Foire bio de Gorcy : « Variété, qualité, convivialité »


À Gorcy, en France, pas très loin du Luxembourg, se tient tous les ans une foire bio. Et elle vaut le détour !

La convivialité tient à cœur aux organisateurs de la foire de Gorcy. (Photo : Mieux vivre 54)

Gorcy, à la frontière franco-belge, à huit kilomètres de Longwy et à 20 minutes de route de Rodange. Le petit village de Meurthe-et-Moselle compte quelque 2.700 habitants et existe depuis presque mille ans : il fut évoqué en 1083 pour la première fois. La commune du Pays haut hébergea des hauts fourneaux pendant près de 150 ans, avant que la crise de la sidérurgie n’en ait raison.

Ici a lieu tous les ans la « Foire bio de Gorcy : La Cussignière », désormais seule foire de ce genre dans la région. Depuis 1995, l’association Mieux vivre 54, née la même année, organise l’événement. Cette année, ce sera la 22e édition. Christian Rousseau est président de l’association. Depuis 22 ans. « Malheureusement », comme il dit.

La foire de Gorcy, c’est une foire pour les producteurs bio avant tout. Ceux du coin, bien entendu, mais aussi ceux qui viennent de plus loin. « Comme il n’y a pas non plus des masses de producteurs bio dans la région, nous avons étendu très largement », explique Rousseau. Si bien que la foire compte aussi bien des producteurs de différentes régions françaises que de Belgique et du Luxembourg. Mais aussi d’Italie : cinq producteurs transalpins seront présents cette année.

La foire de Gorcy, c’est un grand chapiteau chauffé de 850 mètres carrés – « ce qui confère au lieu un aspect convivial, rétro » -, une salle de sports et une salle polyvalente. En moyenne, 3.000 à 3.500 visiteurs trouvent le chemin de Gorcy tous les ans. Parmi eux, beaucoup de Luxembourgeois. « On aimerait beaucoup que ça grossisse », dit le président de Mieux vivre 54. « D’autant plus que l’Oekofoire luxembourgeoise n’a pas eu lieu pour la première fois cette année. » D’ailleurs, à Gorcy, on regrette beaucoup la disparition de l’Oekofoire. « On entretenait de très bons contacts avec les organisateurs. »

Un public ciblé

Mais contrairement à l’Oekofoire, à Gorcy, on s’adresse à un public très ciblé. Faute de place aussi, il faut le souligner. « Même si le nombre de visiteurs n’est pas si important », explique Christian Rousseau, « c’est une foire qui marche très bien au niveau commercial. »

Ce qui fait la joie des exposants, qui sont plus de 120. Et qui proposent une offre très diverse : du secteur alimentaire aux vêtements, en passant par les isolations, les huiles essentielles, mais aussi les associations. Sans oublier les viticulteurs, qui sont au nombre de 15, et qui viennent de toutes les régions de France. « Les Luxembourgeois adorent ça », glisse Rousseau. Même si aucun viticulteur luxembourgeois ne participe. « Malheureusement. » Mais, rassure-t-il, « en général, le mode de sélection des exposants vise la qualité et la variété ».

La foire de Gorcy, c’est trois jours de programme : mardi 17 octobre, en avant-première, le film « Qu’est-ce qu’on attend ? » sur la ville alsacienne d’Ungersheim, « championne mondiale » de la transition écologique, sera montré en présence de la réalisatrice Marie-Monique Robin. Les samedi et dimanche 22 et 23 s’ensuivra la foire proprement dite.

Son esprit ? « Variété, qualité, convivialité. » Le programme des animations s’inscrit tout à fait dans ce cadre. Cette année, l’invité d’honneur, le docteur Claude Dalle, est spécialisé dans les mécanismes du vieillissement et l’« anti-âge ». Il tiendra deux conférences, une sur la question du « Bien vieillir, mythe ou réalité ? » le samedi, et une sur « La médecine anti-âge 2017 : bien plus que vous ne pensiez » le dimanche.

Sept conférences auront lieu en tout, dont une sur « Les rotations et les associations de plantes en jardinage sur sol vivant » ou encore une sur les tiques, intitulée « Théma’tiques ». Par ailleurs, Greenpeace Metz-Nancy tiendra une conférence sur les forages pétroliers dans le bassin de l’embouchure de l’Amazone.

Un programme varié

Même en dehors des conférences, un certain nombre d’activités sont proposées : par exemple une visite du marais de la Cussignière, un atelier de qi gong ou encore, très important, un atelier d’œnologie. Et, bien entendu, un atelier enfants, qui permettra aux parents de profiter de la foire tout en sachant leurs enfants bien occupés. L’animation musicale est assurée les deux jours par le Duo Ortiz, spécialisé dans le tango et la musique tzigane. Une restauration bio traditionnelle ou végétarienne est bien entendu disponible.

Si les exposants peuvent espérer un bon rendement financier, il n’en va malheureusement pas forcément de même pour les organisateurs. Avec un prix d’entrée de 4,50 euros pour un jour et 6 euros pour deux jours, il n’y a, de toute façon, pas de quoi s’enrichir. Mais en plus, les subventions de la région Grand Est ont été baissées, sans préavis, et alors que tous les tarifs étaient déjà annoncés.

« Les régions ont été regroupées », explique Rousseau. « La Lorraine est devenue Grand Est, ce qui a engendré beaucoup de changements administratifs. Nous en faisons les frais », dit-il, un brin amer. « Sans compter que la ligne budgétaire nationale n’est pas au beau fixe. » Allez donc y faire un tour, pour soutenir la foire de Gorcy !

Plus d’infos et programme détaillé : 
www.mieuxvivre54.org

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