Festival
 : Jeunes et déjà psychédéliques

Pour la deuxième fois de suite, le groupe luxembourgeois The Kooters organise le festival Psychokuzu – grand-messe du renouveau de la scène psychédélique en Europe.

Ils ne laissent rien au hasard : les Néerlandais de The Hazzah.

Quand il devient de plus en plus difficile de réinventer la roue, quand même l’avant-garde commence à se mordre la queue, le réflexe le plus simple – et souvent le plus efficace – est de retourner en arrière, de revisiter de vieux styles tombés en disgrâce depuis des décennies et de les revitaliser.

C’est la façon de faire qui domine l’industrie musicale depuis un certain temps. Et après avoir fait revivre le pop synthé des années 1980, place maintenant au psychédélisme des années 1970. Ce qui est intéressant, c’est que plus le laps de temps entre dézombification et hype est grand, moins celles et ceux qui pratiquent ces musiques sont au courant des contextes qui les avaient produites. Ce qui est loin d’être un désavantage : tout au contraire, une certaine naïveté et un certain dilettantisme peuvent être très rafraîchissants quand il s’agit de dépoussiérer des genres qui ne tournaient que de nuit sur des radios publiques obscures pour public averti.

En dehors des matadors locaux – The Kooters bien sûr, qui par la même occasion présenteront leur premier album au public, et leurs camarades des Choppy Bumpy Peaches – ont été invitées deux pointures internationales. D’abord le groupe The Hazzah, qui nous vient de La Haye aux Pays-Bas – comme l’illustre le pétard allumé dans son dernier clip « Not Getting Older », tiré de son premier album « XEX », sorti en juin de cette année sur le label néerlando-britannique Mink Records. À part la consommation de produits locaux, les gus de The Hazzah sont plutôt attirés par tout qui est surf et garage. Un son bien « vintage » comme on dit, produit par un vieil orgue électrique, des guitares planantes et un rythme soutenu forme la base du son du groupe. Ajoutez-y une voix grave et entêtante, et c’est presque comme prendre de l’acide sans se défoncer la cervelle… enfin, avec un peu de fantaisie et de concentration.

Plus expérimentés, les Anglais de Bonfire Nights se la jouent plus calme. Mais attention : même si leur nom évoque en premier lieu des soirées au coin du feu, c’est trompeur. En effet, la Bonfire Night se célèbre en Angleterre tous les 5 novembre pour commémorer la tentative manquée de Guy Fawkes, celui qui a inspiré la BD et le film « V for Vendetta », de faire sauter le Parlement britannique en 1605. Mais au lieu de brûler des effigies géantes du vieux révolutionnaire, les Bonfire Nights préfèrent nous réchauffer le cœur avec du bon son flairant les années 1970.

Éthérées, les voix des chanteuses et chanteurs semblent venir du fin fond d’un caveau où l’on n’y voit rien à cause de la fumée. Des lignes de guitare et de basse posent le fondement d’un mouvement en amplification qui peut exploser à chaque instant, dans des séquences à la limite du noise. On ne sent pas ici la pression et l’urgence de leurs collègues néerlandais, mais si on perçoit une inspiration, c’est bien celle du groupe britannique Kula Shaker, qui déjà pendant les années 1990 avait fait du psychédélisme et de l’inspiration indienne son fonds de commerce. Et dire que sans les Beatles et leurs gourous indiens, tout cela n’aurait probablement jamais existé…

Une nuit planante s’annonce donc aux Rotondes ce vendredi – peut-être la meilleure façon de chasser la gueule de bois que certains doivent encore éprouver après les communales du weekend dernier.

Ce vendredi 13 octobre à partir de 20h aux Rotondes.

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