Esch 2022 : Strötgen et Wagner répliquent

Après la conférence de presse houleuse de jeudi dernier où le conseil d’administration de la capitale culturelle a admis avoir lâchement trahi l’équipe coordinatrice, celle-ci réplique par un communiqué de presse.

Conférence de presse houleuse de jeudi dernier avec le conseil d’administration de la capitale culturelle.

S’il y a eu une question qui a déclenché une hilarité un peu nerveuse lors de la conférence de presse chez les membres du conseil d’administration, c’est celle des possibles suites juridiques qu’entendent donner Janina Strötgen et Andreas Wagner suite à la non-reconduction de leurs contrats. Ils verraient cela devant le tribunal, ont-ils fait savoir.

Quelques heures plus tard, un communiqué envoyé par les deux gagnants du bid book devant le jury européen confirmait les craintes du CA : « De plus, la reconduction de notre contrat à durée déterminée telle qu’elle nous a été présentée est contraire à la loi. Résolument, nous refusons ces propositions.  Selon la législation du travail, le contrat à durée déterminée dont nous bénéficions actuellement représente déjà un contrat à durée indéterminée ; la fin du contrat au 30 juin est contraire à la loi. Nous voulons continuer à remplir notre contrat actuel. Pour cela, nous comptons entreprendre les démarches juridiques nécessaires », écrit le duo coordinateur.

Pour être complets, ils ont ajouté une « Petite chronologie de la candidature de la Ville d’Esch-sur-Alzette pour obtenir le titre de ‘Capitale européenne de la Culture 2022’ » dont l’auteur n’est autre que Guy Dockendorf – ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture qui a connu ses heures de gloire sous les ministres Erna Hennicot-Schoepges et Octavie Modert. Ce qui est intéressant dans cette chronologie détaillée (à lire ici), ce ne sont pas uniquement tous les détails dont le grand public ne savait pas grand-chose (comme la première candidature malheureuse dirigée par le chef du service culturel eschois Ralph Waltmanns, dont la rumeur dit qu’il serait tenté de réintégrer l’équipe après le départ de Strötgen et Wagner). Ce qu’on retiendra surtout de la « petite chronologie » c’est qu’elle nous livre enfin l’identité d’une des personnes qui auraient fait pression sur un Georges Mischo fraîchement élu pour prolonger les contrats de la directrice artistique et du coordinateur général. C’est Dockendorf lui-même qui l’a rappelé dans une note datant de fin octobre 2017, exercice réitéré en novembre dans une note élaborée en concertation avec Michel Clees (membre du conseil d’administration – qui selon les collèques du Tageblatt vient d’en démissionner), Strötgen et Wagner.

À rappeler aussi que cette demande n’a rien d’extraordinaire dans ce contexte, car une fois la candidature gagnée, c’était prévu dans la feuille de route. Mais Mischo et son échevin à la culture, le libéral Pim Knaff, ont donc finalement réussi à faire fuir l’ancienne équipe. Après le désaveu de novembre dernier, il suffisait d’attendre que les deux vice-présidents de l’asbl qui gère la capitale culturelle (les bourgmestres de Dudelange et de Differdange, Dan Biancalana et Roberto Traversini) retournent leur veste pour accomplir la tâche.

Et comme toujours, personne ne parle de culture…


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