Grèce : sortie de tutelle en vue

Après huit ans passés sous la houlette des institutions européennes, la Grèce devrait sortir du programme cet été – si l’Eurogroupe en décide ainsi dans sa réunion de lundi prochain. Pour le gouvernement Syriza, les compromis ont coûté cher.

Photo : ©pxhere

Le 20 août 2018, le troisième « programme d’ajustement » mis en place par l’Union européenne pour la Grèce devrait prendre fin. Il est la suite des deux autres programmes issus directement de la crise financière de 2008 et de la crise de l’euro qui s’est ensuivie. Lundi prochain donc, les ministres des Finances réuni-e-s dans le cadre de l’Eurogroupe devront donc décider si la dernière tranche des quelque 86 milliards d’euros que comportait le troisième programme peut être payée à la Grèce… enfin en principe. Car, comme le précise le site web de l’Union, sur la tranche de quelque 7,7 milliards d’euros, 6,9 milliards « serviront à satisfaire les besoins en matière de service de la dette et 0,8 milliard d’euros à régler les arriérés ».

Ce qui veut dire que ces « aides » retourneront aussi vite vers les banques qu’elles ont été payées. Que la Grèce, toujours exsangue, en profite pour mettre fin aux souffrances endurées par sa population n’est pas prévu au calendrier. Certes, le pays n’est plus en chute libre, mais reste de loin un des plus précaires de l’Union européenne – et ne reçoit d’ailleurs toujours pas de la part des autres pays membres l’aide nécessaire pour accueillir les réfugié-e-s en afflux massif sur son territoire.

S’y ajoute que la solidarité avec le gouvernement Syriza, jadis considéré comme l’espoir de la gauche, s’est considérablement effritée ces derniers mois. Début février, c’était le Parti de gauche français au Parlement européen, qui, sous l’impulsion de son fondateur et désormais député français Jean-Luc Mélenchon, demandait rien de moins que l’expulsion de Syriza du Parti de la gauche européenne (PGE) pour « complaisance avec l’austérité ». Une démarche qui n’a pas abouti entre autres grâce à l’opposition des communistes et de la fraction allemande de « Die Linke » – et aussi l’opposition du président du PGE et ex-député du Bundestag Gregor Gysi.

Interrogé par « L’Obs » sur cette attaque, le premier ministre grec Alexis Tsipras a répondu : « Nous sommes plus à gauche que Mélenchon. Nous, nous sommes à gauche en pratique et pas seulement en paroles. » Avec une gauche toujours divisée face aux défis du néolibéralisme et de l’austérité, ces derniers ont encore de beaux jours devant eux.


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