David Means : Hystopia

Même s’il n’a pas eu droit au « Man Booker Prize », le roman « Hystopia » de David Means est du moins une excellente narration contemporaine –  et montre l’effervescence de la littérature américaine du moment.

Se baladant dans les arcanes narratifs qui auraient pu sortir directement de l’univers loufoque et visionnaire d’un Philip K. Dick, « Hystopia » est plus qu’un roman de science-fiction ordinaire. Premièrement parce qu’il se base sur le principe de l’uchronie (ce que Dick faisait déjà dans « The Man in the High Castle », récemment mis en série par Amazon), c’est-à-dire qu’il imagine un présent ou un passé basé sur une hypothèse historique irréelle. mehr lesen / lire plus

Henri Wehenkel : Entre chien et loup

Faire revivre les oublié-e-s de la Seconde Guerre mondiale, ces personnes qui se sont retrouvées dans les engrenages de la collaboration à un moment ou un autre et qui souvent ont dû faire de lourds choix : telle est l’ambition, réussie, du nouveau livre de Henri Wehenkel.

« Notre choix était arbitraire, les résultats seuls comptaient. Notre but était d’explorer la zone de frontière entre résistance et collaboration pour définir les enjeux et non pas faire des statistiques et de compter les Bons et les Méchants en mélangeant les genres et les statistiques. La méthode utilisée était celle du pêcheur à la ligne qui jette son hameçon là où il soupçonne la présence de poissons », explique l’auteur dans l’introduction de son livre. mehr lesen / lire plus

Arnaldur Indridason : La femme de l’ombre

Deuxième volet de la trilogie de l’auteur de polars Indridason sur l’occupation américaine de l’Islande, « La femme de l’ombre » est une plongée remarquable dans le climat de méfiance qui s’était installé sur l’île durant ces années noires.

Si Arnaldur Indridason est surtout connu pour sa série de polars mettant en scène le – forcément – neurasthénique commissaire Erlendur Sveinsson (14 titres au total), son écriture a pris un tournant avec la « Trilogie des ombres » dont le deuxième volume vient de paraître en traduction française. Sous l’occupation américaine de l’Islande, le couple mal assorti d’enquêteurs (d’un côté un flic islandais, de l’autre un Canadien aux racines islandaises mais travaillant pour la police militaire des Alliés) est confronté à deux meurtres. mehr lesen / lire plus

Paul Nirvanas : Psychiko

« Psychiko », considéré comme le premier polar grec, vient d’être réédité aux éditions 10/18 : l’occasion de retrouver une période révolue tout en savourant la langue et le récit de Paul Nirvanas.

Rééditer des ouvrages tombés justement ou injustement dans l’oubli peut être un risque éditorial. Mais en cas de réussite, ce n’est pas uniquement l’auteur qui ressuscite, mais toute une époque tombée aux oubliettes. C’est le cas avec « Psychiko » de Paul Nirvanas. Considéré comme le premier polar grec (paru en feuilleton en 1928), le titre se réfère à un quartier malfamé d’Athènes où une jeune femme vient de se faire sauvagement assassiner. mehr lesen / lire plus

Nathalie Ronvaux : Subridere. Un aller simple

Cet aller simple nous emmène vers Paris, destination que choisit impulsivement Claire, une avocate au succès professionnel quasi fulgurant. Une ascension qui lui attire non seulement des inimitiés, mais qui résulte aussi en une pression accumulée : la jeune femme déclenche la soupape de sécurité et quitte tout au milieu d’une réunion, sans aucune explication, pour prendre un billet pour Paris. Pourquoi la Ville Lumière ? Attirance d’un papillon aux ailes resplendissantes mais fragiles, peut-être. Mais on n’en saura pas vraiment plus. En effet, les quelque 150 pages que compte ce récit sont consacrées à l’introspection de l’héroïne, à la description par brefs retours en arrière de son atmosphère de travail, à l’exploration de son for intérieur pendant un trajet d’environ deux heures. mehr lesen / lire plus

Jean Back: Trakl Blues

Eine Prise Nostalgie, serviert mit einer guten Dosis-Selbstironie – Jean Backs „Trakl Blues“ fällt nicht in die Klischees der Alt-68er Memoirenschreiber.

Wenn Alt-68er (oder wie in diesem Fall Alt-78er) ihre Memoiren schreiben, ist meistens Vorsicht geboten. Schnell wird die Vergangenheit verklärt, nur um besser auf die „Jugend von heute“ einzudreschen, die ja keine Werte mehr kennt und sich nicht auflehnt. Dass es sie selbst waren, die ihre Ideale von einst verrieten und dem Neoliberalismus Tür und Tor öffneten, kommt dabei den wenigsten in den Sinn.

Daran gemessen ist Jean Backs „Trakl Blues“ ein vergleichsweise harmloses Buch. Die Geschichte einer Bande von Jugendlichen, die 1978 gegen die erzkonservative Gesellschaft rebellieren, indem sie ein Gedicht des expressionistischen Poeten und Meister der Fäulnis und des Verfalls Georg Trakl auf Zelluloid bannen (und dafür sogar Geld aus dem eben gegründeten Kulturministerium absahnen) enthält zwar eine gehörige Portion Eigenlob. mehr lesen / lire plus

Adolfo Bioy Casares : Nouvelles fantastiques

Ce n’est qu’une réédition de l’original paru en 1945, mais les « Nouvelles fantastiques » de Bioy Casares n’ont pas vieilli et restent aussi pertinentes.

Même après sa mort, l’Argentin Adolfo Bioy Casares est resté dans l’ombre de son compatriote et ami de longue date Luis Borges. Pourtant, son œuvre, si elle puise dans la même joie des jeux de pensée et de la construction d’univers a priori absurdes, est sur beaucoup de points plus visionnaire que celle de Borges. Ainsi, Casares a été l’un des premiers à comprendre le potentiel de la forme du roman policier. Une forme qu’il a détournée dans de nombreux écrits, comme son roman-phare « L’invention de Morel », qui reste un des grands classiques non seulement de la littérature sud-américaine, mais – de par son universalité et des thèmes comme l’impossibilité de communiquer et la solitude – aussi de la littérature mondiale. mehr lesen / lire plus

Éric Fassin : Gauche. Avenir d’une désillusion

Dans « Populisme : le grand ressentiment » (voir woxx 1418), Fassin estimait qu’il serait faux, pour la gauche, d’essayer d’adopter une rhétorique populiste, fut-elle de gauche. Pourtant, en 2014, il défendait à peu près les mêmes idées que les théoriciens du populisme de gauche – divergence due probablement au grand flou qui entoure le concept de populisme. Dans « Gauche. Avenir d’une désillusion », le sociologue français constate d’abord l’échec de la « gauche de gouvernement » – du Parti socialiste français, donc. À trop adhérer à « l’illusion de consensus » qui veut soustraire l’économie au champ politique, cette gauche en serait venue à se rendre obsolète. mehr lesen / lire plus

Bernd Stegemann: Das Gespenst des Populismus

Bernd Stegemann ist Dramaturg an der Berliner Schaubühne und hat sich vor allem mit seiner scharfzüngigen Kritik am postmodernen Theater einen Namen gemacht. Mit „Das Gespenst des Populismus“ greift er nun auch den politischen Postmodernismus an: Die Linke, so Stegemanns These, hat sich unter dem Deckmantel der „political correctness“ und der Beschäftigung mit Identitätsfragen mit dem Kapitalismus in seiner neoliberalen Variante arrangiert und die Befassung mit der Klassenfrage aufgegeben. Die VerliererInnen der Globalisierung – die, so Stegemann, infolge von Lohndumping und der Verlagerung von Produktionsstätten sehr real unter offenen Grenzen und der Migration zu leiden haben – werden derweil von der sogenannten „populistischen“ Rechten aufgefangen. mehr lesen / lire plus

Chantal Mouffe : L’illusion du consensus

Nous avions longuement parlé de Chantal Mouffe dans la première partie de notre article sur le populisme de gauche (woxx 1418). Ensemble avec son mari défunt, Ernesto Laclau, la philosophe belge, souvent qualifiée de « post-marxiste » compte parmi les théoriciens d’un tel populisme. « L’illusion du consensus » est la traduction française, parue en 2016, de « On the Political », paru il y a dix ans déjà en anglais. La thèse principale du livre de Mouffe est que le consensus – ou l’illusion d’un consensus – néolibéral qui s’est installé à la suite de l’effondrement du bloc soviétique représente un grave danger pour la démocratie. mehr lesen / lire plus

Didier Eribon: Rückkehr nach Reims

Als sein Vater stirbt, kehrt Didier Eribon nach Reims, seiner Heimatstadt, zurück. Der in Paris lebende, homosexuelle Wissenschaftler entstammt der französischen Arbeiterklasse, hatte aber bei seinem „Klassenwechsel“ auch alle Verbindungen zu seinem Ursprungsmilieu gekappt  – sogar die zu seine Familie. Nun begibt er sich auf Spurensuche in dieser Welt, die er vor langer Zeit hinter sich gelassen hat. Und diese Welt hat sich verändert: die abgehängte französische Arbeiterschaft, die sich wie Eribons Familie stets mit „der Partei“ – dem Parti communiste français – identifizierte, wählt nun Front national und schimpft statt über die Bourgeoisie über die MigrantInnen. Auf der Suche nach Erklärungen für diesen Wandel, die auch eine Suche nach seiner eigenen Identität ist, nimmt Eribon die LeserInnen auf eine schmerzhafte Reise in die soziale Realität Frankreichs mit, eine Reise, deren Bericht zwischen persönlicher Erzählung und soziologischer Analyse kunstvoll changiert. mehr lesen / lire plus

Éric Fassin : Populisme. Le grand ressentiment

Les déclassés du néolibéralisme forment la base sociale de l’extrême droite ; si seulement la gauche leur offrait une vraie perspective, la montée du populisme de droite pourrait être stoppée. C’est à cette lecture du phénomène des victoires d’extrême droite, très répandue au sein même de la gauche, que s’attaque le sociologue français Éric Fassin. Ainsi, il démonte, chiffres à l’appui, l’hypothèse selon laquelle les classes populaires auraient propulsé Trump au pouvoir aux États-Unis. Et s’attaque à une autre lecture largement acceptée de la montée en puissance des populistes de droite : celle du clivage entre néolibéralisme et populisme. Au contraire, Fassin avance l’idée que le populisme ne représenterait, d’une certaine manière, que le revers de la médaille néolibérale. mehr lesen / lire plus

Gaël Brustier : #NuitDebout. Que penser ?

« La gauche a perdu la bataille de l’hégémonie culturelle. » C’est le constat qu’avait fait le politologue Gaël Brustier dans son précédent livre, « À demain, Gramsci ». Il y avait montré comment, pendant que la gauche classique française s’était concentrée sur les échéances électorales, la droite avait, notamment à travers la Manif pour tous, remporté la bataille des idées. Mais voilà que peu de temps après est apparu, dans le giron de la mobilisation contre la loi « travail », le mouvement Nuit debout (woxx 1369). À l’heure où la campagne électorale française montre peut-être les premières retombées politiques du mouvement avec un candidat Mélenchon qui a le vent en poupe, Brustier livre un récit détaillé et analytique du mouvement. mehr lesen / lire plus