Bus privés : Les négociations au point mort

L’OGBL refuse de troquer la sécurité des passagers pour l’argent public d’un secteur lourdement subventionné.

Dans le secteur privé des bus, la disponibilité des chauffeurs (encore appelée amplitude) atteint parfois les 15 heures : heures de travail rémunérées et pauses non rémunérées cumulées. Beaucoup n’auraient donc que 9 heures de temps libre à leur disposition, comme le pointe le syndicat des transports sur la route de l’OGBL (ACAL). Un rythme de vie qui complique forcément une conciliation satisfaisante entre vie professionnelle et vie privée ou familiale. Sans parler de la sécurité des passagers, sérieusement mise en danger par des chauffeurs exténués.

Le constat n’est pas nouveau : cela fait des décennies que l’OGBL-ACAL s’engage pour obtenir une baisse des amplitudes pour tous les chauffeurs du secteur privé – sans succès. Jusqu’à présent, la Fédération luxembourgeoise des exploitants d’autobus et d’autocars (FLEAA), s’y est toujours opposée.

Baisse des amplitudes pour tous les chauffeurs

Récemment, l’OGBL-ACAL a pourtant obtenu des avantages pour les chauffeurs de lignes RGTR qui ne dépassent pas les 50 km. Ainsi, le chauffeur qui aura roulé pendant plus de dix heures sans pause continue verra prochainement ses heures supplémentaires rémunérées. La même chose vaut pour le chauffeur qui, tour à tour roulant et attendant, dépasse 11 heures d’amplitude. En revanche, pour les trajets de plus de 50 km, aucune baisse des amplitudes n’est envisagée.

Or c’est cette inégalité de traitement que dénonce aujourd’hui Romain Daubenfeld, secrétaire central de l’ACAL, qui revendique le droit à la qualité de vie pour tous les chauffeurs de bus, indépendamment des trajets à parcourir. Voilà pourquoi l’OGBL, contrairement au LCGB, refuse les « hausses de salaire ridicules » proposées par le patronat en contrepartie des disponibilités exigées : « Ce n’est pas des augmentations de salaire que nous voulons, mais de qualité de vie ! », a déclaré mercredi Romain Daubenfeld, en se souvenant au passage des 170 millions d’euros de fonds publics dont bénéficient les entreprises de bus RGTR – dotation supérieure à celle réservée aux entreprises publiques. Il y a donc « sécurité de planification » comme le souligne le syndicat – autant réduire les amplitudes à 10 heures pour tous les chauffeurs, lance Romain Daubenfeld.


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