Jazz: René Thomas

Meeting Mister Thomas

Paris qui battait la mesure

(jitz) – Cette belle série de 100 CDs à prix réduit documente que Paris était bien, entre 1945 et 65, la capitale européenne du jazz (époque révolue, même si en France on ne l’admet que du bout des lèvres). Les artistes américains de passage ou qui s’établissaient à Paris avaient évidemment une influence considérable sur les musiciens français. Ainsi, on retrouve dans cette collection les noms de Miles Davis, Dizzy Gillespie ou Oscar Peterson à côté des français Stéphane Grappelli, Claude Bolling ou Michel Legrand, mais aussi quelques musiciens belges, liégeois de surcroît. mehr lesen / lire plus

Jazz: Branford Marsalis

Footsteps of our fathers

Pointures trop larges?

(jitz) – A l’instar de son petit frère Wynton, le saxophoniste Branford Marsalis affectionne l’interprétation des grands thèmes de l’histoire du jazz. Sur son CD récent Footsteps of our fathers, il s’attaque à deux gros morceaux des années 50 et 60: la „Freedom Suite“ de Sonny Rollins et le mythique „A Love Supreme“ de John Coltrane. Si la relecture de Rollins ne dépasse pas le stade de la copie conforme – ce n’est déjà pas mal -, il parvient à se débarrasser de la spiritualité inhérente à l’oeuvre de Coltrane, avec une version de „A Love Supreme“ énergétique, assez agressive et sans concessions. mehr lesen / lire plus

JAZZ: Brad Mehldau

Après cinq enregistrements en trio, Brad Mehldau avait apparemment envie d’une formule musicale alternative. Sur son CD récent, qui n’est pas destiné aux puristes, le pianiste utilise certains mécanismes de la musque pop, puisqu’il rétrécit les formes et soigne à l’exagération le seul paramètre musical du timbre (sound, en luxembourgeois). Il pare sa musique de clarinettes, flûtes et hautbois, fait usage du piano préparé, ajoute des effets électroniques et s’essaie aussi – sans convaincre – au vibraphone. Le tout résulte en des miniatures étriquées aux climats de lenteur chargée, mais qui ne font pas oublier les richesses mélodiques et harmoniques et les escapades libertaires de ses enregistrements en trio. mehr lesen / lire plus

Jazz: Charlie Haden

American Dreams

Révolutionnaire assagi

(jitz) – C’est joli, rose bonbon et bien sucré, tout comme si l’ex-révolutionnaire voudrait se cuirasser contre les atrocités de ce monde par un épais sirop musical douceâtre. Car Charlie Haden était, il y a 30 ans, en première ligne du front des musiciens engagés pour des causes sociales et politiques. C’était le temps du „Liberation Music Orchestra“ et de la guerre du Vietnam. Aujourd’hui, alors que sa patrie est friande de nouvelles guerres, Charlie Haden interprète sans aucune connotation ironique, le patriotique „America the beautiful“. D’un point de vue musical, ce CD de ballades est bien ficelé – facile, avec des musiciens comme Brad Mehldau, Michael Brecker et Brian Blade -, mais cet excès d’harmonie provenant de la part d’un contestataire d’antan est tout de même assez surprenant. mehr lesen / lire plus

Jazz: E.S.T

Strange Place for Snow

Lueurs nordiques

(jitz) – Depuis l’avènement du romantique Brad Mehldau, la formule piano-contrebasse-batterie jouit d’une popularité méritée et les bons trios foisonnent un peu partout. L’originalité n’est cependant pas toujours au rendez-vous. A défaut d’une révolution, le pianiste suédois Esbjörn Svensson, entouré du contrebassiste Dan Berglund et du batteur Magnus Öström, se distingue par ce petit truc personnel, si difficile à peaufiner. Il mêle l’esthétique d’un jazz assez classique aux grisailles cafardeuses et aux pulsations répétitives chères aux musiciens scandinaves, et les quelques touches clairsemées de sonorités synthétiques, couplées aux percussions, aussi retenues que subtiles, contribuent à la création d’un climat de pénombre pesante. mehr lesen / lire plus

Jazz: Aka Moon

Invisible Moon

Cérébral et débridé

(jitz) -Le trio belge Aka Moon est une des seules formations de jazz au monde qui parvient à drainer des foules considérables et à satisfaire en même temps les puristes les plus assidus. Leur recette: une musique dotée d’une énergie démoniaque, des grooves apparemment irrésistibles, basés sur des métriques irrégulières et compliquées en diable. On veut bien danser, mais on ne parvient presque jamais à marquer le temps. Leurs enregistrements sont certes moins frénétiques que leurs concerts, mais ils documentent bien les facultés techniques hallucinantes de ces musiciens d’exception. Sur leur CD récent Invisible Moon, Fabrizio Cassol, saxophone, Michel Hatzigeorgiou, basse, et Stéphane Galland, batterie, s’entourent d’une belle brochette d’invités qui pimentent la sauce sans en enlever les saveurs de base. mehr lesen / lire plus

JAZZ: Moines bénis de bebop

Petit festival deviendra-t-il grand? L’affiche du festival „Jazz à Clervaux“ a des arguments pour séduire.

Le formidable saxophoniste Erwin Vann devrait déjà bien connaître le Luxembourg. Tout comme bien d’autres musicien-ne-s qui se produiront au „Jazz à Clervaux“.

(jitz) – Le jazz semble être devenu une musique d’été. Alors que durant presque toute l’année les musiciens de jazz se trouvent confinés dans des clubs enfumés et des caveaux étroits, la belle saison leur offre bien des opportunités pour se produire à l’air pur devant un public élargi. Les festivals d’été connaissent depuis une dizaine d’années un succès grandissant un peu partout en Europe. mehr lesen / lire plus

Hammes Ernie: Au-delà du top do

Tournée mondiale avec l’orchestre de Maynard Ferguson, tournée des festivals d’été avec le bigband de Carla Bley: le trompettiste luxembourgeois Ernie Hammes vient d’entrer dans la cour des grands du jazz.

TROMPETTE ET RENOMMEE

Comment aborder une rencontre-interview avec un compère musical que l’on a senti arriver et qui maintenant salue gentiment de bien loin, de bien haut? S’y lancer avec comme catalyseur une bouteille d’un bon cru fait perdre en objectivité, sans doute, mais gagner en intimité… Surtout que l’épicurisme d’Ernie Hammes ne se limite pas à son amour pour le jazz et pour la trompette. „Dès que j’ai une soirée de libre lors des tournées, je pars à la recherche d’un bon restaurant. mehr lesen / lire plus

JAZZ: Joe Lovano

Lovano belcanto

(jitz) – Quelle drôle d’idée que de relire le répertoire du grand ténor Enrique Caruso avec une esthétique de jazz! On connaît bien l’éclectisme du saxophoniste américain Joe Lovano qui a d’ailleurs toujours affiché ses origines siciliennes, mais de là à se mettre à improviser sur des airs d’opéra et des chansons napolitaines, il y a du chemin à faire! Et pourtant, la mayonnaise prend. C’est que Joe Lovano ne tombe jamais dans le pathétique exubérant, il fait luire ces mélodies dans les demi-teintes en éliminant les effets faciles et clinquants. Ainsi, un air ringard comme Vestia la Gubbia (de l’opéra I Pagliacci) se pare d’un peu de blues, la Tarantella Sincera se met à swinguer doucement et le sempiternel Santa Lucia se métamorphose en un calypso aux accents libertaires. mehr lesen / lire plus

Jazz: Abdullah Ibrahim

Ekapa Lodumo

Abdullah Ibrahim. Ekapa Lodumo. Enja Tip-888840 2

Abdullah cuivré

(jitz) – Ce CD récent, que le pianiste sud-africain Abdullah Ibrahim a enregistré avec le bigband du NDR, se présente comme une antithèse à sa prestation en solo au Centre des Arts Pluriels à Ettelbruck, jeudi 25 avril passé. Alors que, seul, face au clavier, Abdullah Ibrahim plonge dans les profondeurs de son âme pour une musique méditative et spirituelle, son écriture pour grand ensemble se révèle extravertie, festive et même dansante. Les influences rythmiques restent bien africaines et les mélodies gardent cette beauté simple, voire naïve. Mais l’énergie d’exécution est toute autre. mehr lesen / lire plus

CD-JAZZ: Le retour de l’exilé

Le nouveau CD du pianiste français Jean-Michel Pilc est à l’unisson de sa prestation époustouflante d’il y a quelques semaines au Melusina: ça pétille, ça virevolte et ça surprend. Avec ses fidèles compagnons, le contrebassiste François Moutin et le batteur Ari Hoenig, il fonce et fait voler en éclats les standards les plus rebattus. Seule différence face au concert: les pièces sont plus courtes, l’énergie plus canalisée. Le titre du CD „Welcome home“ a une connotation amère: La Grande Nation avait royalement ignoré son pianiste prodigue qui a dû et su conquérir le public new-yorkais avant que le label français Dreyfus Jazz (sic!) ne s’intéresse à lui. mehr lesen / lire plus

Lauer Christof: The Sting Project

Inspecteurs de Police

(jitz) – Le répertoire de jazz continue de puiser dans les chansons de la variété américaine des années ’30 à ’50, comme si les fignoleurs de belles mélodies et les architectes d’harmonies riches n’existaient plus de nos jours. Ils sont plus rares, certes, mais il en subsiste tout de même. Comme Sting, par exemple. Deux musiciens allemands, le saxophoniste Christof Lauer et le pianiste Jens Thomas, ont revisité en duo le répertoire de la vedette pop, en se promenant sur les mélodies de ses tubes pour ensuite s’en éloigner complètement et les rendre presque méconnaissables. Et c’est précisément en cela qu’une interprétation de jazz se différencie essentiellement d’une relecture „cover“ d’une chanson: on n’en fait pas une copie plus ou moins conforme, mais on n’utilise le matériel existant que comme tremplin pour se lancer dans quelque chose de nouveau et de personnel. mehr lesen / lire plus

JAZZ: Thielemans Toots

Toots tout doux

Emarcy 014722-2

(jitz) – Quelle maîtrise instrumentale, quel débordement de sentiments! Chaque fois que l’on entend Toots Thielemans, on reste pantois devant la faculté de l’harmoniciste belge de pouvoir insuffler autant de vie à son instrument apparemment si ingrat. Pour son nouveau CD, il n’a fait appel qu’à un seul partenaire: le pianiste Kenny Werner, avec lequel il a aussi parcouru le globe lors de ces derniers mois. Leur relecture de quelques mélodies mélancholiques et intemporelles (Legrand, Sinatra, Evans ou Disney) aurait pu sombrer dans le kitsch le plus pénible s’il n’y avait pas ce voile crépusculaire qui atténue le rose-bonbon de cette musique. mehr lesen / lire plus

Kauffmann Nadine: J’ai tout pris en main

Nadine Kauffmann, jeune prof de saxophone, savoure le plaisir de jouer et celui d’enseigner. Mais elle voudrait aller plus loin et est tentée par une carrière de soliste.

Nadine Kauffmann, une saxophoniste passionnée qui sait franchir des obstacles avec une volonté incroyable.
Photo: Christian Mosar

SAXOPHONE CLASSIQUE

Nadine Kauffmann joue du saxophone avec une vélocité et un entrain inouïs au Luxembourg. Amplement nantie de diplômes glanés à Luxembourg, Enschede, Bruxelles et Strasbourg, elle a tout naturellement décroché le poste de professeur au Conservatoire d’Esch-sur-Alzette. Mais elle ne veut pas s’arrêter là.

Parallèlement à son activité dans l’enseignement musical, Nadine Kauffmann mène aussi une carrière de concertiste. mehr lesen / lire plus

Demuth Marc: Contrebasse, passionnément!

Marc Demuth est l’un de ces jeunes musiciens de jazz luxembourgeois qui s’exilent pour mieux pratiquer leur art. Nécessité due à la petitesse du pays et à l’absence d’une vraie culture du jazz au Luxembourg.

Marc Demuth: „Il n’est pas nécessaire de tout comprendre et de piger toutes les subtilités techniques pour pouvoir apprécier le jazz. Je pense que les gens qui nous écoutent sentent bien si on affectionne notre musique.“
Photo: Christian Mosar

JAZZ LUXEMBOURGEOIS

Marc Demuth a 24 ans et de l’énergie à revendre. Trimballant son instrument encombrant à travers le Benelux, il est pour l’instant de tous les bons coups. mehr lesen / lire plus

Jazz: Haynes Roy

Roy Haynes: Birds of a feather. FDM 36625-2.

Batteur nostalgique

(jitz) – En 1949, un rêve se réalise pour le batteur Roy Haynes: il est engagé dans la formation de Charlie Parker, alors au sommet de son art. Maintenant, à l’âge de 76 ans, il rend hommage à son idole d’antan en consacrant tout un disque à la musique interprétée jadis par le grand „Bird“. Il s’est pour cela entouré d’une belle brochette de musiciens bien plus jeunes: Kenny Garrett, saxophone, Roy Hargrove, trompette, Dave Kikoski, piano et Dave Holland, contrebasse. La machine avance comme sur des roulettes, la mécanique est huilée et rodée. mehr lesen / lire plus

Modern: Harrell Tom

Paradise

Tom Harrell: Paradise BMG 09026063738 2. A écouter sur 100,7 dans l’émission „Blue Note“ du 10 décembre à 20h30.

Thérapie musicale

(jitz) – La musique du trompettiste Tom Harrell sonne comme si elle n’était pas tout à fait de ce monde. On se croit en terrain connu pour être surpris subitement par des inflexions mélodiques inhabituelles, avec un parfum d’inaccessibilité. C’est que le personnage doit vivre dans un monde clos. Souffrant d’une forme de schizophrénie, il est sous médication permanente, qui le plonge dans une léthargie d’où il ne sort que lorsqu’il embouche sa trompette. Sa musique est à l’image de sa biographie: outrageusement romantique, parfois à la limite du kitsch, et dans tous les sens hors du commun. mehr lesen / lire plus

Jazz: Krall Diana

The Look Of Love

Diana Krall: „The Look Of Love“, Verve 549846-2.

Blonde, belle et bof!

Un disque de jazz dans le top ten mondial deux semaines après sa parution, c’est du jamais vu! La chanteuse et pianiste Diana Krall a réussi cette prouesse commerciale avec son CD „The Look of Love“. Fidèle à son concept, elle n’interprète que des standards langoureux archi-connus. La saccharification que ce répertoire a dû subir de la part de l’arrangeur Claus Ogerman le réduit toutefois à de la musique d’ascenseur, qui siérait aussi à illustrer un navet de Noël des studios Disney. Si l’on compare les premiers disques de Diana Krall à cette galette de guimauve, on doit constater qu’avec le succès grandissant, elle a abandonné bien de ses qualités musicales. mehr lesen / lire plus

Jazz: Moeller Lars

Kaleidoscope

Lars Moeller: Kaleidoscope, Naxos Jazz 86022-2.

Bon et pas cher

Le label Naxos Jazz est une aubaine pour ceux qui cherchent du bon jazz à petits prix. Pas de grands noms toutefois, pas de grosses productions, mais du cousu main par de très bons musiciens inconnus du grand public. Par exemple, le CD „Kaleidoscope“ du saxophoniste danois Lars Moeller nous révèle un fin technicien qui s’exprime avec la profondeur mélancolique chère aux musiciens scandinaves. De son quartette, il faut retenir aussi un batteur d’une subtilité rare, Ole Theill, qui sait aussi manier les tablas indiens et les marier aux pulsations du jazz. mehr lesen / lire plus

Jazz: Brecker Michael

Nearness of you

Michael Brecker: Nearness of you. Verve 549705-2.

Brute assagie

La tempête breckerienne aura duré 30 ans. Le calme qui suit est d’autant plus déroutant. Michael Brecker vient de sortir un CD de ballades, après s’être imposé comme le saxophoniste le plus véloce et le plus féroce de la planète. Il s’est entouré d’un „dream-team“ (Herbie Hancock, Pat Metheny, Charlie Haden, Jack DeJohnette) pour des méditations où le choix des sons est bien plus important que la frime technique. Ces musiciens qui n’ont plus rien à prouver dominent aussi ce sujet: on joue avec les tensions, on choisit et on caresse les notes jusqu’à obtenir des miniatures langoureuses et définitives. mehr lesen / lire plus