Cinq questions à : Michèle Machado

En vue des élections communales, le woxx interroge une candidate toutes les semaines. Au tour de Michèle Machado, candidate Déi Gréng à Pétange.

Michèle Machado, 37 ans, est employée privée et mère d’un enfant. Représentante des parents d’élèves de la localité de Pétange au sein de la commission scolaire, elle siège aussi, pour son parti, dans la commission de l’environnement et dans la commission de surveillance de l’école de musique. (Photo : Déi Gréng)

woxx: Vous êtes l’une des « têtes de liste » des Verts à Pétange. Pourquoi vous êtes-vous engagée dans la politique communale ?

Michèle Machado : La politique communale, c’est ce qu’il y a de plus proche des citoyens. En s’engageant, en se présentant aux élections communales, on a de réelles chances de faire avancer les choses. Je suis chez Déi Gréng depuis 2012. Au vu de mon engagement passé, participer à ces élections était une évidence. J’espère pouvoir me donner à fond et améliorer la qualité de vie et le quotidien des citoyens dans la commune. Comme je dis, ce qui m’intéresse vraiment dans la politique communale, c’est la proximité avec les électeurs.

Y a-t-il un sujet particulier qui est au centre des enjeux à Pétange ?

S’il y a une question qui est bien au centre des enjeux à Pétange, c’est la question de la mobilité – qui est directement liée à la qualité de vie. Nous sommes une commune frontalière, près de la Belgique et de la France. Forcément, beaucoup de gens traversent Pétange tous les jours, même si un contournement existe. Il y a beaucoup de voitures et donc beaucoup de pollution, beaucoup de bouchons ainsi que peu de places de stationnement. Les gens de la commune se sentent lésés. Évidemment, en tant que Verts, nous ne sommes pas forcément en faveur de nouvelles places de parking… Au contraire, nous pensons qu’il faut soutenir et développer la mobilité douce, même au centre du village. Ça doit être possible d’arriver d’un point à un autre à vélo et en bus, par exemple. Il faudrait de vraies pistes cyclables, mais aussi des parkings pour vélos, parce qu’il ne suffit pas de pouvoir se déplacer à vélo, il faut aussi pouvoir le sécuriser une fois arrivé. D’ailleurs, les mBox, ces abris à vélos comme il y en a à Luxembourg-ville par exemple, seraient une bonne idée.

Pour le moment, Pétange est dirigée par une « grande coalition » entre le CSV et le LSAP, comptabilisant 13 des 17 sièges. Y a-t-il des chances de briser cette coalition et quel rôle aimeriez-vous y jouer ?

Difficile à dire. Nous espérons pouvoir gagner au moins un siège en plus, de façon à avoir trois conseillers communaux. Et bien sûr, nous sommes prêts au cas où un autre parti voudrait engager des pourparlers pour une éventuelle coalition avec nous. Pas à tout prix évidemment : nous avons nos principes et poserions des conditions. Mais nous sommes aussi prêts pour l’opposition ! Avec trois conseillers, notre impact serait différent et nous pourrions réellement faire pression pour que les choses avancent. Je sens que cette année sera la nôtre, et je suis très optimiste quant au 8 octobre.

Pour avoir choisi Déi Gréng ?

Je suis maman, et en tant que maman, on se pose des questions : quel monde est-ce que je laisse à mon fils, est-ce que j’ai fait tout mon possible pour que ce soit un meilleur endroit ? Je peux choisir de faire confiance aux autres pour agir, au risque d’être déçue. J’ai toujours voté pour Déi Gréng et en 2012, j’ai pris la décision de ne pas laisser faire les autres à ma place. Le parti correspond à mes idéaux, notamment en ce qui concerne l’écologie, mais aussi la politique éducative. Dans une certaine mesure, j’essaye aussi d’être un modèle pour mon fils, de lui montrer qu’on peut s’engager et changer certaines choses, même si, on le sait, on ne révolutionnera pas le monde du jour au lendemain. Actuellement je ne prévois pas de faire de la politique au niveau national. Entre le travail, mon fils et la politique communale, il ne reste pas beaucoup de temps de toute façon. C’est pourquoi, pour le moment, je souhaite surtout m’engager pour ma commune et approfondir mes connaissances. Après, je pourrai toujours envisager de m’engager au niveau national.

Les difficultés que vivent les femmes en politique ont été un sujet récurrent ces derniers mois, notamment à cause d’une campagne de communication ratée du LSAP. Comment vivez-vous le fait d’être une femme qui fait de la politique ?

Pour tout dire, je ne me suis jamais vraiment sentie défavorisée ou discriminée en tant que femme. Que ce soit en politique ou dans l’exercice de mon métier, je n’ai pas l’impression qu’on essaye de me mettre des bâtons dans les roues. Dans les commissions communales dans lesquelles je siège, quand j’ai quelque chose à dire, je le dis et j’ai l’impression d’être écoutée, prise au sérieux et respectée. Je pense que tout est affaire de respect mutuel et que quand on a des idées cohérentes et qu’on les défend, tout devrait bien se passer. Après, je dois dire aussi que je suis assez têtue et que je défends toujours mon point de vue – c’est peut-être justement ce qu’il faut pour le conseil communal. Il faut plus de gens qui ont le courage d’affirmer haut et fort ce qu’ils pensent en politique.


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