BIL : la légende continue

La rumeur courait déjà avant les dramatiques changements géopolitiques dans le Golfe – et surtout l’isolation du Qatar sur instigation de l’Arabie saoudite, qui domine le Conseil de coopération du Golfe unissant les pays de la région, en fait une sorte d’UE composée de théocraties oligarchiques. Mais depuis quelques jours, on connaît le potentiel acheteur des quelque 90 % de parts de la BIL (le reste étant toujours dans les mains de l’État luxembourgeois) que le fonds Precision Capital (directement lié à la monarchie qatarie) avait rachetées en 2011 – lorsque l’ancien groupe Dexia-BIL tanguait sur les vagues de la crise financière mondiale. Malgré les temps durs pour le Qatar, l’affaire est plutôt juteuse : en 2011, Precision payait 730 millions d’euros, alors que le prix de vente évoqué en ce moment est de 1,5 milliard d’euros. Le nouveau propriétaire serait donc la holding chinoise Legend (propriétaire entre autres du fabricant d’ordinateurs portables et de tablettes Lenovo). Le Luxembourg peut donc se targuer encore une fois d’être une place de marché internationale, sans pourtant être le marchand le plus futé de sa propre place. Rappelons qu’à l’époque, le ministre des Finances Luc Frieden avait refusé de nationaliser la BIL – préférant en jeter les parts en pâture à ses potes qataris, avec qui le pays allait encore vivre de belles expériences, comme le sinistre chapitre de la reprise de Cargolux.


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