Govsat, la fierté et la honte

« Au moins, nous ne vendons pas des armes », c’est ce qu’aimait répéter fièrement Jean-Claude Juncker quand on le taquinait avec les dérives de la place financière. Selon les interprétations, le projet Govsat pourrait mettre fin à cet état de choses. Mais fournit aussi d’autres raisons d’être fier à Étienne Schneider, qui a lancé ce partenariat public-privé avec la SES. En premier lieu, il s’agit d’une manière astucieuse de dépenser plus d’argent pour la défense, comme l’exige l’Otan. En effet, des projets comme le Govsat ou la mise en place d’un hôpital militaire ont des retombées positives pour l’économie nationale. Surtout, le projet permet à l’État de s’impliquer directement dans la haute technologie spatiale – qu’il se contentait jusqu’ici de vanter dans des brochures sur papier glacé. Pourtant, lors de la présentation vendredi dernier du lancement imminent du satellite, une certaine gêne semblait envelopper les discours. L’utilité du Govsat à des fins civiles était explicitée, mais on évoquait peu les usages militaires. Les drones n’étaient mentionnés que suite à une question de journaliste – leur usage pour des assassinats ciblés est très controversé. S’il devait un jour y avoir une bavure ou même un procès pour violation du droit humanitaire, cette gêne de quelques décideurs se transformerait en honte pour le pays tout entier.


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