France : L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne se fera pas

Le gouvernement français vient de donner le coup de grâce au très controversé projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ce qui ne met pas encore un terme au conflit qui l’entoure.

C’est le résultat de plusieurs décennies de luttes acharnées : le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ouest de la France, vient d’être officiellement abandonné par le gouvernement français. « Victoire ! », crient les « zadistes », occupants du site prévu pour la construction, et leurs soutiens.

La décision de l’exécutif était attendue depuis plusieurs jours. À la mi-journée, le premier ministre Édouard Philippe a finalement annoncé que le projet sera enterré. « Les conditions ne sont pas réunies pour mener à bien le projet », a-t-il déclaré devant la presse à l’issue du conseil des ministres. En contrepartie, l’aéroport de Nantes-Atlantique sera modernisé et agrandi.

La décision de construire un nouvel aéroport dans la région avait été prise dès les années 1960. Une « zone d’aménagement différé » avait été créée en 1974. Mais dans le giron de la crise économique des années 1970 et face aux réticences des agriculteurs de la région, le projet avait été mis en veille. Jusqu’en 2000, quand il a été réactivé sous le gouvernement Jospin.

Déclaré d’utilité publique en 2008, le projet de construction a pourtant été perturbé dès 2009 par l’occupation, par des militant-e-s écologistes, de la zone d’aménagement prévue. C’était la naissance de la ZAD, « zone à défendre », par allusion à la « zone d’aménagement différé ».

En 2012, une tentative d’expulsion de la ZAD échoue devant la résistance acharnée des militant-e-s écologistes soutenu-e-s par les agriculteurs et agricultrices du coin. En 2016, sous la présidence de François Hollande et la pression des éléments écologistes du gouvernement de l’époque, un référendum local avait été organisé. Si les localités directement concernées par le projet avaient massivement voté contre le projet, le résultat général, lui, avait pourtant été favorable au nouvel aéroport.

En juin 2017, le gouvernement Philippe avait chargé des médiateur-e-s de trouver une issue au conflit. Le rapport, rendu le 13 décembre dernier, préconisait soit la modernisation de l’aéroport de Nantes soit le maintien du projet à Notre-Dame-des-Landes. Aujourd’hui, la décision du gouvernement est connue.

Qu’adviendra-t-il de la ZAD ? Le premier ministre a posé un ultimatum aux occupant-e-s : il leur a donné jusqu’au printemps pour évacuer la zone, faute de quoi ils et elles en seraient expulsés. Certains appelaient de leurs vœux une solution calquée sur l’issue trouvée dans le Larzac au début des années 1980. À l’époque, l’État avait mis les quelque 6.000 hectares de terres qu’il possédait à disposition d’un collectif fondé par des agriculteur-e-s en lutte contre le projet de camp militaire, à travers un bail emphytéotique.

Mais Édouard Philippe a d’ores et déjà barré la route à un tel scénario, annonçant que les terres ne seraient pas gardées par l’État.


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !

Flattr this!

Tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.