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Unsere Kollegin Christiane Walerich hat es geschafft beim „EU-Journalistenpreis - Gemeinsam gegen Diskriminierung!“ mit ihrem Artikel über die Sexualität der behinderten Menschen (woxx 1122) den „Prix Coup de Coeur“ zu gewinnen.

Den Gewinner-Artikel finden Sie hier.

Die Preisverleihung findet am 24. Februar statt.

woxx table ronde 06.03.2012

Table ronde de l’hebdomadaire woxx
en coopération avec RTL Radio Lëtzebuerg
Fir d’Liewe léieren?
La réforme scolaire sous le feu des critiques

Loin des détails techniques, nous voulons jeter un regard sur les questions de société qui se posent dans le contexte de la réforme. Participant-e-s :
Mady Delvaux-Stehres, ministre de l’Education nationale
Marc Fischbach, ancien ministre de l’Education nationale
Guy Foetz
, vice-président SEW, professeur du secondaire
Michel Pauly, professeur d’histoire à l’Université du Luxembourg
Exit 07, Carré Rotondes,
mardi 6 mars à 19h

Débat en luxembourgeois, traduction orale directe en français.

carte blanche
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Eng carte blanche vum woxx-Journalist Richard Graf zum Thema Tram op RTL Radio.
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woxx | 2009-11-19 | Nr 1033
Archive | Thema 
 
LITTERATURE ESPAGNOLE
« Ces jours bleus et ce soleil de l'enfance »
Paca Rimbau Hernández
Parmi les exilés qui n'ont pas eu l'occasion de retourner en Espagne se trouve le poète Antonio Machado, décédé à Collioure le 22 février 1939, quelques jours après avoir traversé la frontière. Le professeur de littérature espagnole de l'université de Saragosse, José-Carlos Mainer donne des détails sur son sort et son art.
ANTONIO MACHADO Poète espagnol, né en 1875 et mort en 1939. Il fut un membre du mouvement littéraire connu sous le nom de génération de 98. Ses textes mélancoliques et intimistes racontent son amour de la terre mais aussi les tragédies qui le frappèrent de son vivant, comme la mort de sa jeune femme Leonor. Il fut en contact avec des contemporains illustres, notamment le poète français Paul Verlaine.

woxx : Comment se sont déroulés les derniers jours d'Antonio Machado?

José-Carlos Mainer : Ils ont été aussi dramatiques qu'exemplaires. Je pense que Machado a accepté le destin de son peuple vaincu sans être un militant, en partant de son libéralisme radical et en surmontant son profond nihilisme philosophique, par pure volonté de sacrifice. Cet ultime vers écrit sur un bout de papier trouvé dans la poche de son manteau m'émouvra toujours: « Ces jours bleus et ce soleil de l'enfance ». Nous ne saurons jamais s'il pensait aux jours bleus mais froids du mois de février 1939, sur la côte française, ou simplement au souvenir toujours présent de son enfance à Séville. Il continuait inévitablement à dialoguer avec « l'homme qui m'accompagne toujours », c'est-à-dire avec lui-même.

Quel héritage nous a-t-il laissé dans les domaines politique, philosophique et littéraire ?

Dans le domaine politique, la cohérence et le désir de comprendre et de raisonner ; dans le domaine philosophique, Machado représente comme très peu l'agonie de l'idéalisme de souche kantienne, une certaine méfiance envers l'intimisme émotif de Bergson et, en fin de compte et par-dessus tout, l'expérience du nihilisme qu'il partage avec le philosophe et auteur espagnol Baroja. Dans le domaine littéraire, certaines parties de sa poétique sont très vivantes, au-delà même de certains vers que nous pouvons ne pas aimer. Entre autres, je souligne la fonction de la mémoire émotionnelle comme mécanisme qui organise le poème, le sens prodigieux de la suspension et de l'ellipse ainsi que de nombreuses idées sur la poésie en tant qu'incarnation de la sensibilité collective.

Que pensez-vous des écrivains des Brigades internationales ?

Je pense que, malgré les simplifications et les erreurs du `compromis' comme devise générationnelle des années trente, la présence d'écrivains dans la guerre d'Espagne et du côté des républicains est une leçon de générosité admirable. On ne peut pas se sentir fier d'une guerre civile, mais il est évident aussi que dans les campagnes de notre pays ont été écrites de très belles pages d'un rêve international de liberté, ainsi que des pages terribles. Je ne veux pas oublier ces dernières, mais je ne peux pas accepter non plus de voir prendre le dessus cette image de la guerre `ethnique' qu'a représenté dès 1969 la malheureuse dédicace de « San Camilo 1936 » de Cela, « Aux enrôlés de la classe de 1937 », qui exclut expressément « les aventuriers étrangers, fascistes et marxistes, qui ont tué des Espagnols comme des lapins du matin au soir et auxquels personne n'avait donné voix à ce chapitre qui a été notre propre enterrement ». Malheureusement, l'opinion de la `nouvelle bibliographie` qui a commencé à se développer dans les années quatre-vingt-dix, sous l'égide intentionnée du régime d'Aznar et du désir de revanche de la hiérarchie de l'église catholique, suit cette voie et les Vidal et les Moa, qui incarnent le courant révisionniste, ont beaucoup de lecteurs.