NEIL MARSHALL: La légion perdue

« Centurion », du britannique Neil Marshall, est un péplum âpre et rugueux, qui sait échapper aux poncifs du genre mais pas toujours à l’ennui.

Et oui,
les Pictes ça pique… même les femmes d’ailleurs savaient s’y prendre.

En 117, toute la (Grande-) Bretagne est soumise à Rome. Toute la (Grande-) Bretagne ? Non ! Car au nord de l’île, les Pictes résistent à l’envahisseur. Non pas en l’affrontant de face, mais en le harcelant dans une longue et coûteuse guérilla. Quintus Dias, jeune officier romain, se morfond ainsi depuis près de deux ans dans un fort reculé, lorsqu’une nuit sa garnison est attaquée par surprise et massacrée. mehr lesen / lire plus

MATHIEU AMALRIC: The Show Must Go On

Récompensé par le prix de la mise en scène au dernier festival de Cannes, « Tournée » de Mathieu Amalric, n’est toutefois pas sans longueurs.

Il semble que la tournée ait touché à sa fin…

Parti refaire sa vie aux Etats-Unis, c’est finalement en France que Joachim Zand, ancien producteur de télévision à succès, revient réaliser son rêve américain. Il ramène dans ses bagages une troupe de New Burlesque. Les dates s’enchaînent : au Havre, à Nantes, la Rochelle. Le spectacle y rencontre un franc succès, mais les filles ne rêvent que de Paris et Joachim sait que ses chances de les y emmener se réduisent comme peau de chagrin. mehr lesen / lire plus

JUAN JOSE CAMPANELLA: Pour nos yeux

Récompensé par l’oscar du meilleur film étranger, « El Secreto de sus ojos » est une co-production hispano-argentine, à la fois efficace et subtile, qui nous entraîne sur les traces d’un assassin dans le Buenos Aires des années 1970.

« El Secreto de sus ojos » est plus qu’un thriller – c’est l’histoire d’une obsession dont on ne peut se dérober.

Après une énième nuit d’insomnie, passée à tenter de coucher sur le papier une histoire qui le poursuit depuis plus de trente ans, Benjamin Esposito se décide enfin à contacter Irene. En 1974, ses études de droit à peine achevées, celle-ci était devenue substitut du procureur de Buenos Aires et Benjamin était son subordonné. mehr lesen / lire plus

MARC THOMA: La mémoire dans le pipeau

Film luxembourgeois basé sur des faits réels, « Emil » raconte l’histoire d’un jeune réfractaire qui, après une fusillade avec la gendarmerie allemande, se retrouve impitoyablement traqué. Une oeuvre qui fait revivre de façon efficace un chapitre de notre histoire.

Rien ne sert à déployer des véhicules d’antan, si le fonds de l’histoire n’existe pas.

Le chapitre principal traité par « Emil », ce sont les années 1950 – et non pas les années de guerre – , durant lesquelles s’imposa cette image du Luxembourg des années d’occupation, petit mais uni, luttant farouchement pour son indépendance, au nom de sa souveraine et de sa foi catholique. mehr lesen / lire plus

ROMAN POLANSKI: What’s done can’t be undone

A travers son dernier film, « The Ghost Writer », Roman Polanski aborde l’engagement du Royaume-Uni dans la « Guerre contre la terreur ». Un polar haletant, aux accents shakespeariens dans lequel les hommes ne sont que des pions sur l’échiquier de la raison d’Etat.

Va découvrir que sa vie ne vaut pas grand chose sur l’échiquier de la politique internationale :
Ewan McGregor, dans « The Ghost Writer ».

Un « nègre » est engagé par une grande maison d’édition pour donner un peu de relief au livre d’Andrew Lang, l’ancien Premier ministre britannique. Les mémoires d’hommes d’Etat fourmillent généralement de platitudes édifiantes – il s’agit après tout de leur ultime campagne. mehr lesen / lire plus

ASGHAR FARHADI: Un regard persan

Une mise en scène inspirée, une interprétation sublime. « About Elly » ne se contente pas de nous plonger dans la complexité de la société iranienne. Il s’agit d’une oeuvre cinématographique magistrale, qui a valu à Asghar Farhadi l’Ours d’argent du meilleur réalisateur lors de la Berlinale 2009.

A travers le film, la mer devient une métaphore qui régit la société – pas seulement celle de l’Iran.

Un groupe d’amis part passer le weekend sur les bords de la mer Caspienne. Soudés depuis leurs années d’études à la faculté de droit de Téhéran, ils comptent bien passer du bon temps ensemble et laisser les enfants se défouler. mehr lesen / lire plus

MARCO BELLOCCHIO: Chemises noires pour nuits blanches

Dans son nouveau film « Vincere », Marco Bellocchio raconte l’histoire méconnue de la femme cachée du dictateur Benito Mussolini. Une romance nerveuse d’un formalisme époustouflant.

Une passion commune pour les choses pas communes : Ida Dalser et Mussolini en prototypes du fascisme italien.

A la veille de la Première Guerre mondiale, Ida Dalser tombe sous le charme de Benito Mussolini. Subjuguée par le charisme et la fougue du jeune leader socialiste, elle n’hésite pas à vendre ses biens pour financer sa carrière politique. Ils se marient et de leur union naît Benito Albino, le premier fils du futur dictateur. Seulement ce dernier a déjà une femme dans sa vie, Rachele Guidi, son amie d’enfance, qui lui a donné une fille. mehr lesen / lire plus

JOËL AND ETHAN COEN: « Der mensch trakht un gott lakht »

« A serious man », le dernier film des frères Coen est probablement leur oeuvre la plus personnelle. A travers les mésaventures d’un professeur de physique quadragénaire, ils abordent l’identité de la communauté juive américaine dans cette comédie noire et philosophique.

Quand le monde entier se conspire contre vous, difficile de garder la tête claire : Michael Stuhlbarg dans
« A Serious Man ».

Larry Gopnik fait son possible pour être un homme responsable et digne de respect. En yiddisch: un « Mensch ». Mais comment tenir son cap lorsqu’il faut naviguer à vue à travers une tempête d’emmerdes et d’incertitudes ? Son frère dépressif, non content de squatter son fauteuil depuis des mois est peut-être un délinquant sexuel, ses enfants se désintéressent de lui et sa femme s’apprête à le quitter. mehr lesen / lire plus

NEILL BLOMKAMP: L’invasion des crevettes géantes

« District 9 », premier long-métrage du réalisateur sud-africain Neill Blomkamp, nous montre comment des extra-terrestres demandant asile sont reçus par une humanité méfiante. Un film de science-fiction atypique, rythmé, aux effets visuels époustouflants.

Apparemment, les voisins n’apprécient pas vraiment la présence des crevettes gênantes…

Il y a 27 ans de cela, un gigantesque vaisseau extra-terrestre s’immobilisa au-dessus de Johannesburg. Fuyant une catastrophe lointaine, ses occupants furent parqués dans une zone périphérique de la métropole sud-africaine nommée « District 9 ». Près de trois décennies plus tard, la situation de ce camp de réfugiés interplanétaires n’a fait qu’empirer. Surpeuplé, gangréné par la misère et la criminalité, cet immense bidonville est de plus la cible de raids lancés par des voisins humains que la présence de ces étrangers apeure. mehr lesen / lire plus

LAURENT TIRARD: Une France couleur sépia

Après avoir marqué des générations de jeunes – et moins jeunes – lecteurs, « Le Petit Nicolas » arrive au cinéma. Mais là où ses créateurs avaient su, avec simplicité, recréer le monde compliqué de l’enfance, le film se contente de nous resservir une vision compassée et régressive de la France des années 1960.

Le bon vieux temps, où la télé était encore dans les mains des papas et de l’ORTF…

Le petit Nicolas vit dans un petit pavillon de banlieue avec son papa gentil mais grognon (Kad Merad) et sa maman aimante mais un peu hystérique (Valérie Lemercier). A l’école, il a un pion hyper pointilleux, surnom-mé « Le Bouillon » (François-Xavier Demaison) et une superchouette maîtresse (Sandrine Kiberlain). mehr lesen / lire plus

MARK NEVELDINE: Brave New World

De prime abord, « Gamer » est déjà un spectacle de science-fiction à couper le souffle. Mais ce film écrit et réalisé par le tandem Neveldine/Taylor est aussi une critique acerbe et jouissive de notre société.

« Gamer » n’offre pas mal de perspectives.

« Dans un futur pas si lointain », le milliardaire Ken Castle devient l’homme le plus riche du monde grâce à « Slayers », un jeu vidéo bien plus que réaliste. En effet, les combattants qui s’y affrontent, jusqu’à la mort, sont des condamnés à la peine capitale auxquels l’on promet la libération, s’ils survivent à plus de trente parties. Aucun d’entre eux n’est toutefois parvenu à en dépasser dix, mis à part Kable, qui n’est plus qu’à trois combats de l’amnistie. mehr lesen / lire plus

CEDRIC KAHN: Je t’aime, moi non plus

« Les Regrets », avec Yvan Attal et Valeria Bruni-Tedeschi : Un mélodrame nerveux qui ose le pathétique sans tomber dans le ridicule.

Ni avec, ni sans les détours de l’amour et de l’attraction sont au centre du nouveau film de Cédric Kahn.

Mathieu Lievin (Yvan Attal), un architecte parisien, revient dans la petite ville où il a grandi pour assister sa mère mourante. Dans la rue, il tombe sur Maya (Valeria Bruni-Tedeschi), son amour de jeunesse. Bien que les deux ne se soient pas revus depuis une quinzaine d’années, bien qu’ils aient refait leur vie et soient tous deux mariés, ils vont reprendre leur relation là où ils l’avaient abandonnée : dans la passion et la douleur. mehr lesen / lire plus

JACQUES AUDIARD: Les Années d’apprentissage

Dans « un prophète » le réalisateur français Jacques Audiard raconte l’ascension de Malik, un jeune délinquant. Une histoire épique sur fonds d’univers carcéral qui donne le film le plus magistral de la rentrée.

En prison, on n’apprend pas que le nettoyage…

Malik El Djebena a 19 ans, une gueule de gamin, il est maghrébin, analphabète, sans parents et sans le sou. Autant dire qu’il est plutôt mal armé lorsqu’il entre en prison pour y purger une peine de six ans. A l’autre bout de la chaîne alimentaire, le parrain corse César Luciani souhaite éliminer un rival arabe. Il lui faut pour cela quelqu’un qui pourrait approcher ce dernier sans éveiller son attention. mehr lesen / lire plus

MICHAEL MANN: Casseur de banques

Dans « Public enemies », le réalisateur américain Michael Mann nous raconte l’épopée de John Dillinger, l’« ennemi public n°1 » dans l’Amérique des années 1930. Un film de gangsters sombre, ambitieux et à la beauté formelle époustouflante, servi par une distribution impeccable.

Dommage qu’il n’y ait pas de Dillinger à notre époque…

Dans l’Amérique de la Grande Dépression, le braqueur de banques John Dillinger devient une véritable star. Narquois, téméraire et charmeur, il se bâtit une image de Robin des Bois en s’attaquant à des institutions largement discréditées par le rôle qu’elles ont joué dans le déclenchement de la crise. J. Edgar Hoover perçoit cette popularité comme une insulte directe à l’égard de sa personne et de l’administration qu’il est en train de construire : le FBI. mehr lesen / lire plus

WOODY ALLEN: Cheveux blancs, humour noir

Avec son dernier film « Whatever Works », Woody Allen revient à sa chère ville de New York. Une oeuvre charmante, sans plus, mais un formidable numéro de Larry David, l’interprète principal.

Mais où sont donc passés les chefs-d’oeuvre du passé new-yorkais ?

Boris Yelnikoff est un sexagénaire excentrique, bougeon et misanthrope. Depuis sa tentative de suicide ratée, ce génie autoproclamé – à ses dires il aurait failli obtenir un prix Nobel de physique – partage ses journées entre les cours d’échecs qu’il prodigue à de jeunes sous-doués et les terrasses de son quartier, où il déverse quotidiennement le flot sarcastique de ses idées noires. mehr lesen / lire plus

RIAD SATTOUF: Les années biactol

« Les beaux gosses » est le premier film de Riad Sattouf. Le dessinateur de bandes dessinées y raconte avec un humour corrosif les déboires de deux adolescents complexés. Une chronique de l’âge ingrat sensible et pleine de justesse.

Espérons qu’il n’est pas en train de rêver là.

Les beaux gosses, ce sont Hervé (Vincent Lacoste), avec ses pulls sans forme et ses joues de hamster et son pote Camel (Anthony Sonigo), qui arbore fièrement une coupe de cheveux qui n’aurait pas déplu au Rudi Völler du mondial 1990. Les deux collégiens se prennent rateau après rateau auprès des filles, jusqu’au jour où Hervé se rend compte qu’il aurait ses chances avec la jolie Aurore (Alice Trémolières). mehr lesen / lire plus

STIEG LARSSON: L’espoir qui venait du froid

Attendu par des millions de fans à travers le monde, « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes », premier volet de la série « Millenium », sort au cinéma. Une production 100% nordique qui tient ses promesses.

Les rôles de Henrik Vanger et de Mikael Blomkvist sont interprétées par Sven-Bertil Taube et Michaell Nyqvist.

Le douloureux rituel se perpétue depuis la mystérieuse disparition d’Harriet, il y a près de quarante ans. Le jour de son anniversaire, Henrik Vanger reçoit un colis anonyme dont le contenu, une fleur encadrée, vient raviver la douleur causée par la perte de sa nièce bien aimée. Mais cette année, l’octogénaire baron d’industrie décide de confier l’enquête à quelqu’un qui n’a plus rien à perdre. mehr lesen / lire plus

J. J. ABRAMS: Vers l’infini et au-delà

« Star Trek » est de retour sur grand écran. L’immortelle série des années 1960 en est à sa dixième adaptation. Cette fois-ci J. J. Abrams a souhaité revenir aux sources.

Tout refait chez « Star Trek ».

En l’an 2.233, l’USS Kelvin, avec son équipage très beau et très gentil (ce sont les Gentils) est attaqué par un gigantesque vaisseau inconnu, piloté par des êtres très laids et très méchants (ce sont les Méchants). Son bâtiment étant rapidement mis hors de combat, le capitaine est contraint de se rendre sur la passerelle des assaillants où il est traîtreusement assassiné. Son second, Georges Kirk, ordonne alors l’évacuation de tous les passagers, y compris celle de sa jeune femme enceinte. mehr lesen / lire plus

BERTRAND TAVERNIER: A mi-américain

« In the Electric Mist », est le premier film du réalisateur français Bertrand Tavernier tourné aux Etats-Unis. Ce grand cinéphile a visiblement pris plaisir à manier les codes du cinéma américain, mais a raté son adaptation.

Et oui, la punition corporelle est toujours de mise au Sud des States…

Le corps mutilé d’une jeune fille est retrouvé dans un baillou des environs de New Iberia, en plein pays cajun. L’enquête est confiée au sheriff Dave Robicheaux qui va bientôt se retrouver sur la trace d’un tueur en série qui s’en prend de préférence à de très jeunes femmes. Au même moment, l’enquêteur va croiser le chemin d’Elrod Sykes, star d’Hollywood, buveur, fantasque et visionnaire sur les bords. mehr lesen / lire plus

STEVEN SODERBERGH: Marxisme lénifiant

Dans « Che – 2e partie : guérilla », le réalisateur américain Steven Soderbergh raconte la fin d’Ernesto Guevara. Un film qui, à force de coller aux événements, s’enfonce dans la lourdeur et l’ennui.

Long et interminable chemin de croix pour le Che et … le spectateur.

A la fin de l’épisode précédent, Steven Soderbergh avait abandonné Ernesto Che Guevara au bord de la route, celle qui devait mener le révolutionnaire argentin à la Havane, au pouvoir et à l’accomplissement de ce qui fut probablement la révolution la plus populaire de la deuxième moitié du 20e siècle. Dans le second volet de son diptyque consacré au Che, le réalisateur américain saute presque une décennie, pour reprendre le récit au dernier chapitre. mehr lesen / lire plus