Fukushima : Rien appris

Greenpeace dénonce l’inaction de l’Europe à la suite des événements de Fukushima.

Un nouveau rapport publié aujourd’hui par Greenpeace [1] dénonce l’inaction de l’Europe, qui n’a rien appris de la catastrophe de Fukushima, exposant ainsi la population européenne au risque d’un accident nucléaire. Le rapport a été publié avant la conférence bisannuelle de l’Européen Nuclear Safety Regulator Group (Ensreg) qui se déroulait lundi à Bruxelles.

« L’Europe n’a rien appris des leçons vitales de Fukushima et reste cruellement mal préparée envers des accidents similaires. Nous demandons instamment à la Commission ainsi qu’aux autorités de sûreté nucléaire de réagir maintenant pour assurer que les exploitants des centrales nucléaires prennent en considération les risques liés à la sûreté des installations », affirme Roger Spautz, expert de Greenpeace dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Le rapport rend compte de l’analyse des plans d’action nationaux fondés sur des tests complémentaires d’évaluation de sûreté et établis suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en mars 2011. Le rapport a révélé que certains pays européens ont échoué dans l’implémentation de mesures de protection cruciales contre les tremblements de terre, les inondations et les explosions d’hydrogène, mais aussi dans l’installation des soupapes de sûreté à haute pression visant à empêcher les fuites de radioactivité dans l’environnement en cas d’accident. L’absence de ces soupapes de sûreté dans la centrale nucléaire de Fukushima a conduit les autorités à devoir choisir, au moment de la catastrophe, entre d’une part les risques liés à la surpressurisation et à l’explosion de la centrale et d’autre part l’émission immédiate de matières radioactives contaminant l’environnement et la population indéfiniment.

Dans un communiqué sur l’Union énergétique en février dernier [3], la Commission européenne a jugé que l’UE devait avoir les centrales nucléaires aux standards de sûreté les plus élevés au monde, une gestion des déchets adéquate ainsi qu’un accord de non-prolifération.

L’Ensreg a été mandaté par le Conseil européen et la Commission européenne pour effectuer des tests complémentaires d’évaluation de sûreté et est tenu de présenter les résultats desdites remises en question sur les plans d’action nationaux.

[1] « Critical Review of the Updated National Action Plans (NAcP) of the EU Stress Tests on Nuclear Power Plants », juin 2015, Greenpeace e.V.
[2] Évaluations de Greenpeace sur les tests complémentaires d’évaluation de sûreté en Europe : « Nuclear stress tests – flaws, blind spots and complacency », juin 2012, Greenpeace EU Unit. « Updated review of EU nuclear stress-tests », avril 2013, Greenpeace EU Unit.
[3] Communiqué de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen, au Comité des régions et à la Banque européenne d’investissement: « A Framework Strategy for a Resilient Energy Union with a Forward-Looking Climate Change Policy », Bruxelles (2015), COM(2015) 80 final.

 


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