Élection présidentielle française : Sprint final à quatre

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu dans quelques jours et pourtant, rien n’est joué. La « dynamique Mélenchon » vient ébranler les certitudes.

(Photo : Pierre-Selim)

Presque personne ne l’a vu venir : le troisième homme de l’élection présidentielle française ne s’appelle plus François Fillon, mais…Jean-Luc Mélenchon. À moins de deux semaines du premier tour, le candidat de la France insoumise bouscule les certitudes et délivre une remontée impressionnante dans les sondages. Crédité d’à peine dix pour cent il y a quelques semaines de cela, l’ancien sénateur socialiste arrive dorénavant à plus de 18 pour cent et distancie largement le candidat du PS Benoît Hamon qui, lui, est crédité d’à peine huit pour cent. Au point que désormais, c’est le camp de Mélenchon qui appelle Hamon à se retirer et non l’inverse.

Si la distance qui le sépare du duo de tête est encore considérable – autant Emmanuel Macron que Marine Le Pen sont crédités d’environ 24 pour cent, plus rien ne semble hors de la portée du candidat de la France Insoumise. Surfant sur une dynamique sans pareil, le candidat peut désormais espérer arriver au deuxième tour – où il pourrait, selon les sondages toujours, battre Marine Le Pen, mais où il s’inclinerait de justesse face à Emmanuel Macron.

Le sprint final se fait donc à quatre – du jamais vu en France. Désormais, il s’agit pour Mélenchon de ne pas s’effondrer sur les derniers mètres comme ça en 2012 où il avait déjà pu générer une certaine dynamique en sa faveur. Mais le candidat semble avoir appris de ses échecs : plus posé, moins agressif, il soigne son image de « présidentiable ». Avec succès : il est de loin l’homme politique préféré des français, même si tous ne vont pas voter pour lui.

Pendant ce temps, la dynamique Macron semble peu à peu s’essouffler. Lui qui avait tout misé sur le « vote utile » pour contrer Le Pen dès le premier tour se voit désormais concurrencé à sa gauche par Jean-Luc Mélenchon et à sa droite par…François Fillon.

Les « petits candidats » faiseurs de roi ?

Car le candidat de la droite, poursuivi par les affaires qui s’enchaînent, ne lâche rien. Si peu indique, pour le moment, qu’il pourrait se retrouver au second tour, il compte, lui aussi, sur les derniers jours pour rattraper le duo de tête. « Je ne vous demande pas de m’aimer, je vous demande de me soutenir, car il en va de l’avenir de la France », dit celui qui mise tout sur un prétendu « vote de la raison ».

Et Marine Le Pen ? Sa campagne semble quelque peu « encombrée », au plus tard depuis sa sortie sur la rafle du « Vél d’Hiv » de 1942 pour laquelle, selon la candidate frontiste, la France ne serait « pas responsable ». Une sortie qui pourrait bien lui coûter le prétendue « dédiabolisation » de son parti. La montée dans les sondages de Mélenchon n’arrange rien pour elle : concentrant les attaques des autres candidats sur lui, le candidat de la France insoumise pourrait bien lui subtiliser son rang de candidate « antisystème ». Néanmoins, elle arriverait toujours au deuxième tour selon la totalité des sondages publiés.

En fin de compte, ce seront peut-être les « petits candidats » qui feront la différence. Ainsi, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, candidat de « Debout la France », pourrait bien coûter quelques pour cent à Le Pen et à Fillon, tandis que le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, Philippe Poutou, serait à même de prendre quelques points à Mélenchon.

Une chose est sûre dans tous les cas : la France aura rarement vu une campagne présidentielle aussi captivante que celle de 2017. Et elle le restera jusqu’au bout.


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