute A48, dans l’Eifel, ont été construits par des hommes réduits en esclavage par les nazis. Beaucoup d’entre eux venaient du Luxembourg. C’est cette histoire que Wolfgang Schmitt-Kölzer raconte dans son dernier livre.

Rien n’est plus banal qu’une autoroute. Elle mène au boulot ou au supermarché, à la maison de campagne ou à l’appartement loué en ligne. Mais lorsque la première d’entre elles fut ouverte au trafic, en 1908 (le Long Island Motor Parkway), les avocats du progrès technique savaient que la voiture allait révolutionner nos sociétés. Certains de ces rêveurs étaient des antihumanistes affirmés, comme les futuristes italiens qui voulaient noyer le vieux monde dans son sang et projetaient leurs fantasmes de vitesse sans limites et de puissance mécanique sur le fétiche autoroute. mehr lesen / lire plus

SACHA BACHIM: Apocalypse elo

Les films de guerre luxembourgeois suscitent toujours l’attention du grand public, et « Heemwéi » n’est donc pas une exception. Pourtant, ce film rompt avec une longue tradition de nanars patriotiques.

« Heemwéi » éclipse l’image du Luxembourgeois héroïque et résistant avec brio.

Encore la Seconde Guerre mondiale et encore l’enrôlement forcé. Les films à cent pour cent luxembourgeois ont beaux être rares, mais cette époque et ce sujet au moins n’auront pas été occultés. Rien que ces dernières années, deux films très oubliables ont été consacrés à l’incontournable figure mémorielle qu’est l’enrôlé de force : « Réfractaires » (2009), mélodrame confus sur fond d’occupation et « Emile » (2010), un nanar patriotique sans sève ni subtilité. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (6/6): Démystifications

Dans cette dernière partie des bonnes feuilles tirées du mémoire de thèse de Vincent Artuso, on évoque les conclusions que l’on peut tirer de l’attitude de la population luxembourgeoise face à l’occupant nazi et comment celles-ci relativisent certains mythes nationaux.

Collaborer ou résister ? Le choix des membres de la compagnie des volontaires était peut-être le plus simple à l’époque, celui des civils connaissait beaucoup plus de nuances.

Tant que le Reich apparut comme le vainqueur vraisemblable de la guerre, à la condition indispensable que leur indépendance soit garantie, une majorité d’entre les Luxembourgeois aurait probablement accepté la collaboration – si l’on entend par là une adaptation des institutions du pays à l’ordre nouveau, accompagnée d’une union politique, économique et culturelle plus étroite avec le Reich. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (5/6): Les SS luxembourgeois

La cinquième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso sur la collaboration évoque un chapitre particulièrement sensible : la présence de Luxembourgeois dans les rangs de la Waffen SS. Contraints ou volontaires, le destin de ces jeunes recrues fait aussi miroiter le déchirement du pays face à l’oppresseur allemand.

Uniformes noires et bon statut social : Les membres de la Vdb exerçaient une fascination malsaine sur beaucoup de jeunes Luxembourgeois

Des Luxembourgeois servirent les autorités d’occupation allemandes en France et en Belgique, d’autres s’engagèrent volontairement dans les forces armées du Reich. L’historien Paul Dostert estime qu’ils furent près de 1.500. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (4/6): La question juive au grand-duché

Dans la quatrième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso, nous évoquons le sort des juifs luxembourgeois et étrangers, ainsi que les agissements des commissions et de la population à leur égard, avant et après l’invasion allemande.

La synagogue de la ville de Luxembourg, photographiée avant sa destruction. (©photothèque de la ville de luxembourg, auteur inconnu)

Selon le rapport récent sur la spoliation des biens « juifs » au Luxembourg, 3.907 personnes se déclarant de confession israélite vivaient au Grand-Duché à la veille de l’invasion. 1.005 étaient de nationalité luxembourgeoise, 2.902 étaient étrangers, soit près des trois quarts. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (3/6): Berlin ne répond pas

Dans cette troisième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso, nous voyons comment les commissions luxembourgeoises s’étaient trompées en voulant troquer collaboration contre souveraineté.

Dernière révérence à la souveraine :
un concert de bienfaisance en
son honneur à la Place d’Armes.

Pour garantir l’avenir du pays et permettre qu’il se réforme en toute indépendance, il importait d’abord à Emile Reuter et Albert Wehrer de faire revenir le Reich sur sa déclaration de guerre. Le 5 juillet 1940, la Commission administrative adressa un mémorandum au gouvernement du Reich, qui rappelait les garanties que ce dernier avait données au Grand-Duché quant au respect de sa neutralité et soulignait les bons rapports qui avaient jusque-là prévalu avec l’administration militaire allemande. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (2/6): Adaptation

Dans la deuxième partie des bonnes feuilles extraites de la thèse de doctorat de Vincent Artuso sur l’histoire de la collaboration, nous nous penchons sur comment les responsables luxembourgeois ont voulu tirer les leçons de la victoire allemande.

Une des conséquences les plus directes de l’invasion allemande : les évacuations de la population – ici dans la ville de Luxembourg. Après cette période de remous, les ressentiments de la population se tassaient petit à petit – commence alors « l’époque sombre » de la collaboration qui n’est pas encore assez étudiée.
PHOTO : ©photothèque de la ville de Luxembourg_auteur Batty Fischer

A la fin de la campagne de France, la situation du Grand-Duché de Luxembourg était des plus défavorable. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (1/6): La naissance d’un contre-gouvernement 

Dans le premier chapitre de son mémoire de thèse, l’historien revient sur la naïveté dangereuse du gouvernement, qui n’avait rien préparé pour le cas de l’invasion. Laissée seule avec les problèmes du pays, la Commission administrative accepta la coopération avec les Allemands.

Avec le début de l’occupation allemande au Luxembourg commença d’abord et surtout une épisode de doutes où rien n’était clair.

A la veille de l’invasion, l’éventualité d’un départ du gouvernement avait à peine été évoquée. Albert Wehrer indique que ce n’est qu’à la fin du mois de janvier 1940 que Joseph Bech, ministre des Affaires étrangères, lui fit savoir, sans plus de précision, qu’en cas d’invasion, le gouvernement envisagerait de se retirer « à la frontière opposée à celle par laquelle l’invasion se ferait et de quitter éventuellement le pays si l’intégralité du territoire était occupée ». mehr lesen / lire plus

HISTOIRE COLONIALE: Au temps béni des colonies

Dans son mémoire de master, qui a reçu le prix de la Fondation Robert Krieps, Régis Moes pose non seulement la question du passé colonial du grand-duché mais aussi celles de son identité et du cheminement de sa mémoire.

Le Congo belge, et aussi luxembourgeois, ne s’est jamais remis de l’effort colonial.

Encourager de jeunes chercheurs, rendre leurs travaux accessibles à un large public en les publiant et en les diffusant à un prix très abordable : voilà ce que fait la Fondation Robert Krieps (FRK) qui, depuis 2009, décerne un prix au meilleur mémoire de master. Le premier lauréat fut Bernard Thomas dont le livre, « Le Luxembourg dans la ligne de mire de la Westforschung », est paru l’année dernière. mehr lesen / lire plus

JAY ROACH: Plus c’est gros, mieux ça passe

Dans « The Campaign », Will Ferrell et Zach Galifianakis s’affrontent sans pitié pour une place au congrès américain. Une comédie déjantée et transgressive qui aborde toutefois de vrais problèmes.

La vacuité de la vie politique américaine prise sous la loupe de la satire.

Cam Brady (Will Ferrell), député démocrate de la quatorzième circonscription de la Caroline du Nord est un animal politique. Armé d’une dentition immaculée et toujours impeccablement coiffé, amateur de gros cigares et d’électrices légères, de slogans bateaux et de phrases toutes faites à propos de Dieu, de la famille ou de la destinée manifeste, il a été réélu à quatre reprises. mehr lesen / lire plus

IDENTITE ET HISTOIRE (3): Le passé a la vie dure

Dans son nouveau livre, l’historien Pit Péporté analyse les représentations du passé médiéval luxembourgeois sur près d’un millénaire. Fidèle à l’approche constructiviste, il attribue un rôle plus pernicieux aux auteurs de l’ère nationale qu’à leurs prédécesseurs. Son approche érudite l’empêche toutefois de tomber dans une grille de lecture dogmatique.

Mélusine, le comte Sigefroid, la comtesse Ermesinde et Jean l’Aveugle. Ces quatre figures historiques et mythiques sont constitutives de la façon dont les historiens racontent l’histoire du Luxembourg.

Le livre de Pit Péporté (« Constructing the Middle Ages. Historiography, Collective Memory and Nation-Building in Luxembourg », Leiden/Boston, Brill, 2011) n’est pas une histoire du Moyen-Âge. mehr lesen / lire plus

IDENTITE ET HISTOIRE (1): La révolte des clercs

Le second volume de « Lieux de mémoire au Luxembourg » vient de paraître. La méthode s’est affinée, nombre d’articles sont passionnants. Pourtant les porteurs du projet peinent à donner une définition de la mémoire nationale. Peu importe, puisqu’ils ne voient dans la nation qu’une aberration mentale.

Qu’est-ce qui passe le plus mal : une critique sévère ou un compliment malvenu ? En 2007, le premier volume de Lieux de mémoire au Luxembourg (Lieux de mémoire au Luxembourg, vol. 1, Kmec, Sonja / Majerus, Benoît / Margue, Michel / Péporté, Pit (éd.), Luxembourg 2007.) était accueilli très favorablement par le Luxemburger Wort. Dans une critique aux accents barrésiens, le quotidien conservateur vanta en lui un ouvrage « ancré dans la patrie et dans la terre » („In der Heimat und der Erde verankert“, in: Luxemburger Wort, 30 mars 2007, p. mehr lesen / lire plus

SECONDE GUERRE MONDIALE: Le choix de la collaboration

L’historien Vincent Artuso, qui a participé au colloque sur l’histoire de la communauté juive au Luxembourg, revient dans cet article sur la collaboration institutionnelle luxembourgeoise durant cette période.

Emancipation, Eclosion, Persécution.
Tel était le titre d’un colloque pluridisciplinaire sur le développement de la communauté juive luxem-bourgeoise de la Révolution française à la Seconde Guerre mondiale, qui s’est tenu mercredi et jeudi de cette semaine.
L’événement était organisé
par le projet de recherche « PARTIZIP »
de l’Université du Luxembourg.
Pour illustrer l‘article , nous avons utilisé la photo ci-dessus qui montre une déportation à partir de la gare de Hollerich. Nous avons trouvé cette photo sur le site du «Holocaust education & archive research» dont la légende indique qu‘il s‘agirait d‘une déportation de juifs.

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TRAN ANH HUNG: Les souffrances du jeune W.

« Noruwei No More » est le cin-quième long-métrage du réalisateur franco-vietnamien Trân Anh Hùng. Adaptation du roman d’Huraki Murakami, le film évoque de manière aussi magistrale que poétique l’apprentissage de la vie dans le Japon de la fin des années 1960.

Trân Anh Hùng traduit la poésie en images et fait de la forme une expérience sensorielle.

Peu après le suicide de Kizuki, son meilleur ami, Watanabe quitte Kobe pour Tokyo afin de commencer ses études universitaires. Un beau jour, le hasard lui fait recroiser le chemin de Naoko, l’ancienne petite amie de Kizuki. Ils vont se revoir régulièrement, en évitant toutefois soigneusement d’évoquer le passé. mehr lesen / lire plus

DUNCAN JONES: La grâce d’une Golf GTI tunée

Dans « Source Code » Jake Gyllenhaal sauve Chicago, l’Amérique et, bien sûr, le monde de la destruction totale. Malheureusement la guerre contre le terrorisme, même cinématographique, n’est jamais propre et les spectateurs en sont les innocentes victimes.

Le seul regret qu’il devrait avoir, c’est d’avoir participé à ce navet patriotique : Jake Gyllenhaal dans « Source Code ».

Colter Stevens (Jake Gyllenhaal) se réveille un matin dans un train de banlieue en direction du centre-ville de Chicago. Face à lui, une jeune femme (Michelle Monaghan) qu’il n’a jamais vu de sa vie, lui parle de ses problèmes existentiels sur le ton de la connivence, tout en ne cessant de l’appeler Sean. mehr lesen / lire plus