BONNES FEUILLES (6/6): Démystifications

Dans cette dernière partie des bonnes feuilles tirées du mémoire de thèse de Vincent Artuso, on évoque les conclusions que l’on peut tirer de l’attitude de la population luxembourgeoise face à l’occupant nazi et comment celles-ci relativisent certains mythes nationaux.

Collaborer ou résister ? Le choix des membres de la compagnie des volontaires était peut-être le plus simple à l’époque, celui des civils connaissait beaucoup plus de nuances.

Tant que le Reich apparut comme le vainqueur vraisemblable de la guerre, à la condition indispensable que leur indépendance soit garantie, une majorité d’entre les Luxembourgeois aurait probablement accepté la collaboration – si l’on entend par là une adaptation des institutions du pays à l’ordre nouveau, accompagnée d’une union politique, économique et culturelle plus étroite avec le Reich. mehr lesen / lire plus

SECONDE GUERRE MONDIALE: Collabos deluxe ?

La thèse de Vincent Artuso est un des premiers travaux d’envergure sur un phénomène que l’historiographie officielle préfère occulter. Si elle ne remet pas fondamentalement en cause ce qu’on savait déjà, elle dévoile de nouvelles raisons derrière des phénomènes trop souvent mis sur un piédestal.

Editer les « bonnes feuilles » d’un livre – et d’une thèse de doctorat de surcroît – n’est une tâche ni évidente, ni même gratifiante. Déjà que personne n’aime faire des découpages dans un livre qui l’intéresse. Mais dans ce cas, où il faut bien s’adonner à l’exercice, les choix sont dictés par deux facteurs majeurs : les informations qu’on estime prioritaires à partager avec le lectorat et la lisibilité du texte, qui risque d’être obstruée par une lecture – forcément – partielle. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (5/6): Les SS luxembourgeois

La cinquième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso sur la collaboration évoque un chapitre particulièrement sensible : la présence de Luxembourgeois dans les rangs de la Waffen SS. Contraints ou volontaires, le destin de ces jeunes recrues fait aussi miroiter le déchirement du pays face à l’oppresseur allemand.

Uniformes noires et bon statut social : Les membres de la Vdb exerçaient une fascination malsaine sur beaucoup de jeunes Luxembourgeois

Des Luxembourgeois servirent les autorités d’occupation allemandes en France et en Belgique, d’autres s’engagèrent volontairement dans les forces armées du Reich. L’historien Paul Dostert estime qu’ils furent près de 1.500. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (4/6): La question juive au grand-duché

Dans la quatrième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso, nous évoquons le sort des juifs luxembourgeois et étrangers, ainsi que les agissements des commissions et de la population à leur égard, avant et après l’invasion allemande.

La synagogue de la ville de Luxembourg, photographiée avant sa destruction. (©photothèque de la ville de luxembourg, auteur inconnu)

Selon le rapport récent sur la spoliation des biens « juifs » au Luxembourg, 3.907 personnes se déclarant de confession israélite vivaient au Grand-Duché à la veille de l’invasion. 1.005 étaient de nationalité luxembourgeoise, 2.902 étaient étrangers, soit près des trois quarts. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (3/6): Berlin ne répond pas

Dans cette troisième partie des bonnes feuilles du mémoire de thèse de Vincent Artuso, nous voyons comment les commissions luxembourgeoises s’étaient trompées en voulant troquer collaboration contre souveraineté.

Dernière révérence à la souveraine :
un concert de bienfaisance en
son honneur à la Place d’Armes.

Pour garantir l’avenir du pays et permettre qu’il se réforme en toute indépendance, il importait d’abord à Emile Reuter et Albert Wehrer de faire revenir le Reich sur sa déclaration de guerre. Le 5 juillet 1940, la Commission administrative adressa un mémorandum au gouvernement du Reich, qui rappelait les garanties que ce dernier avait données au Grand-Duché quant au respect de sa neutralité et soulignait les bons rapports qui avaient jusque-là prévalu avec l’administration militaire allemande. mehr lesen / lire plus

BONNES FEUILLES (2/6): Adaptation

Dans la deuxième partie des bonnes feuilles extraites de la thèse de doctorat de Vincent Artuso sur l’histoire de la collaboration, nous nous penchons sur comment les responsables luxembourgeois ont voulu tirer les leçons de la victoire allemande.

Une des conséquences les plus directes de l’invasion allemande : les évacuations de la population – ici dans la ville de Luxembourg. Après cette période de remous, les ressentiments de la population se tassaient petit à petit – commence alors « l’époque sombre » de la collaboration qui n’est pas encore assez étudiée.
PHOTO : ©photothèque de la ville de Luxembourg_auteur Batty Fischer

A la fin de la campagne de France, la situation du Grand-Duché de Luxembourg était des plus défavorable. mehr lesen / lire plus

BITTER YEARS, SWEET CRISIS: Au-delà de l’amertume

Une exposition des années 1930 permet de s’interroger sur le photojournalisme, mais aussi sur les politiques en temps de crise.

Amertume, dignité, espoir.

En 2015, après l’élection d’un nouveau président, l’Union européenne décide de mettre fin aux politiques d’austérité. Face au désastre économique et social, elle adopte un ambitieux programme d’aide et de relance. Afin d’améliorer l’acceptation de ce programme, la toute nouvelle European Social Agency (ESA) envoie des reporters aux quatre coins du continent, afin de ramener des photos, des textes et des vidéos montrant la détresse des populations et les projets d’aide en cours.

Utopique ? Peut-être. Mais c’est à peu près comme cela que les choses se passent aux Etats-Unis lorsque le président Franklin D. mehr lesen / lire plus

UN PHARE POUR LE CNA: Montrer et voir

La visite de « The Bitter Years » s’impose, ne serait-ce que pour le cadre extraordinaire dans lequel elle est présentée.

Photo de migrants. Fasciner pour mieux signifier, un art.

Une voiture lourdement chargée, plus loin, une autre, qui ne l’est pas moins, en train de remorquer la première. Au premier plan, dans la boue au bord de la route, de nombreuses traces de pneus dans tous les sens. La photo prise par Dorothea Lange est emblématique du thème de la migration. Elle est exposée dans l’espace du haut du château d’eau à côté du CNA, nouvellement aménagé pour accueillir « The Bitter Years ». mehr lesen / lire plus

IDENTITE ET HISTOIRE (3): Le passé a la vie dure

Dans son nouveau livre, l’historien Pit Péporté analyse les représentations du passé médiéval luxembourgeois sur près d’un millénaire. Fidèle à l’approche constructiviste, il attribue un rôle plus pernicieux aux auteurs de l’ère nationale qu’à leurs prédécesseurs. Son approche érudite l’empêche toutefois de tomber dans une grille de lecture dogmatique.

Mélusine, le comte Sigefroid, la comtesse Ermesinde et Jean l’Aveugle. Ces quatre figures historiques et mythiques sont constitutives de la façon dont les historiens racontent l’histoire du Luxembourg.

Le livre de Pit Péporté (« Constructing the Middle Ages. Historiography, Collective Memory and Nation-Building in Luxembourg », Leiden/Boston, Brill, 2011) n’est pas une histoire du Moyen-Âge. mehr lesen / lire plus

Identité et Histoire (2): « Considère-t-il le Grand-Duché comme son unique patrie ? »

L’histoire de la nationalité intègre en elle plusieurs récits : celui de l’immigration, de la nation et du nationalisme. Le nouveau livre de Denis Scuto montre comment une politique d’abord confiante dans le processus d’intégration des personnes étrangères a dévié vers le discours de la « Überfremdung ».

Parfois, on déplore qu’un livre n’ait pas été écrit plus tôt. C’est le cas pour la récente publication de Denis Scuto sur l’évolution de la nationalité au Luxembourg depuis la Révolution française. Les méandres de la législation luxembourgeoise sur les conditions pour devenir Luxembourgeois-e traduisent les préoccupations des hommes et femmes politiques face à l’importance accordée à la nation et à l’impact du nationalisme à l’un ou l’autre moment de l’histoire. mehr lesen / lire plus

IDENTITE ET HISTOIRE (1): La révolte des clercs

Le second volume de « Lieux de mémoire au Luxembourg » vient de paraître. La méthode s’est affinée, nombre d’articles sont passionnants. Pourtant les porteurs du projet peinent à donner une définition de la mémoire nationale. Peu importe, puisqu’ils ne voient dans la nation qu’une aberration mentale.

Qu’est-ce qui passe le plus mal : une critique sévère ou un compliment malvenu ? En 2007, le premier volume de Lieux de mémoire au Luxembourg (Lieux de mémoire au Luxembourg, vol. 1, Kmec, Sonja / Majerus, Benoît / Margue, Michel / Péporté, Pit (éd.), Luxembourg 2007.) était accueilli très favorablement par le Luxemburger Wort. Dans une critique aux accents barrésiens, le quotidien conservateur vanta en lui un ouvrage « ancré dans la patrie et dans la terre » („In der Heimat und der Erde verankert“, in: Luxemburger Wort, 30 mars 2007, p. mehr lesen / lire plus

HISTOIRE NATIONALE: La riposte des Anciens

Un cadeau de Noël empoisonné : le beau livre de l’historien Emile Haag offre une vue conservatrice non seulement du Luxembourg, mais également de l’historiographie en soi.

Sympathique et bon vivant ? Ici en compagnie du chancelier allemand, Konrad Adenauer, le politicien conservateur Joseph Bech fut l’instigateur du projet anti-démocratique de la « loi muselière ».

« The history of the world is but the biography of great men ». Emile Haag, ancien enseignant d’histoire et directeur de l’Athénée a suivi à la lettre la citation de Thomas Carlyle qui précède les 46 chapitres de son livre expliquant l’existence actuelle du grand-duché par l’engagement de grands hommes. mehr lesen / lire plus

LÄNDERGESCHICHTE: Raum statt Nation

Ein kurzes Buch zur langen Geschichte: Michel Pauly wählt mit seiner kürzlich erschienene „Geschichte Luxemburgs“ einen metanationalen Ansatz, der das Luxemburger nation building im Rah-men der Großregion darstellen will.

Wie schreibt man eine Ländergeschichte? Was Luxemburg betrifft, haben sich seit Ende des Krieges mit dieser Frage noch nicht allzu viele Luxemburger AutorInnen auseinandergesetzt. Zwar gibt es bereits eine Handvoll solch epochenübergreifender Darstellungen, von einem ausländischen Verlag mit einer solchen Aufgabe betraut wurden aber nur wenige Historiker: Gilbert Trauschs „Histoire du Luxembourg“ erschien 1992 erstmals bei Hatier die Veröffentlichung gleichen Namens von Jean-Marie Kreins 1996 in der „Que sais-je“-Reihe von P.U.F.

Im deutschsprachigen Raum scheint bis vor kurzem überhaupt kein Verlag einen Bedarf für ein solches Vorhaben gesehen zu haben. mehr lesen / lire plus

HISTORIOGRAPHIE: Geschichte(n) erzählen

Die historische Darstellung eines Landes ist der Spiegel der Gesellschaft, in der sie produziert wird. Ein Blick auf die zeitgenössische Geschichtsdarstellung.

Während für den älteren Autor Arthur Herchen die mittelalterliche Geschichte im Vordergrund steht, decken bei Gilbert Trausch und Emile Haag das 19. und 20. Jh. über die Hälfte der Darstellung ab. Bei Jean-Marie Kreins und Michel Pauly deutet sich ein stärkeres Gleichgewicht zwischen den verschiedenen Epochen an.

Laut Klappentext ist die „Geschichte Luxemburgs“ von Michel Pauly (siehe nebenstehende Kritik) ein „Überblick über die Entwicklung Luxemburgs von den frühesten Anfängen bis zur Gegenwart“. Diese epochenübergreifende Darstellung ist nicht selbstverständlich, wie ein Blick auf andere Bände aus derselben Reihe zeigt. mehr lesen / lire plus

SECONDE GUERRE MONDIALE: Le choix de la collaboration

L’historien Vincent Artuso, qui a participé au colloque sur l’histoire de la communauté juive au Luxembourg, revient dans cet article sur la collaboration institutionnelle luxembourgeoise durant cette période.

Emancipation, Eclosion, Persécution.
Tel était le titre d’un colloque pluridisciplinaire sur le développement de la communauté juive luxem-bourgeoise de la Révolution française à la Seconde Guerre mondiale, qui s’est tenu mercredi et jeudi de cette semaine.
L’événement était organisé
par le projet de recherche « PARTIZIP »
de l’Université du Luxembourg.
Pour illustrer l‘article , nous avons utilisé la photo ci-dessus qui montre une déportation à partir de la gare de Hollerich. Nous avons trouvé cette photo sur le site du «Holocaust education & archive research» dont la légende indique qu‘il s‘agirait d‘une déportation de juifs.

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HISTORISCHES KULTURERBE: Freilichtbibliothek

In den Wäldern Luxemburgs ruhen seit Jahrtausenden Spuren menschlichen Wirkens, ein wahres Geschichtsmuseum liegt unter dem Blätterdach.

Wer fand in dieser Höhle in Lintgen, in der sich sichtbare Spuren der Vergangenheit und Legenden überlagern, Unterschlupf?

Kann man den Wald lesen? Von jeher ist der Wald Inbegriff des Mystischen, das den Menschen stets in seinen Bann gezogen hat. Nichts sonst wurde Zeuge von so vielem Geheimnisvollen, und nichts anderes hütet Geheimnisse in ähnlich ungebrochener Stille. Verborgene Gefühle und Ängste, vielleicht auch geheime Zusammenkünfte, nie geteilte Gedanken, bedächtige Schritte einsamer Spaziergänger, hastige von Flüchtenden. Poetisch könnte man all dies die Sprache des Waldes nennen. mehr lesen / lire plus

Westforschung: A l’Ouest, du nouveau

Westforschung – le terme innocent cache l’implication des scientifiques dans la propagande ?Heim ins Reich` à l’ouest de l’Allemagne. L’historien Bernard Thomas a analysé ses effets au Luxembourg.

Dès septembre 1940, l’appareil national-socialiste se mettait à la défrancisation du Luxembourg – notamment par le remplacement des plaques de rue.

On le sentait nerveux, le jeune homme barbu qui devait présenter, vendredi dernier, le fruit de deux ans de travaux de recherche historique face à l’attention soutenue de l’audience de l’abbaye Neumünster. Le travail de Bernard Thomas, étudiant en histoire, qui c’était vu décerner le premier prix « du meilleur mémoire de master » par la Fondation Robert Krieps en 2009, vient d’être publié par les Éditions « d’Lëtzebuerger Land ». mehr lesen / lire plus

PARTEIEN: Angst vor der Perestroika?

Die Kommunistische Partei Luxemburgs feierte im Januar neunzig Jahre ihres Bestehens – für manche ein Grund zum Feiern und Geschichtenerzählen. Die woxx begleitet den Versuch der KPL, historisches Terrain zu besetzen, mit einer etwas dissonanten Zitatensammlung.

Vereint für kommunistischen Journalismus. Die Redaktion der „Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek“ 1986: von links nach rechts links Romain Hilgert, Jacques Drescher, Jo Muttergé, Chefredakteur François Hoffmann, Aly Ruckert, Léon Steffen.

„Nicht vorbereitet war die Kommunistische Partei darauf, dass die Sowjetunion, die sie stets ohne die geringste Kritik unterstützt hatte, zusammengebrochen ist und dass durch den Verrat der Clique um Gorbatschow die DDR der Bundesrepublik Deutschland zum Geschenk gemacht wurde, das gesamte sozialistische System verschwand und es in ganz Osteuropa zu einer Restauration des Kapitalismus kam.“ Die Sätze aus der Rede, die Ali Ruckert, der gegenwärtige Präsident der Kommunistischen Partei Luxemburgs (KPL), vor wenigen Wochen hielt, verraten Enttäuschung, ja das Gefühl, im Stich gelassen worden zu sein. mehr lesen / lire plus