Déi Lénk : Vers une unité de la gauche ?

logo

Déi Lénk fait le bilan de la session parlementaire 2014-2015. Et lance un appel à l’unité.

À croire qu’il y a eu concertation : En même temps que l’aile gauche du LSAP s’est fait remarquer avec une lettre adressée aux dirigeants du parti, et que diverses organisations de jeunes ont appelé à l’unité de « toutes les forces progressistes » face au « coup d’État financier » en Grèce, voilà que Déi Lénk en rajoute. Le parti de gauche tend la main à ceux qui, à l’aile gauche du LSAP et des Verts, ne sont plus d’accord avec la politique menée par la coalition gouvernementale.

« Les débats autour de la Grèce, mais aussi des accords de libre-échange montrent bien qu’il y a une différence entre une politique de gauche et une politique de droite » a ainsi constaté Serge Urbany lors du bilan de la session parlementaire 2014-2015 jeudi dernier. Une différence qui pourrait encore être accentuée par le débat autour de la réforme fiscale à venir. « On peut deviner des légères fissures au sein de la coalition, notamment en ce qui concerne la Grèce », a renchéri Marc Baum. « Notre but est de rendre ces fissures plus visibles. »

Il n’y aura pas de justice fiscale avec le DP. Voilà ce que prédit le parti de gauche en vue de la réforme de la fiscalité. Et d’en appeler à l’unité des forces de gauche : « Les partis progressistes devraient se rapprocher et oeuvrer, ensemble avec les syndicats, pour une fiscalité plus juste », a martelé Urbany. C’est que, pour lui, la coalition est sous domination libérale et le LSAP, dans la défensive.

Le « vent nouveau » annoncé pendant et après les élections anticipées de 2013 par les trois partis de la coalition ? « Il n’en est rien » constate Marc Baum. « Le gouvernement actuel poursuit la politique du CSV. Tout ce qu’il fait, c’est légaliser les choses qui, avant, se passaient de façon extralégale, ou de façon légale, mais illégitime » rajoute-t-il en faisant allusion à la réforme du Service de renseignement, mais aussi à Luxleaks.

Le bilan de la session parlementaire était aussi l’occasion, pour Déi Lénk, de revenir sur les négociations entre la Grèce et l’Eurogroupe : « L’Eurogroupe applique la violence économique aveugle à l’encontre de la Grèce », a constaté Urbany. « Nous assistons à une guerre psychologique contre le gouvernement grec. »

L’attitude de son parti envers l’Union européenne a-t-elle changé pour autant ? Les explications sont plutôt timides. « Il faut se poser la question de l’alternance politique en Europe », dit Serge Urbany. « Y a-t-il encore une possibilité de changer de politique en Europe ? » Il clarifie : « Un retour vers le cadre national n’est pas une option. Mais il est clair que nous devons trouver de nouvelles formes de coopération en Europe. Cela pourrait s’avérer difficile dans le cadre actuel. »

Autant de signes qu’au parti de gauche, on n’a pas encore trouvé de bonne réponse à la situation actuelle en Europe. Mais au-delà du discours officiel, hésitant et timide, une discussion au sein du parti sur la position à l’égard de l’Europe semble bel et bien avoir lieu. Trouver le juste équilibre entre une position qui permettrait de renforcer les liens avec la gauche modérée et une attitude critique à l’égard d’une Union européenne qui ne fait plus rêver s’annonce d’ores et déjà difficile.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged . Bookmark the permalink.

Comments are closed.