Electro
 : Pas du pipeau


Samedi soir, l’étonnante electro expérimentale des Canadiens de Pick a Piper est à découvrir au Gudde Wëllen. L’univers original du groupe vaut le détour tant il sort des sentiers battus.

Psychédéliques, même sur la photo : Pick a Piper.

Pour imaginer la musique de Pick a Piper, il suffit de jeter un œil aux pochettes de ses disques. Des paysages colorés, psychédéliques et étonnants illustrent à merveille l’univers halluciné de ces trois Canadiens venus de la province de l’Ontario.

Pick a Piper, c’est avant tout le projet personnel de Brad Weber, qui accompagne d’ordinaire sur scène aux percussions son compatriote Daniel Snaith, plus connu sous le nom de Caribou. Les deux groupes partagent le même goût d’une electro léchée et accessible. Mais quand Caribou met le feu aux dancefloors avec ses rythmes effrénés et sa maîtrise pop, Pick a Piper se veut plus planant, plus aventureux. Des morceaux longs, qui s’installent tranquillement dans l’oreille et prennent le temps de donner toute leur ampleur, telle est la marque de fabrique de Pick a Piper.

« Cela peut faire mal à la tête, mais c’est avant tout très réjouissant », reconnaît Brad Weber, qui n’a pas peur de prendre des risques pour offrir un son nouveau. Il sait sa musique innovante et l’assume avec force. Un tel effort dans une industrie musicale si formatée mérite d’être souligné. « Notre album est une recherche permanente d’équilibre entre la distance et la proximité. » Un va-et-vient continu, entre accélérations electro et shoegaze mélancolique, qui donne une personnalité forte à un disque pas comme les autres.

« Distance », c’est le titre du premier vrai album de Pick a Piper, après un EP et un LP qui avaient déjà intrigué les amateurs d’electro. Disponible depuis le 24 février, il s’agit aussi d’un virage dans la courte existence du trio que forme Weber avec Angus Fraser et Dan Roberts, avec des morceaux plus ouverts aux influences world. La star de la J-pop LLLL y va même d’une participation sur le titre « Further and Further ».

« C’est la première fois que je laisse le temps aux titres de se développer, respirer hors de l’esthétique electro classique », analyse Brad Weber. « J’ai appris à ralentir le rythme pour laisser la musique dicter son tempo naturel. Le résultat est plus subtil, loin de nos premiers titres qui sonnaient très dancefloor. »

Du temps, il en a fallu à Weber pour trouver le son unique de « Distance ». Deux morceaux, « Geographically Opposed », qui ouvre le disque, et « Bathed in Light », qui le clôt, sont ainsi nés des échanges épistolaires entre Weber et un ami néo-zélandais, Bevan Smith. Autant dire qu’entre l’Ontario et la Nouvelle-Zélande, en passant par Bali où Weber a déniché quelques nouveaux sons de percussions, le disque a fait des kilomètres. « J’ai continué à rechercher des sonorités acoustiques différentes tout en allant encore plus loin dans le travail de production. » Et ça s’entend.

En janvier, « Geographically Opposed » est entré directement à la 23e place du classement des meilleures ventes au pays de la feuille d’érable. La radio publique canadienne CBC place même Pick a Piper parmi les cinq groupes locaux à surveiller en 2017. Autant dire que le trio n’a pas fini de faire parler de lui et qu’il serait dommage de rater une de ses rares apparitions européennes.

Après le Luxembourg, Pick a Piper se produira trois fois en Italie avant de traverser l’Atlantique et de rentrer à la maison. Le Gudde Wëllen a eu le nez creux en pariant sur cette electro pas comme les autres.

Ce samedi 25 février au Gudde Wëllen.

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