Catastrophe de Gênes : merci à la privatisation

L’effondrement d’un pont autoroutier à Gênes hier a coûté la vie à quelque 42 personnes (selon le dernier bilan) – les politiques s’attaquent à Autostrade d’Italia, à qui ils veulent retirer la concession… et au Luxembourg.

(© Wikipedia)

 Ce sont des images tout droit sorties d’un film de catastrophe tourné par Roland Emmerich qui nous sont parvenues de la ville de Gênes hier : un pont d’autoroute écroulé comme s’il était en papier mâché. Malheureusement pour les victimes et leurs familles, ce n’est pas un monstre qui a piétiné leurs proches, mais bel et bien une privatisation à outrance.

Malgré des péages très coûteux, la firme à laquelle appartient une grande partie du réseau autoroutier ne semble pas avoir fait ses devoirs. Certes, des travaux étaient en train d’être accomplis, mais il semble bien que c’était trop tard. Privatisées en 1999, les autoroutes italiennes sont souvent dans un piteux état – et l’accident de Gênes est peut-être le plus meurtrier, mais pas le premier.

Selon un article de « La Repubblica », cette catastrophe semble avoir éveillé les consciences du gouvernement entre les fascistes de la Lega Nord et les populistes des Cinque Stelle. En tout cas, les déclarations – pour une fois concordantes –  de ministres des deux bords : les vice-premiers Salvini et Di Maio, mais aussi le ministre des Transports Danilo Toninelli vont tous dans la même direction. Qu’il faudrait retirer la concession à Autostrade d’Italia – derrière lesquelles se cache la firme de BTP Atlantia, qui appartient en grande partie au groupe Benetton.

Chose piquante : dans une interview à Radio Radicale (généraliste malgré le nom), le vice-premier Di Maio dit : « L’État peut gérer tout ça. Nous payons à Autostrade les péages les plus chers d’Europe et eux ne paient que des taxes très basses grâce à une société financière Benetton au Luxembourg ».

Le problème est que s’il y a bien eu deux holdings Benetton au Luxembourg, celles-ci sont aujourd’hui dissoutes – la dernière en 2015. Alors, soit il y a eu un changement de nom ou de juridiction, soit Di Maio se réfère à des informations caduques. Quoi qu’il en soit : il reste à voir si les annonces de retrait de la concession seront suivies de faits ou si – comme souvent – ce n’est que du vent…


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