Guy Rewenig : Comment blanchir les bêtes noires sans les faire rougir

« Le parcours périlleux et hilarant d’un Africain au Luxembourg », peut-on lire en quatrième de couverture. Hilarant, peut-être pas tout le temps ; mais de l’humour, Guy Rewenig en a assurément. Tout comme une bonne dose d’ironie critique sur son propre pays. Dans cette lettre au ministre des Affaires étrangères, l’avocat Mwayé, dix ans après son installation au grand-duché (« Le chef d’orchestre à la baguette de bambou », du même auteur), raconte ses efforts pour devenir un véritable Luxembourgeois. Tous les petits travers du grand-duché y passent, disséqués par un Africain d’origine qui fait de son mieux pour participer au « nation branding ». Argent roi, accueil des réfugiés, langue luxembourgeoise, copinage des élites, secteur culturel subventionné… la plume de Rewenig s’en donne à cœur joie et aligne les clichés locaux – jamais dénués de fondements – liés à l’actualité politique. Associée à une écriture ironique, l’idée du candide africain fonctionne pour gentiment fustiger nos petites manies, mais on peut quand même reprocher au livre son manque de punch, hormis quelques rares envolées plus critiques. Certaines figures de style, comme le discours indirect permanent avec son recours exclusif à des « je dis » et « il dit », deviennent aussi lassantes à la longue. Pour dépasser le rayon Luxemburgensia, il aurait fallu être moins sage.


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